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General News of Wednesday, 14 April 2021

Source: La Gazette du Noun n°178

Attaque contre le Cameroun : où est passé le Conseil National de Sécurité ?

Face aux assauts des groupes armés et de la Covid-19, l’organe garant de la sécurité intérieure et extérieure de la nation, ne s’est jamais réuni, 12 ans après sa création.

Cet organe garant de la sécurité du pays a été créé par décret n° 2009/004 du 8 janvier 2009 du Président de la République du Cameroun Paul Biya. Il a pour missions de faire périodiquement la synthèse de renseignements intéressant la sécurité intérieure et extérieure de la nation ; de formuler des propositions d’orientation du renseignement prévisionnel et de donner son avis sur tout dossier à lui soumis par le Président de la République. Une institution unique parce que réunissant l’essence des acteurs impliqués dans la sécurité intérieure et extérieure de notre pays. Administrativement, il est rattaché au Secrétariat général de la présidence de la République.

L’article 6 du décret n° 2009/004 du 8 janvier 2009 portant création et organisation d’un conseil national de sécurité précise que les travaux du CNS donnent lieu à l’élaboration d’un rapport soumis à l’appréciation du président de la République, seul habilité à convoquer le conseil. Ce rapport est évidemment rédige, on l’imagine aisément, par le secrétaire permanent, la cheville ouvrière de cet organe.

Dans la foulé et le même jour, la nomination de son tout premier secrétaire permanent, en la personne de Paul Atanga Nji, présageait un lendemain meilleur pour l’a quiétude des populations de notre pays. Les fonctions de ce derniers sont nombreuses et variées. Elles sont aussi très délicates comme tout ce qui touche à la sécurité d’un pays.

Rien d’étonnant alors que tout l’appareil sécuritaire du pays soit convoqué aux réunions du conseil de sécurité, notamment le Secrétaire Général de la Présidence de la République ; le ministre chargé de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation ; le ministre chargé de la Défense ; le Directeur du Cabinet civil du président de la République ;le Délégué général et Secrétaire d’Etat à la Défense ; le chef d’Etat-major des Armées ; le chef d’Etat-major particulier du président de la République ; le Directeur de la Sécurité présidentielle ; le Directeur général de la Recherche extérieure ; le Directeur central de la coordination à la gendarmerie nationale ; le commandant de la garde présidentielle.

Pour coordonner cet groupe de travail de haut niveau, le secrétaire permanent joue un rôle essentiel. Voila pourquoi il est nommé par décret du président de la République. C’est lui qui assure le secrétariat du Conseil. Evidemment, pour assurer le secrétariat, il faut bien qu’il participe aux travaux. Ce qu’il fait avec voix consultative.

Sauf que depuis sa création et la nomination de son principal artisan, 12 ans se sont écoulées. Rien, rien et rien. Pourtant le Cameroun n’a jamais été autant attaqué de l’intérieur comme de l’extérieur. La crise anglophone en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dure depuis 05 ans et fait des centaines de victime. Des réclamations sécessionnistes meublent des actes de terrorismes et de barbaries au grand dam des populations. Des milliers de déplacés internes et sus.

Dans les frontières septentrionales, la nébuleuse islamistes Boko Haram sème la terreur depuis 10 ans. Rien de tout ceci ne semblent suffisamment grave pour mettre autour de la même table, les acteurs de la sécurité du Cameroun. Bien plus, La Covid 19 sème à travers le pays, mort et désolation. Toutes les activités à travers le pays sont au ralenties quand elles ne sont pas .aux arrêts. Mais où est donc passé le Conseil National de Sécurité ?

Pour comprendre le Conseil national de sécurité, il faut remonter à ses devanciers, outre atlantique(A), dans l’hexagone(B) et au-tres(C).

A- le Conseil de sécurité nationale (National Security Council ou NSC) des Etats unis

Il est créé depuis 1947. C’est une organisation administrative dependant directement du président des Etats unis. Il a un rôle de conseil, de coordination et parfois d’impulsion sur (es sujets de politique étrangère, de sécurité nationale, et plus généralement sur l’ensemble des questions stratégiques. Il est en cela un acteur peu connu, mais majeur, parfois prédominant, de la politique étrangère des Etats unis.

Il réunit statutairement le vice-président, le Secrétaire d’Etat (équivalent du ministre des Affaires étrangères dans les autres pays), le Secrétaire à la défense et le conseiller à la sécurité nationale autour du président. Celui-ci le préside, tandis que son administration est dirigée par le conseiller à la sécurité nationale. Il peut y convier d’autres membres en fonction des besoins.

Il a pour fonction première d’être un forum d’echanges permettant de conseiller le président. A ce titre, il se réunit régulièrement, en fonction de la situation internationale et des priorités du président. L’administration du conseil a en charge la préparation de ces réunions généralistes. Des comités interdépartementaux (interministériels) ont également lieu sous la direction du conseiller à la sécurité nationale sur des thématiques, précises.

Lors des réunions du conseil, le président peut prendre des décisions, traduites par le conseiller à la sécurité nationale sous forme de directives et que les participants doivent mettre en œuvre. A ce titre, il est de-venu un outil d’impulsion des décisions, de coordination et de vérification de leur mise en œuvre dans les mains du président.

En France, le conseil de sécurité nationale (CNS) est créé, sur le modèle américain par Nicolas Sarkozy après son élection en 2007. En août 2007, le président Sarkozy, nouvellement élu, a demandé le rapprochement des missions, des structures et des modes de financement des grandes institutions publiques chargées de la formation, de la recherche et de l’analyse des questions de sécurité et stratégiques.

Finalement, le Conseil de sécurité nationale ne devait pas être chargé des questions de sécurité intérieure, contrairement à son homologue américain. Ces questions sont dirigées à l’Elysée par le Conseil national de la sécurité intérieure. Les services de renseignement sont regroupés au sein de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Le conseil est chargé, à l’Elysée, de fournir des analyses et des avis au Président sur les grandes options de politique étrangère. Il regroupe une trentaine d’experts du Quai d’Orsay, du Ministère de la Défense et du Secrétariat Général de la Défense nationale (SGDN), qui dépend lui du Premier Ministre, ainsi que des universitaires.

D’autres modèles nationaux connus : La Russie, l’Inde, l’Iran, l’Israël, le Pakistan, la Turquie et sous une forme très particulière la Chine (la Commission militaire centrale du PCC et de la République populaire de Chine) connaissent tous des évolutions importantes en fonction du pouvoir politique en place. Même le Japon, pays ne disposant pas d’une année, vient de mettre en place également un Conseil de sécurité nationale.

La création d’un nouveau poste de « Conseiller à la sécurité nationale », comme il en existe un sous d’autres deux, devrait faciliter la coordination des services de renseignement qui deviendraient plus efficaces. L’intérêt d’un Conseil National de Sécurité est d’une part d’avoir un forum de discussion comprenant des intervenants de la défense, de la sécurité, de la diplomatie.

Les problèmes de sécurité intérieure et extérieure sont de plus en plus imbriqués et les questions de police, de défense ou de, diplomatie nécessitent la mise en place d’un espace commun de traitement en vue d’une mutualisation des moyens sous le contrôle direct du chef de l’Etat qui disposera d’une vision globale intégrant les trois dimensions principales de la politique de défense, à savoir, la sécurité du territoire, la défense militaire et l’action extérieure et avoir en sa possession tous les éléments d’expertise et de contre-expertise utiles pour éclairer ses décisions régaliennes.

Une chose est sure, la création de ce Conseil et la nomination d’un secrétaire permanent n’a pas bousculer l’équilibre des pouvoirs au sommet de l’Etat. Mieux encore, il est resté l’un de ces organes avec du personnel à la solde de l’Etat et qui dans le quotidien, n’est ni visible, ni actif. Un autre gouffre à sous

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