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General News of Tuesday, 28 April 2020

Source: lebledparle.com

'Biya est un Président moyen qui a maintenu le Cameroun dans son rang moyen'

Dans sa posture d’économiste, Dieudonné Essomba analyse l’évolution de l’économie du Cameroun aux lendemains de l’indépendance et spécifiquement depuis l’accession à la magistrature suprême du président Paul Biya.

Le consultant de la chaine à capitaux privés Vision 4 part d’un séminaire sur la gouvernance économique auquel il a pris part à Tanger au Maroc en 2017 pour démonter sur la base des indices de développement dont il détient le secret que « Biya est un Président moyen qui a maintenu le Cameroun dans son rang moyen ».

Contrairement aux « adversaires » de l’homme du 6 novembre 1982 qui verraient au règne de ce dernier un « bilan nul », l’économiste pense plutôt que « Ce n’est pas sur la base de la perception négative ou positive des Camerounais qu’on juge Biya », soutient-il.

Mais sur quelle base donc ? Pourrait-on demander à l’analyste économique.

La réponse dans cette publication sur la page Facebook de l’expert en la matière que vous suggère Lebledparle.com.

Adversaires de Biya : l’erreur

Je me rappelle un Séminaire sur la Gouvernance économique organisé à Tanger, au Maroc en 2017 où j’avais été invité à intervenir comme expert.

Dans mon exposé, j’avais fait une description assez sombre des politiques économiques du Cameroun. A la fin de mon discours et alors que je m’attendais à des félicitations, je n’ai récolté que des regards confus, voire désapprobateurs.

Dans leurs interventions, le ministre de l’Economie du Soudan et l’ancien Premier ministre du Maroc soutinrent, l‘un après l’autre, que cette description ne correspondait absolument pas à la perception qu’ils avaient du Cameroun, ni des indicateurs de performance économique confectionnés par les organisations internationales : FMI, Banque Mondiale, Union Européenne, etc.

Et le ministre du Soudan avait conclu son exposé en disant que le Cameroun était perçu plutôt comme une référence pour son pays.

C’est là donc que j’ai bien compris comment les étrangers jugent le Cameroun. Ce n’est pas sur la base de la perception négative ou positive des Camerounais qu’on juge Biya, mais sur la base des indicateurs objectifs et universels : taux de croissance, indice de développement humain, indice de pauvreté, indice de stabilité politique, indice de liberté de la presse, etc.

Lorsqu’on a mesuré ces indices pour tous les pays d’Afrique et qu’on constate que le Cameroun garde son rang ou même l’améliore, vous ne pouvez pas convaincre la Communauté Internationale qui s’appuie sur ces indices que Biya est un mauvais Président.

Et c’est cela justement le problème des gens qui veulent le chasser sur la base d’un bilan prétendument nul. Lorsqu’on prend les divers classements sur la base de ces multiples indices, on va remarquer que pour certains, la situation du Cameroun se dégrade, et pour d’autres, elle s’améliore. La synthèse de tous ces indices, autrement dit, la moyenne, montre que le classement moyen du Cameroun reste stable depuis 1960, avec d’ailleurs une légère amélioration.

Dans ces conditions, vous ne pouvez pas tenir un discours crédible en disant que Biya est un mauvais gestionnaire. En tout cas, s’il l’est, on voit bien qu’il ne l’est pas plus que les autres Chefs d’Etat, et c’est cela seul qui compte !

Il est possible de monter en épingle les échecs de Biya aux yeux des Camerounais, et de les utiliser pour le combattre, mais vous ne pouvez pas combattre Biya devant la Communauté Internationale qui est plutôt indulgent à son égard pour avoir maintenu des indicateurs dans un environnement particulièrement complexe, et dans un pays reconnu comme très complexe

C’est même une faute, puisque cela dévoile un caractère ignare, menteur et outrancier de ses adversaires.

Biya est un Président moyen qui a maintenu le Cameroun dans son rang moyen. La question fondamentale est la suivante : est-ce parce que lui-même est moyen, ou alors, parce que le système sociopolitique est trop contraint ?

J’ai toujours penché pour la deuxième hypothèse : nous avons hérité d’un système qui, par sa nature, ne pouvait déboucher que sur les résultats que ceux que nous avons aujourd’hui.

Dès lors, la faute de Biya apparait clairement : son incapacité radicale à réaménager un système bloqué.

Dieudonné Essomba

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