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xxxxxxxxxxx of Saturday, 7 November 2020

Source: Mutations

Aveux du sérail: Jean-Marie Atangana, ce SG qui connaissait mal le président Biya

Ce cacique du régime n’a pas pu saisir Paul Biya, malgré quatre années passées dans son entourage immédiat.
Chassé du ciel tel un mauvais ange, l’ancien secrétaire général de la présidence de la République (Sg/Pr), Jean-Marie Atangana Mebara, est incarcéré depuis 2008, mouillé dans une affaire de détournement de près de trois milliards Fcfa destinés à l’achat d’un avion présidentiel en 2003.

Ce n’est qu’en 2016 que le Tribunal criminel spécial (Tes) lui inflige une peine de 25 ans d’emprisonnement. À cette sentence s’ajoutent deux autres de 15 ans et 20 ans, prononcées en 2012 pour malversations financières.

Après avoir longtemps clamé son innocence; estimant toujours avoir agi selon les « instructions du président », cet ancien fidèle de Paul Biya a fini par se convaincre qu’il est engrené dans un procès politique. En effet, son nom est cité parmi les proches qui lorgnaient ambitieusement le pouvoir suprême de leur mentor.



Après avoir été plusieurs fois membre du gouvernement, notamment comme ministre de l’Enseignement supérieur (1997-2002), ministre des Relations extérieures (2007) et surtout après avoir passé quatre années (2002-2006) dans les couloirs de la présidence, Jean-Marie Atangana n’a pas pu connaître ou du moins connaissait mal le maître des lieux.

Il l’avoue d’ailleurs clairement dans son ouvrage intitulé « Le Secrétaire général de la présidence de la République au Cameroun : Entre mythes, textes et réalités ». « Le président ne se laisse pas connaître, malgré certaines apparences. Et il reste pour moi, aujourd’hui encore une vaste énigme », déclare M. Mebara.


Curieusement, l’ancien Sg/Pr ajoute : « Je crois avoir découvert que c’est quelqu’un qui est jaloux de son pouvoir, celui que lui reconnaît la Constitution. Il ne comprenait pas que certains membres du gouvernement ignorent la nature du régime, c’est-à-dire, présidentiel. » Si tel est le cas, comment un homme sensé peut-il se laisser guider par une ambition aussi risquée que celle de vouloir commettre un crime de lèse-majesté.

Il faudrait vraiment ne pas connaître assez le titulaire presque quarantenaire du pouvoir de Yaoundé pour penser qu’il réagirait de main morte à ce péché capital. En homme avisé, Jean-Marie Atangana Mebara poursuit : « Parfois, il m’est arrivé de me demander si le chef de l’État ne voulait pas me tester, tester ma capacité à le servir totalement et loyalement. » Malheureusement pour lui, bien qu’il n’a certes pas péché en acte, il l’a fait en pensée. Et son télépathe de mentor a certainement dû lire dans sa tête.

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