Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 08 18Article 535393

General News of Tuesday, 18 August 2020

Source: Cameroon Info

Bombes artisanales à Yaoundé: un expert en sécurité accuse les séparatistes anglophones

Interrogé par Equinoxe Télévision, l’universitaire analyse la situation sécuritaire préoccupante dans la capitale camerounaise et propose des pistes de solution pour éviter une crise.


Voici sa réaction sous la forme d’une interview.


Question: A votre avis, qui peut être à l’origine de la pose d’engins explosifs depuis quelques semaines à Yaoundé ?

Raoul Sumo Tayo: Le mode opératoire laisse penser qu’il s’agit des séparatistes anglophones. Mais en tout cas, il ne s’agit pas de Boko Haram. Ce groupe djihadiste a développé ses capacités en la matière. Boko Haram a aujourd’hui une signature. J’ai par exemple vu sur les images qui circulent sur la toile que pour les colis piégés, on a dû utiliser les grosses batteries de véhicules. Or, Boko Haram utilise désormais les petites piles de 9 volts qui sont généralement reliées à des bandes adhésives. Par ailleurs, les engins explosifs de Boko Haram sont constitués de boites qui contiennent chacune un détonateur électrique.


Question: Jusqu’ici, le gouvernement n’a fait aucune communication sur le sujet. Comment comprendre cette attitude ?

Raoul Sumo Tayo: Il est possible que les autorités ne veuillent pas créer la psychose. Les actes dont il est question procèdent du terrorisme, c’est-à-dire la création délibérée de la peur. Les auteurs de ces bombes veulent faire sensation en articulant les moyens de faire mal aux moyens de faire peur, c’est-à-dire de délivrer le message. Or, en réagissant, les autorités auraient en quelque sorte poussé les médias locaux à assurer le service de presse des terroristes. En ne communiquant pas, les autorités veulent sans doute limiter les effets psychologiques de ces colis piégés.


Question: Que faut-il faire pour stopper le phénomène et éviter une crise ?

Raoul Sumo Tayo: Pour venir à bout de tout cela, il faut faire deux choses: Il faut arrêter d’abord le poseur de bombe et ensuite déconstruire la machine qui fabrique le poseur de bombe; mobiliser la police, la gendarmerie, l’armée etc. bref, le renseignement doit être optimisé. Il faut aussi détruire les mécanismes qui, à des degrés divers, fabriquent la radicalité, notamment dans les régions anglophones; régler politiquement la crise. Il faut se le dire: au fur et à mesure que les forces armées camerounaises prendront de l’ascendant sur les insurgés, ceux-ci à la suite d’un processus de polarisation communautaire, peuvent très facilement basculer vers ce type de mode opératoire.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter