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Actualités Régionales of Sunday, 4 October 2020

Source: cameroonvoice.com

Barrage 'Grand Eweng': vers un affrontement historique en pays Bassa-Mpoo-bati.

Monsieur le Président Paul Biya, pendant que vous inaugurez des infrastructures à travers différentes régions du Cameroun, vous nous offrez une stèle dédiée aux massacres du 21 octobre 2016. Nous vous disons NON Merci.

La firme américaine « HYDROMINE » avec l’aval des Autorités camerounaises a pompeusement annoncé le 26 octobre 2017, toute honte bue qu’elle va « investir 3 milliards de dollars américains soient près de 1500 milliards de FCFA, pour la construction d’un barrage sur le fleuve Sanaga à cheval entre les Département de la Sanaga Maritime (Région du Littoral) et celui du Nyong-et-Kellé(Région du Centre) dénommé GRAND EWENG » ;zone où habite le peuple Bassa-Mpoo-Bati .Selon la firme Hydromine, ce barrage, qui sera construit d’ici à 2025, « se fera avec des financements à cent pour cent privés et ne sera rétrocédé à l’Etat du Cameroun qu’après 45 ans ».C’est-à-dire au plutôt en 2070.Selon le même communiqué, les coactionnaires de cet ouvrage « viennent de Chine, des Etats-Unis et de l’Europe ».Ils n’ont pas été cités et ne sont donc pas connus du public, comme dans une mafia.

Le projet de réalisation de ce nouvel éléphant blanc, à l’instar celui construit à l’époque du Président Ahmadou Ahidjo (l’usine de la pâte à papier dénommée Cellucam dans la même région (Bassa-Mpôo-Bati), suscite de profondes inquiétudes au niveau des populations environnantes, de sérieuses préoccupations sur divers plans (culturel, anthropologique, environnemental et écologique). Il suscite également une interrogation fondamentale quant aux enjeux stratégiques et géostratégiques à moyen et long terme pour l’avenir politique même de notre Pays en tant qu’Etat souverain à l’horizon 2070 et au-delà. En effet, la réalisation de tout projet de cette envergure et de cette nature requiert une large communication et débat auprès de la Représentation nationale, régionale et locale à l’ère de la Décentralisation tant vantée. Et non comme cela se passe en ce moment entre « le Vice-Président de la République chargé des Projets structurants (Louis Paul Motaze) et quelques fonctionnaires véreux en quête de rétro-commissions. Surtout quand un tel projet est réalisé par des Investisseurs privés étrangers dans un « Etat souverain ».

Inquiétudes, angoisses des Populations locales et préoccupations aux plans culturel, écologique et éco- systémique.

Pour rappel, le nouveau barrage pompeusement dénommé « GRAND EWENG »sera construit dans une région où existent déjà deux ouvrages de cette nature : le barrage d’Edéa et celui de Song-Loulou en pleine zone Bassa-Mpôo-Bati. Une contrée et un peuple meurtris par les multiples vagues de répression et d’extermination programmées et planifiées depuis les années cinquante ; d’abord par l’Administration coloniale française sous la direction du tristement célèbre Pierre Mesmer et le Capitaine Courte Cuisse dont le Quartier Général était installé à Ngambe. Cette politique de répression et de marginalisation s’est poursuivie sous la dictature de l’ex-dictateur défunt Ahidjo ; et qui, toute proportion gardée continue sous le règne du « Renouveau National » et ce, depuis trente-huit ans. Pour preuve ; allez visiter où est construit le barrage de Song-Loulou. Pas de route. Juste une piste non entretenue. Les populations environnantes et celles de toute la contrée, jusqu’à ce jour, s’éclairent encore aux lampes tempêtes au mieux, ou alors aux bougies tandis qu’au-dessus de leurs cases traversent les fils électriques de Haute tension.

C’est encore dans cette région meurtrie que le Régime Biya, au crépuscule de son aventure politique, a décidé de céder 144km2 à une multinationale(HYDROMINE) pour près d’un siècle. Cette HYDROMINE qui a laissé une effroyable misère au Pérou et au Chili dans les années 1970, et qui en coaction avec une autre multinationale américaine International Téléphone and Telegraph(ITT) avait planifié et exécuté un coup d’Etat en 1973 sous la supervision de la CIA contre le Président du Chili Salvador Allende (de regrettée mémoire) démocratiquement élu. Comme pour les précédents barrages, l’énergie produite par cette multinationale, selon des sources fiables et concordantes, sera exportée au Nigeria et le surplus ira éclairer et alimenter villes et villages dans la Région du Sud ; de l’Ouest ; du Centre. Nous soutenons et rappelons ce que le Pr.Thomas Melone (de regrettée mémoire) avait coutume de dire « le Peuple Bassa –Mpôo-Bati : n’est ni du Littoral ni du Centre. Il est ailleurs”. C’est-à-dire dans l’ancienne GRANDE SANAGA MARITIME. Allez donc voir où les régimes successifs (colonial et néocolonial) de Yaoundé l’ont placé.

Le peuple Bassa-Mpôo-Bati et leurs populations rejettent ces conciliabules de coulisses et informelles initiées par les Autorités de Yaoundé et soutenues par une élite compradore en faveur de cette multinationale américaine. Une élite qui, pour une bouchée de pain veut réesclavagiser et liquider le peuple Bassa-Mpoo-Bati. Soulignons-le, une Elite corrompue jusqu’à la moelle épinière et à la tête de laquelle, comme un dindon farci, trône Louis PAUL YINDA : celui-là même qui, pendant près de quatre décennies, a dirigé la SOSUCAM. Cela est inacceptable. Les populations ne l’accepteront pas. Même au prix de leur sang.

Regardez le chemin de fer Douala-Yaoundé ; qui a été construit avec le Sang et la Sueur de ce peuple au temps des travaux forcés. Souvenez-vous de la gare de NJOK (non loin d’Eséka). Qui dans cette contrée ignore l’histoire de cette localité où des milliers de Bassa périrent sous de nombreux éboulements et décombres, travaillant avec des pioches et de pelles sous la menace de la chicotte et le regard cynique et sadique de l’Agent colonial affecté à cet effet. Cette unique voie, qui naguère permettait aux populations de cette zone se sentir non lens volens intégré au sein de l’entité « camerounaise », a été attribuée dans les conditions dignes d’une mafia à un prédateur français bien connu de tous en Afrique Noire dite francophone ;et qui s’appelle Bolloré. Dès qu’il est entré en possession de ce chemin fer, la première mesure qu’il a prise était de supprimer les trains voyageurs autour des quels les populations avaient organisé leurs petits commerces ; ensuite pour son plus grand bénéfice, il a instauré un train voyageur « INTERCITY », qui ne devait desservir que les villes de Douala et Yaoundé. Et c’est à partir de ce train que le vautour Bolloré a organisé les massacres d’Eséka le 21 septembre 2016. Un train qui traversait à vive allure tous les villages et bourgades de la région Bassa-Mpôo-Bati. C’est ce lugubre train qui est venu définitivement échouer à Eséka ce 21 septembre 2016 ; créant un fleuve de sang pour plus de 2000 morts.

Eséka une ville meurtrie. En 38 ans de « Renouveau National », ce que le peuple Bassa-Mpôo-Bati retient ou gardera du régime actuel c’est la construction d’une Stèle en mémoire des massacres d’Eséka orchestrés par Bolloré. Quel macabre et sinistre souvenir ! Un chemin de fer pour lequel des milliers de personnes ont péri pour sa construction et où trône un ressortissant du Grand- Nord comme Président du Conseil d’Administration (PCA) depuis la reprise de cette entreprise par le Néo-Colon français. Et c’est à juste titre que les populations qui habitent le long de cette voie ferrée, quelques mois avant ce déraillement du 21 septembre 2016 avaient baptisé ce train « Boko Haram ».

C’est le même schéma avec l’axe lourd Douala Yaoundé.

Les populations de l’axe lourd Douala-Yaoundé, victimes des déguerpissements depuis les années 1980, (pour celles qui sont encore en vie) restent dans l’attente des indemnisations promises il y a plus de 40 ans par le régime du Renouveau National. Ces Autorités ne se posent même pas des questions sur la recrudescence des accidents sur cet axe. Comme d’habitude, l’on évoque la saturation de la route par un trafic de plus en plus intense certes. Mais ce qu’on oublie ou ce que l’on ne veut pas imaginer c’est que les populations de cette zone sont fâchées et furieuses. Les populations, dont les tombes des membres de leurs familles qui y reposaient depuis des temps immémoriaux, ont été indûment réveillés de leur repos éternels ; ce qui constitue un sacrilège imprescriptibles et difficilement pardonnable. Le peuple et les corps exhumés sur cet axe sont amers contre un régime répressif, arrogant et brutal ; un régime qui ne tient pas ses promesses. Voilà la réalité. Et cela va continuer.

Que faire et comment faire ?

Patriarche de mon état (c’est-à-dire Grand Initié et gardien de la tradition Bassa et non un simple Chef de village que l’on appelle abusivement Chef traditionnel), je me permets de dire à ceux qui arriveront pour « la réalisation » de ce funeste projet « GRAND EWENG » dans notre région qu’ils Nous trouveront sur place ; en Esprit, en Âme sans doute pas en chair. En tout cas nous serons du Projet.

Pour la voie ferrée Douala-Yaoundé ; il n’est pas exclu qu’il y ait de déraillements dans les mois à venir pour les trains transportant des billes de bois et d’autres produits dont les marchandises de grande importance en partance ou en provenance de Douala .Il n’y aura pas de pertes en vies humaines afin d’éviter la construction de nouvelles stèles à MAKAK ou à ESEKA en mémoire des éventuelles victimes. Ces déraillements auront lieu entre Makak et Eséka au lieudit « Jock Lipan » qui signifie « La Grande Forêt » ; où sont construits les deux plus hauts et grands viaducs de tout le tronçon Yaoundé –Douala. Sur la vingtaine des Patriarches Bassa-Mpôo-Bati contractée ou consultée, une douzaine a déjà répondu présente et prête à faire entendre la voix des ressortissants de cette contrée. Une Région qui, depuis des décennies est restée étrangement muette malgré toute la marginalisation dont ses populations sont victimes.

L’objectif de notre démarche est de montrer aux Autorités camerounaises que le tout répressif sur fond de mitraillette a ses limites ; et demander à Bolloré de quitter notre territoire, notamment notre Rail par tous les moyens.

En trente-huit années de règne du Président Paul Biya, la Première Grande Réalisation ; le Premier Grand Projet Structurant, inauguré en grande pompe il y a quelques mois à Eséka, c’est la construction d’une stèle (un amas de béton armé), pour commémorer les morts et le sang que Bolloré et lui-même ont versés à Eséka. Non loin de l’endroit où repose le Père du Nationalisme camerounais Ruben Um Nyobe.

Monsieur le Président Paul Biya, pendant que vous inaugurez des infrastructures à travers différentes régions du Cameroun, vous nous offrez une stèle dédiée aux massacres du 21 octobre 2016. Nous vous disons NON Merci.

Rendez-vous est pris en 2022.

Nous ferons entendre nos voix par tous les moyens. Que les Autorités de Yaoundé se rassurent.

MBOMBOG NTAMACK NGUIDJOL BAKILIS

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