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General News of Thursday, 16 May 2019

Source: BBC

Bamenda: émouvant témoignage d'un ex-combattant sécessionniste

Human Rights Watch Bilan Ambazonie 'Je combattais parce que l'armée a incendié ma boutique'

Les régions anglophones du Cameroun, secouées par un conflit armé, comptent aujourd'hui sept milices armées ayant entre 2 000 et 4 000 combattants, selon une estimation de l'ONG International Crisis Group.

BBC Afrique a rencontré certains des ex-combattants sécessionnistes, qui vivent au centre DDR de Bamenda, la ville chef-lieu de la région du Nord-Ouest.

A ce jour, 35 ex-combattants, hommes et femmes, vivent dans le centre de désarmement, démobilisation et réinsertion de Bamenda. Ces jeunes, dont l'âge varie entre 14 et 25 ans, ont combattu dans les rangs des Ambas, le nom donné aux séparatistes armés anglophones.

Outre la lutte pour la création d'un Etat indépendant, Nkeng Florence, une ex-combattante, mère de deux enfants, dit avoir pris les armes contre son pays, après l'incendie de sa boutique.

"Je combattais parce que l'armée a incendié ma boutique. J'avais un salon de coiffure et je vendais du prêt-à-porter. J'étais fâchée, et j'ai suivi mes amis en brousse", raconte Nkeng Florence.

Apres plus d'un an de combats aux côtés des séparatistes, Lukong Clinton explique pourquoi il n'a plus envie de reprendre les armes.

Le centre est également chargé de "collecter" les armes des combattants démobilisés et de les aider à réintégrer la vie civile.

A ce jour, 166 combattants, dont 57 en zone anglophone, ont déposé les armes.

Selon Dr Nick Ngwayang, fondateur du Mouvement paix dans les régions anglophones, peu de personnes déposent les armes à cause de la démarche du gouvernement.

"La meilleure façon de résoudre ce conflit, c'est d'utiliser le dialogue avant de demander que les armes soient déposées. Mais parce qu'on a commencé par demander le dépôt des armes, ça traîne de cette façon (…). L'essentiel pour nous est de faire ce qu'il y a à faire pour arriver à la paix", explique M. Ngwayang.

Selon Fai Yengo Francis, le coordonnateur national du CNDDR, la sensibilisation va se poursuivre, afin d'emmener le plus grand nombre de combattants à déposer les armes.

En visite à Bamenda, la semaine dernière, le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute, a réitéré l'engagement du président Paul Biya à mettre fin à la crise anglophone.

L'Etat ne va pas faire arrêter les présumés sécessionnistes qui accepteront volontairement de se rendre, selon le chef du gouvernement.