Vous-êtes ici: AccueilInfos2021 03 17Article 580438

General News of Wednesday, 17 March 2021

Source: www.camerounweb.com

AstraZeneca: voici les vaccins que préfère Cabral Libii

Après l'invitation du ministre de la Santé publique pour des échanges autour du projet de vaccination des Camerounais, le président du PCRN vient dans une tribune sur sa page Facebook dire ce qu'il pense du vaccin AstraZeneca et les autres vaccins qui ont fait leurs preuves et qu'il préfère à celui qui est actuellement disponible au Cameroun.

Voici la tribune


'En 2020, il me souvient avoir interpellé le Ministre de la Santé sur la question spécifique du vaccin contre la COVID-19 dans notre contexte et sur l’état d’avancement de notre recherche scientifique en lien notamment avec notre pharmacopée. Il me souvient en une occasion qui était consacrée au très controversé vaccin contre le cancer du col de l’utérus administré aux jeunes filles, l’avoir interpellé sur l’état de notre dispositif de pharmacovigilance qui est le mécanisme national de surveillance des effets secondaires nocifs éventuels des médicaments.

Au sujet du vaccin contre la COVID-19, le Ministre m’avait alors dit que le Cameroun avait souscrit à l'initiative COVAX mise en place par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en partenariat avec GAVI "Alliance Globale pour les Vaccins et l’Immunisation ». Initiative devant donc permettre de fournir en vaccins, les pays les plus défavorisés. Nous y sommes.

Cette initiative est bonne. Elle a su anticiper sur la frénésie des grandes puissances qui auraient pu s’accaparer tous les vaccins pour satisfaire leurs populations. C’est une sorte de centrale d’achat à prix négocié standard, à laquelle nous avons bien fait de souscrire.
Mais au même moment que nous apprenons qu’une première livraison par les bons soins du COVAX du vaccin suédo-britannique dénommé AstraZeneca va permettre le déclenchement d’une campagne de vaccination chez nous, nous apprenons également que plusieurs pays dans le monde ont suspendu l’administration dudit vaccin. Ce qui en rajoute au scepticisme ambiant qui entoure la question des vaccins en général, et surtout des nouveaux vaccins en particulier. Il faut dire qu’au-delà des extrapolations et autres paranoias, cette peur n’est pas sans fondement. En 2019 le monde entier était en émoi suite au scandale de la Dengvaxia aux Phillipines, tout premier vaccin au monde sorti des laboratoires Sanofi contre la dengue, qu’on soupçonnait d’avoir décimé des centaines d’enfants. La suite est connue, le vaccin a été retiré, des responsables inculpés par la justice pour défaut de vigilance.

Les Camerounais ont toujours été vaccinés. Contre la polyo, la tuberculose, la fièvre jaune etc. Le problème n’est donc pas la vaccination. La crainte c’est ce vaccin. Et cette crainte est justifiée. En France, un sondage BFMTV annonçait au mardi 16 mars 2021 que 58% des Français déclaraient ne pas avoir confiance en ce vaccin, contre 20% seulement qui disaient avoir confiance. Au Cameroun, il n’y a pas un sondage à date, mais si je m’en tiens aux camerounais avec qui j’ai échangé, c’est carrément le rejet pur et simple. Le gouvernement est visiblement lui-même désemparé. Comment rassurer au sujet d’un produit envers lequel les occidentaux eux-mêmes prennent des précautions ? Donc le gouvernement est lui-même suspendu aux vérifications européennes. Mais le mal est fait. Du coup, il est précautionneux de reculer d’abord. Un choix difficile en effet, parce qu’il y a recrudescence de la Covid.

Ayant mené des recherches, j’ai découvert qu’à la différence de tous les « vieux » vaccins que nous connaissons qui ont fait leurs preuves et qui sont administrés à l’homme en vue de prévenir une maladie qui viendra plus tard suite à une infection bactérienne ou virale, aucune certitude scientifique ne nous dit aujourd’hui qu’un seul des vaccins dont on parle, peut empêcher à 100% de prévenir la maladie. En clair, même vacciné, il y a toujours risque d’attraper la maladie. C’est pour cette raison que même dans les pays où la vaccination avance bon train, les mesures de distanciation demeurent rigoureuses. La vertu certaine qu’on reconnait aux différents vaccins qui circulent, c’est la réduction de la charge virale, la forte atténuation de la contagion et de l’intensité de la maladie afin d’éviter sa létalité. Personne ne sait donc sur quelle durée le vaccin agit, durée au bout de laquelle il faudrait éventuellement un vaccin de rappel. Il demeure néanmoins indiqué de se vacciner parce que ça sauve la vie.

Mais quel vaccin ?

Dans le document de suivi-évaluation publié par l’OMS le 10 mars 2021, il y a 15 vaccins en expérimentation avancée et qui sont d’ailleurs déjà administrés dans leurs pays de découverte. Sur les 15, 03 seulement ont fait l’objet d’une validation définitive par l’OMS. Il s’agit de ceux produits par PfizerBioNtech, AstraZeneca et Serum Institute of India. Les deux derniers étant identiques. Il faut d’ailleurs préciser au regard de ce tableau que le vaccin Moderna qui circule au Etats Unis n’a pas encore fait l’objet d’une validation définitive par l’OMS parce que toutes les étapes de validation ne sont pas totalement satisfaites, mais il a reçu une autorisation de l’Agence Médicale Européenne. La curiosité à ce niveau vient de ce que le vaccin chinois Sinopharm qui est exactement au même niveau de progression que le vaccin Moderna américain, n’a pas reçu l’autorisation de circulation en Union Européenne. Cette même curiosité concerne l’autre vaccin américain Janssen de Johnson and Johnson. Il n’est pas inutile de préciser aussi que ce tableau laisse planer de curieux doute sur le vaccin de l’industriel russe, The Gamaleya National Center, Sputnik 5, dont l’efficacité est pourtant établie par les revues scientifiques qui font autorité mondiale.

Sur tous ces vaccins, il y en a deux qui ne pouvaient nous être attribués. Pfizer et Moderna en l’occurrence parce que nécessitant une conservation à des températures très basses et une administration dans des délais très contraignants. C’est donc logiquement que seul AstraZeneca circulant au sein de l’UE, nous convenait parce qu’administré en une seule dose et conservable au réfrigérateur. Toutefois, trois d’entre ces vaccins présentent une spécificité. Il s’agit de Pfizer, Moderna et AstraZeneca une fois encore. Et c’est là que les craintes commencent à s’aggraver. Ils sont le produit d’une technologie innovante jamais utilisée sur l’être humain en matière vaccinale. Ce qui en théorie, est une prouesse scientifique. Il s’agit de la technologie de modification génétique. En l’occurrence la protéine Spike qui est ici cloné et transformé en OGM, organisme génétiquement modifié. C’est cette protéine qui permet au nouveau coronavirus de pénétrer dans les cellules humaines et c’est elle qui est la cible d’anticorps produits par l’organisme après l’infection. Ainsi, les laboratoires ont procédé au séquençage du génome du virus et ont fabriqué artificiellement cette protéine pour l’introduire dans l’organisme afin que ce dernier secrète des antigènes qui vont contenir la protéine naturelle.

Mais la manipulation génétique ne s’est pas arrêtée là. Pour introduire cet OGM dans l’organisme, on a fabriqué un autre OGM comme vecteur. Par le passé, pour introduire l’agent pathogène du vaccin, on le logeait dans des vecteurs naturels appelés Adeno-virus qui étaient extraits des cellules rénales des chimpanzés. A cause des associations de protections des animaux, il a été renoncé au prélèvement rénal des chimpanzés en faveur d’un process cellulaire différent mais nécessitant plus de temps. Sauf que pour les trois vaccins cités plus hauts dont, AstraZeneca, les laboratoires ont procédé à la multiplication rapide des vecteurs par des techniques de manipulation génétique. Les adeno-virus qui en sont issues sont donc aussi des OGM.
Il faut tout de suite dire qu’à ce jour il n’est nullement dit que ces manipulations génétiques sont la cause de quoi que ce soit. Bien au contraire elles permettent de grandes avancées scientifiques porteuses d’espoirs pour la contention de certaines pathologies. Mais celles-ci s’inscrivent dans le vieux débat non tranché des méfaits des « tripatouillages » génétiques sur le long terme dans l’organisme. Si on peut éviter ça ce sera toujours mieux.

Et en l’état actuel des choses, on peut être vacciné et éviter ça. En d’autres termes, on n’est pas obligé de ne vacciner que AstraZeneca. Le vaccin chinois Sinovac est issu d’une technique à l’innocuité bien connue, le vecteur désactivé, qui a fait ses preuves pour la rage, la diphtérie, l’hépatite A etc., le Sputnik russe est logé dans l’adeno-virus humain à l’innocuité établie depuis des lustres, pourquoi on ne les prend pas ? Qu’est ce qui nous oblige à nous aligner exclusivement derrière cette nouvelle technologie alors qu’on a de vieilles recettes qui sont même plus efficaces ? A la rigueur explorons aussi Johnson and Johnson qui est d’une modification génétique plus acceptable.

Vacciner ne pose en soi aucun problème. Mais ce vaccin là, AstraZeneca il faut pour l’heure l’épargner au peuple camerounais. La sierra Leone est peut-être un exemple à suivre. Elle a reçu 100 000 doses de AstraZeneca et acquis 200 000 de Sinopharm.

D’ailleurs, malgré la recrudescence, en occident comme ici, sur 100 cas testés positifs, 90 ne font pas la maladie. Et sur les 10 restants, 02 seulement décèdent généralement à cause de la vieillesse ou de la comorbidité. C’est pour ça que le taux de létalité demeure plus bas que celui du palu. Donc il faut vacciner prioritairement les personnes en comorbidité en y incluant les drépanositaires et les personnes âgées. Il faudrait de plus, accentuer la sensibilisation sur la distanciation au travers d’une communication moins anxiogène, il faudrait aussi explorer les mécanismes de purification d’air pour les milieux clos. En un mot, la progressivité précautionneuse. L’impératif de sauver la vie doit être concilié avec celui de la prudence.

Et je finis sur ce point en disant que j’ai découvert que la fameuse protéine spike entre dans nos organismes par une « porte » qui s’appelle ECA (Enzyme de Conversion de l’Angiotensine). Des études démontrent que certaines populations dans le monde dont les noirs, n’ont pas d’ECA ou l’ont en forme défectueuse. Alors que les blancs en seraient fortement pourvus, ce qui facilitent en eux « l’entrée » du Corona Virus. Ceci est une piste de recherche sérieuse sur laquelle nous devrions travailler. Dans la même veine, c’est le lieu d’explorer profondément la piste des traitements mis au point par nos chercheurs.

Mais ces recherches comme les autres mécanismes de lutte ne sont possibles que si on y met un minimum de moyens. En plus d’une table-ronde sur le vaccin, j’appelle ardemment à une table-ronde autour de laquelle le Gouvernement va nous édifier sur notre dispositif actuel de riposte face à la recrudescence. Que sont devenus les 100 milliards du Fonds Mondial reçus il y a 8 mois ? Que faites-vous des 150 milliards logés dans la loi de finances votées en décembre 2020 ? Les conflits internes sont-ils venus à bout de l’efficacité gouvernementale ?

Le moins qu’on puisse dire c’est le centre de prise en charge de Mvog Mbi à Yaoundé, pour ne prendre que cet exemple, est extraordinairement exsangue. Il y manque pratiquement de tout. Résultat, tous ceux qui y entrent ces derniers temps ressortent les pieds devant. Voilà la où se trouve la priorité. Dans la gouvernance sanitaire. Car, au-delà du débat sur les vaccins, c’est une transformation profonde de notre système de santé qui est souhaitée. Ce sont des réformes fortes qui nous permettront de résister aux chocs futurs'.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter