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General News of Tuesday, 24 November 2020

Source: 237online.com

Avocats, magistrats, corruption et escroquerie: la justice dévoile son plus triste visage

La Justice camerounaise a il y a quelques jours, présenté un triste spectacle, dans une salle d’audience du tribunal de première instance de Douala-Bonanjo.


Sur la scène, des avocats en colère, des magistrats outragés, et des policiers décidés. Appelée au secours, la police a dû recourir au gaz lacrymogène, pour obliger les avocats à évacuer la salle. Comment en est-on arrivé là ? d’après les médias et certains témoignages, tout serait parti de la condamnation d’un justiciable à 18 mois de prison ferme, pour une infraction que nous ignorons. Avant le verdict, ses deux conseils auraient exigé à sa famille, trois millions de francs, pour aller «voir» la juge. une fois l’argent encaissé, les avocats auraient rencontré la magistrate, pas pour lui remettre le pactole, mais pour en appeler à sa fibre maternelle, et éviter une condamnation ferme à leur client. Malheureusement pour eux, les faits étaient graves et avérés.

En colère, le frère du condamné serait allé réclamer les trois millions de francs à la juge, faute pour elle, d’avoir respecté les clauses du contrat, malgré l’argent prétendument versé. Elle lui dit qu’elle n’a rien reçu. Pour voir clair, celle-ci aurait organisé une rencontre avec le frère du condamné et les deux avocats de ce dernier. Le frère aurait maintenu sa version des faits. les avocats auraient tout nié, arguant que les trois millions étaient plutôt leurs honoraires. Excédé, le frère aurait produit un enregistrement ou «voice», reçu dans son whatsapp, où l’un des avocats lui confirmait que l’argent avait été remis à la juge. outragée, celle-ci aurait saisi le procureur de la république, et une procédure déclenchée, pour tentative de corruption et outrage à magistrat. les trois personnes sont placées en détention provisoire.

Le jour de l’audience, les conseils des avocats poursuivis introduisent une demande de mise en liberté, en se présentant comme caution de leurs collègues, qui ont des adresses et des domiciles connus. ils auraient soutenu qu’en application du code de procédure pénale, les avocats devaient être libérés. la juge ne l’aurait pas entendu de cette oreille, et renvoyé l’affaire, une quinzaine de jours plus tard. Les conseils des avocats et d’autres avocats auraient alors contesté bruyamment cette décision. la police présente est invitée à remettre de l’ordre. Rien. La présidente du tribunal, responsable de la police d’audience, aurait par la suite, fait venir des renforts. Face au refus d’obtempérer des avocats «indignés», la police a fait usage du gaz lacrymogène, pour faire sortir les avocats.

Si les faits sont avérés, cette affaire part des trois millions demandés, pour aller corrompre la juge. mais l’argent ne lui aurait même pas été proposé, alors qu’on donnait d’elle, l’image d’une juge corrompue. ici remonte à la surface, un comportement préjudiciable à la justice. celui de certains avocats, pas tous heureusement, qui exigent de l’argent à leurs clients, en plus des honoraires, pour aller corrompre un magistrat, mais le détournent. Cette escroquerie existe aussi parce que certains magistrats, pas tous, se prêtent à ce jeu macabre. Que des avocats se transforment en démarcheurs pour des magistrats, ternit l’image de tout un corps.

Comment un magistrat peut-il respecter un avocat qui, faute d’arguments de droit, recourt à la corruption va le corrompre, ou tente de le faire ? souvent, des justiciables sont spoliés sur le dos des magistrats, au courant de rien, surtout si la décision rendue leur est favorable. Il faut attaquer le mal à la racine. le barreau compte des avocats respectables et compétents, autant que la magistrature, pour les magistrats. Mais au-delà de ces deux corps condamnés à vie, à cheminer ensemble, le triste spectacle de Douala a sérieusement écorné l’image déjà pas très bonne, de la Justice camerounaise. Le ménage doit être fait dans les deux corps.

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