Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 09 11Article 541048

General News of Friday, 11 September 2020

Source: Actu Cameroun

Bamenda: la moto au secours des sécessionnistes

Les responsables administratifs et des forces de maintien de l’ordre dans la région du Nord-ouest comme dans le Sud-ouest, ont identifié l’engin à deux roues comme le moyen le plus utilisé par les terroristes pour commettre leurs forfaits. Leur interdiction est très efficace pour les contrer. Mais avec beaucoup de dégâts dans les populations.

Enlèvements contre rançon, décapitations et attaques violentes sont monnaie courante dans la ville de Bamenda. Les motos sont largement utilisées pour commettre ces crimes violents. Les présumés séparatistes qui militent pour l’indépendance des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest utilisent les motos comme moyen de transport pour voler, kidnapper, poser des bombes, attaquer et tuer des agents de sécurité et les civils. Après avoir commis ces actes, ils décollent de la scène du crime à moto à une vitesse vertigineuse et fondent dans la nature. Fonteh Lucas («General Mad Dog») qui a été tué dimanche 6 septembre dernier a utilisé une escorte de motos pour coordonner et commettre des crimes odieux.

Après la mort de «Mad Dog», la police a découvert dans son téléphone et d’autres accessoires en sa possession des informations révélant les atrocités commises par son groupe. L’exploitation de son téléphone a révélé que «Mad Dog» et son gang avaient infiltré neuf points de ralliement de motos et carrefours routiers à Bamenda. Dans chacun de ces coins, au moins sept motos (Okadas) étaient directement sous son contrôle. Fonteh possédait et utilisait également un téléphone satellitaire.

Ce kit lui permettait de contacter les motocyclistes (ses complices) et les dirigeants autoproclamés de l’Ambazonie dans la diaspora et de passer inaper.çu dans les réseaux locaux. Avec l’aide du système de positionnement global (GPS), il recevait des notifications’ d’alerte lorsqu’il était suivi ou surveillé. Général Mad Dogme (Fonteh Lucas) a coordonné les enlèvements à partir des coups de fil émis de son téléphone satellitaire.

Les victimes ont été déplacées d’une moto à une autre vers des sites de détention et de tortures. Ici, ceux qui ont de la chance paient d’énormes rançons et retrouvent leur liberté. D’autres sont torturés avec des coutelas ou du plastique brûlant qu’on laisse tomber goutte à goutte sur le dos.

De même, des hommes armés qui ont tué l’inspecteur de police, Bikoi Nlend Ndadji Joseph, le 1er septembre 2020, sont venus à moto comme les Janjaweed (hommes à cheval). Vu d’une position avantageuse, l’inspecteur de police a été abattu. Ces hommes armés ont sauté sur leurs motos et sont partis. Alors que, les collègues de Bikoi Nlend devaient encore déterminer l’endroit exact d’où le coup de feu avait été tiré. Les okadas facilitent les enlèvements à but lucratif et d’autres crimes au nom d’une lutte pour l’indépendance. Le butin est partagé avec les dirigeants autoproclamés

d’Ambazonia. « Nul doute que les leaders de ces groupes armés sont pris de court depuis que les autorités locales ont annoncé la restriction des motos. Cela a brisé leur machine à faire de l’argent avec le sang des victimes. L’interdiction présente des inconvénients. Mais vous ne pouvez pas faire d’omelettes sans casser des œufs », commente un commerçant à Bamenda. Les résultats de cette restriction sont prometteurs aux yeux de nombreux habitants.


Mais il faut retenir que les motos sont au moins autorisées dans les zones difficiles d’accès où les taxis ne peuvent pas aller. «Lorsque les responsables des forces de défense et de sécurité font l’inventaire des opérations menées par les terroristes à partir des motos, il est évident que cet outil est au centre de leur déploiements, et leur interdiction est assurément un coup dur pour eux. Même si les populations qui utilisaient les mêmes moyens de locomotions vont payer un très lourd tribut», explique un élément des forces de l’ordre à Bamenda.

C’est dire que la moto va rester encore un casse-tête pour les forces de l’ordre. Parce que les pouvoirs publics sont loin d’interdire ce moyen de locomotion dans ces régions en crise. Parce que la moto demeure encore presque le seul moyen déplacement des personnes et des biens dans toutes ces régions.

Alors que les motos sont interdites dans certaines parties de .la ville de Bamenda. le maire devrait saisir l’opportunité de cette situation pour créer un mode de transport urbain alternatif et sécurisé. Une flotte de bus, par exemple.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter