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General News of Monday, 27 July 2020

Source: Actu Cameroun

Barrage hydroélectrique de Mekin : voici pourquoi ça coince


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Le projet a fait l’objet d’une programmation rigoureuse. Seulement, en dépit des engagements du sommet de la République et d’énormes moyens consacrés, les responsables chargés d’implémenter ce projet en aval sont à l’origine du retard observé aujourd’hui.

Dans son objectif de faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035,1e président Paul Biya a entrepris un vaste chantier depuis 20! I. Parmi ces grands projets dits «structurants» initiés par le chef de l’Etat, figurent en bonne place le barrage de Lom Pangar, le Port en eau profonde de Kribi, le deuxième pont sur le Wouri, le barrage de Memve’ele, le barrage hydroélectrique de Mekin.pour ne citer que ceux-là.

Seulement lorsqu’on jette un regard panoramique sur certains d’entre eux, l’on se rend compte que plusieurs années après leur lancement, certains sont achevés tandis que d’autres sont en cours d’achèvement, lorsqu’ils ne piétinent pas. C’est le cas du barrage hydroélectrique de Mekin qui faisait parler de lui ces derniers temps.

En réalité, le plan de développement du secteur des énergies contenu dans le Documentée stratégie pour l’emploi et la croissance (Dsce) élaboré par le gouvernement pour la période 2010-2020 vise entre autre à «valoriser le potentiel hydroélectrique et gazier, les énergies alternatives et la modernisation des réseaux de distribution pour satisfaire la demande intérieure et exporter les surplus vers la Guinée équatoriale, le Nord du Congo et l’Est du Nigeria…»

Il comporte des projets de production et de construction de réseaux devant porter la production à 3000 Mwen 2020.Pour parer au plus pressé, les solutions à court terme ont été retenues : la construction d’une centrale thermique à fioul lourd de 86 Mw à Yassa, près de la Dibamba, entrée en service en décembre 2010, la construction d’une centrale thermique au gaz naturel de 216 Mw à Kribi, mise en service en mai 2013, la construction du barrage hydroélectrique de Melon 15 Mw sur le Dja dont la mise en service était prévue en 2015 et la réhabilitation des centrales hydroélectriques d’Edéa et Songlouiou.

Tout avait donc été bien ficelé au niveau du ministère de (’Economie de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), sous la houlette de Louis Paul Motaze. Un coup d’accélérateur sera donné au dossier Mekin et bien d’autres projets, au niveau des services de la primature avec la signature de nombreuses conventions. De retour au Minepat, Louis Paul Motaze dressera d’ailleurs en 2017, le bilan positif et prometteur du Dsce. Son exécution avait même été considérée de «globalement satisfaisante» par les principaux partenaires camerounais.

Epilogue

«La seconde phase du développement du Complexe industrialo-portuaire de Kribi se poursuivra dans les prochains mois. Toujours en matière de transport, nous avons bitumé environ 2000 km de routes (nationales, départementales et urbaines) et réalisé un deuxième pont sur le Wouri pour fluidifier le transit dans la capitale économique du Cameroun. Quant aux entrées Est et Ouest de la ville de Douala, la réception provisoire de l’entrée Est a eu lieu le 21 juillet 2017 et les travaux sont à ce jour achevés. Quant à l’entrée Ouest, le taux d’avancement est d’environ 83 %. S’agissant de l’autoroute Yaounde-Nsimalen (le taux d’avancement des travaux est d’environ 70 % en ce qui concerne la rase campagne.

Par ailleurs, environ 750 Mw de nouvelles capacités de production d’énergie électrique ont été installées ici et là. Nous nous employons maintenant à régler les problèmes des réseaux de transport et de distribution dont la vétusté ne permet pas d’amener toute cette énergie productible vers les ménages et les industries. Avec la réalisation du Barrage de retenue de Lom Pangar depuis fin 2015, nous avons déjà pu réduire significativement les délestages en période d’étiage où la pluviométrie est au plus bas. Concernant la contribution de l’usine à gaz de Kribi, les travaux sont terminés depuis la phase I. La phase II est en cours de préparation», Louis Paul Motaze.

Dans le cas particulier barrage de Mekin dont les travaux ont débuté en 2012, alors que tout avait bien ficelé en amont, les différents responsable devant conduire et traduire dans les faits lies ambitions du régime Biya semblent malheureusement détraqués. Aujourd’hui, le constant est désolant : l’état défaillant d’une turbine a entraîné des inondations dans les villages environnants, et des points ont été noyés au niveau du barrage (sur le Dja à Ngalla et sur le Lobo, à Assock). La réhabilitation du réseau routier, le reclassement des populations et l’amélioration du réseau de distribution Eneo, ne sont pas terminés.

Pourtant, ce n’est pas le financement qui aura manqué. En effet, le début des travaux de construction du barrage hydroélectrique de Mekin a été financé à 85% par Eximbank China. La livraison du barrage -construit par la China National Electric Engeneering Corporation avec une usine de pied d’une puissance de 15 mégawatts et d’une ligne d’évacuation d’énergie de 33 kilomètres- annoncée pour mai 2015 (avec un retard de 5 mois) par la société Hydro Mekin ne semble pas satisfaire les attentes.

Déjà en octobre 2014, des manquements à des obligations sur le plan environnemental avaient été relevés par le gouvernement (déchets non triés, pollution de l’eau, problème d’hygiène dans les camps ouvriers). Ce qui n’était pas de nature à rassurer sur la livraison du projet. Les problèmes de pollution étaient d’autant plus préoccupants qu’Hydro Mékin, et le ministère des Pêches et des animales, ont signé le 30 août 2014 un Mémorandum d’entente pour la mise en place d’un projet de développement de la pêche industrielle aux alentours de l’infrastructure énergétique en construction.

Rappelons que la réalisation de cet ouvrage hydroélectrique devrait permettre de délimiter une zone de pêche étendue sur environ 8 000 hectares, dans laquelle 11 variétés de poissons comestibles ont été identifiées par les experts du ministère des Pêches, pour un potentiel de production estimé à 500 tonnes par an.

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