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General News of Wednesday, 24 February 2021

Source: Actu Cameroun

Arrestation de Shakiro: la presse française fracasse le régime Biya

Deux personnes transsexuelles ont été arrêtées et incarcérées la semaine dernière.

Le comité Idaho France, une ONG qui organise des actions contre l’homophobie, signale l’assassinat mardi de trois homosexuels en l’espace de deux semaines. Deux personnes transsexuelles, soutenues par cette association et défendues par l’avocate Alice Nkom, ont aussi été arrêtées et incarcérées la semaine dernière.

Selon Alexandre Marcel, le président du Comité Idaho France, un couple a été assassiné il y a une quinzaine de jours à Yaoundé et un autre homme a été tué, lundi 22 février, à Douala : « Il n’y a aucune information qui circule. Aucun média local n’en parle. Nous savons ce qu’il se passe car nous sommes alertés par des réseaux associatifs et des militants LGBT qui nous font remonter ces affaires », explique-t-il au micro de France 24.

Une série d’assassinats

Selon ce média français, ce n’est pas la première fois que le Cameroun fait face à une série d’assassinats retentissants. En 2013 et 2014, Éric Lembembe, un militant homosexuel camerounais, et Roger Jean-Claude Mbédé, condamné en avril 2011 à trois ans de prison pour homosexualité, avaient été retrouvés morts à leur domicile.

« À l’heure actuelle, il y a un regain d’homophobie en Afrique et particulièrement au Cameroun », déplore Alexandre Marcel. A l’en croire, la crise sanitaire actuelle n’a d’ailleurs fait qu’exacerber les tensions.

« À cause de la pandémie de Covid-19, les homosexuels sont obligés d’être dans leur famille et ne peuvent plus avoir de vie privée. Les choses se savent plus facilement. »

L’avocate Alice Nkom, présidente de l’Association pour la défense des droits des homosexuels (Adefho) au Cameroun, travaille depuis plusieurs semaines sur le dossier de Shakiro et Patricia : deux femmes transsexuelles qui sont en détention provisoire à la prison de New Bell.


La loi pénalisant l’homosexualité

Interpellées le 8 février, elles sont aujourd’hui accusées d’homosexualité, d’outrage privé à la pudeur et de défaut de carte nationale d’identité. Pour leur avocate, il s’agit d’une violation des droits de l’Homme.

Alice Nkom dénonce la loi pénalisant l’homosexualité, qui n’a selon elle pas lieu d’être : « Elle est caduque. Elle ne devrait pas être appliquée car elle viole des lois qui lui sont supérieures.», pense-t-elle.

L’avocate met en avant la Constitution et la primauté donnée aux lois internationales qui luttent contre les discriminations. Le Cameroun n’est cependant pas un cas isolé. Si le Gabon a voté le 23 juin dernier une loi au Parlement dépénalisant les rapports entre personnes de même sexe, l’homosexualité reste encore punie dans de nombreux pays du continent africain. Dans certains, comme la Mauritanie, le Nigeria, la Somalie ou encore le Soudan, elle est même passible de la peine de mort.

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