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General News of Thursday, 30 July 2020

Source: cameroon-info.net

Assemblée National: le Mouvement Réformateur charge violement les députés

Cavaye Yeguie est président du parlement depuis 3 décennie Cavaye Yeguie est président du parlement depuis 3 décennie


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Cette formation politique dirigée par Samuel Billong juge insuffisante la fréquence des sessions sur l’année, et pense que si elles ne sont pas triplées, le Parlement va demeurer longtemps encore une chambre d’enregistrement et d’enrichissement individuel pour les parlementaires.

Alors que la session ordinaire du mois de juin 2020 s’est achevée depuis plus d’un mois au Parlement, et que les parlementaires sont dans l’attente de celle du mois de novembre prochain, et la dernière de l’année, le Mouvement Réformateur (MR) s’est prononcé sur la fréquence desdites sessions à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Le patron de cette formation politique, Samuel Billong, a, au cours d’une causerie participative avec ses camarades le 25 juillet 2020 à Douala, jugé insuffisante la durée consacrée aux sessions à l’Assemblée Nationale sur une année. Pour lui, trois sessions sont insignifiantes et contre-productives dans la marche vers la construction de la République.

«Le Mouvement veut tripler la durée des sessions parlementaires. Nos députés ne travaillent pas assez pour faire avancer le pays. Trois sessions ordinaires d’à peine un mois chacune et, sachant que l’exécutif transmet au parlement les textes souvent au beau milieu des sessions, nos députés se tournent les pouces en réalité. Beaucoup s’étonnent que le parlement ne produise pas les lois sans voir que dans l’organisation actuelle du parlement, celui-ci n’a qu’environ 6 semaines de travail effectif par an même si les députés touchent 12 mois de salaires et les autres avantages que nous connaissons tous. Donc en 6 semaines, les parlementaires ont à peine le temps pour examiner les textes soumis à leur validation par le Gouvernement», déplore-t-il.

Il pense que la chambre basse, au même titre que le Sénat d’ailleurs, sont des instances qui ne servent qu’à entretenir l’opulence des parlementaires, si tant est qu’ils ne constituent pas le rapport de force escompté face aux différentes propositions de lois du Gouvernement, qu’ils adoptent sans ciller.

«Lorsqu’un ministre décide de faire passer un texte parfois sans pertinence comme nous l’avons vu avec les artistes, celui-ci passent comme une lettre à la poste (…) Aussi longtemps qu’on n’aura pas rallongé la durée des sessions parlementaires, le parlement restera une chambre d’enregistrement et d’enrichissement individuel pour les parlementaires, une chambre sans impact sur la vie de la nation et dédié à la gloire d’un homme», argumente Samuel Billong.

Le président du MR, qui s’approprie avec alacrité la maxime de l’ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, qui assertait que l’Afrique n’a pas besoin des hommes forts mais des institutions fortes, croit savoir que le mal de son pays réside dans la fragilisation de ses institutions par ses hommes. Il en veut pour preuve l’omnipotent ascendant de la présidence sur le Gouvernement, lequel n’est même pas responsable de ses actes devant le l’Assemblée.

Par conséquent, «le Mouvement Réformateur veut rendre le gouvernement responsable devant le parlement et élargir les pouvoirs du chef du gouvernement. Les mauvaises langues disent que notre Premier Ministre est le premier des Ministres. La réalité est que le partage des pouvoirs au sein de l’exécutif entre la Présidence et le Gouvernement est totalement déséquilibré en faveur de la Présidence laissant quasiment sans pouvoir le Gouvernement qui doit pourtant être quotidiennement au Service des citoyens».

La rencontre de Douala a également donné aux militants de cette formation politique de passer en revue quelques sujets liés à l’actualité politique, notamment la crise anglophone et le début des pourparlers annoncés entre Yaoundé et certains leaders sécessionnistes. «Nous apportons notre soutien sans aucune réserve à ces négociations qui évidemment doivent s’étendre à tous les enfants des régions en crise. Le grand Dialogue a été un échec et ceux qui parlent aujourd’hui encore de l’application des résolutions du Grand Dialogue ne veulent pas la paix», ajoute le leader du MR, qui appelle par ailleurs les populations à s’inscrire massivement sur les listes électorales. Il va sans dire que ce parti fondé en 2006 affute ses armes pour les prochaines échéances électorales, et veut désormais avoir une voix qui tonne au sein de l’opposition camerounaise.

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