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Opinions of Thursday, 31 January 2019

Journaliste: Boris Bertolt

Arrestation de Maurice Kamto: le palais d'Etoudi en pleine ébulition

Au delà des émotions et des instrumentalisations de l’affaire Maurice KAMTO, il faut avoir beaucoup de recul pour comprendre que quelque chose de plus compliqué se joue. Vous remarquerez que depuis que Biya Paul a prêté serment il n’a pas eu de repris. Le monde entier ne parle de lui que négativement et pour cause, comme le confie une source: “ c’est comme si autour du vieux tout est fait pour lui mettre les bâtons dans les roues”.

Tenez par exemple entre le 6 novembre jusqu’à ce jour: quelques jours après sa prestation de serment, la journaliste Mimi MEFO est arrêté. Tollé dans le monde. Biya est décrit comme un tyran qui a été mal élu. En décembre, la Coupe d’Afrique des Nations est retirée au Cameroun. Humiliation. Biya n’est plus seulement celui qui tué la liberté d’expression, mais est également un dictateur incompétent et faible. Puis janvier l’arrestation de Maurice KAMTO, le principal opposant qui conteste sa victoire.

Regardez bien, en 24h, tous les médias les plus puissants du monde et influents du monde ont parlé négativement du Cameroun et plus particulièrement de Biya. Mais ce qui est interressant c’est l’attaque de l’ambassade. Mais avant d’y arriver regardons posément les faits.

Le MRC décide d’organiser sa marche. Toutes les images, toutes les vidéos montrent que les manifestants étaient pacifiques. D’ailleurs aucun dégât n’a été enregistré à ce jour. Mais, des policiers décident de tirer à balles réelles. Qu’est-ce qui explique le fait que des policiers armés tirent délibérément sur des civils non agressifs et non armés? Ils sont allés jusqu’à tirer à l’hôpital. Il n’y a qu’une seule raison: ils ont reçu des instructions.

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Ces images ont révolté des millions de camerounais. À Paris, depuis des semaines une marche est programmée. L’ambassade du Cameroun est informé que la BAS va tenter de pénétrer dans l’ambassade. Le 22 janvier, une lettre est envoyée au ministère des affaires étrangères français pour réclamer des renforts policiers pour l’ambassade. Et après plus rien. Même pas un coup de fil pour s’assurer que les français vont effectivement agir.

Tout l’appareil sécuritaire camerounais est informé. Jusqu’à Ferdinand NGOH NGOH qui est le patron de la DGRE. Il ne se passe rien.Rien. Personne ne bouge.

Samedi 26 janvier dès 12h, les manifestants sont déjà à la porte de cliencourt à Paris. Ils manifestent. Sur Facebook les directs se multiplient. Ni à Yaoundé, ni à Paris. Les policiers à Paris n’ont pas pour instruction de protéger l’ambassade. Quand les manifestants entrent à l’ambassade. Il faut attendre 4h pour que la police intervienne pour évacuer. Ils sont arrivés et ont dû attendre plus d’une heure pour pouvoir agir parce que n’ayant aucune autorisation.

Gouverner c’est prévoir. A t’on l’habitude de dire. Comment tout un gouvernement sait que des manifestants vont pénétrer dans une ambassade et ne font rien pour l’empêcher. Peut-être parce que cela sert certains intérêts.

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Le lendemain, Maurice KAMTO qui a toujours prôné la non violence et qui n’a aucune connexion avec la BAS est arrêté pour des faits qui se sont passés à 6000 km. Il s’agit du 1er leader de l’opposition, membre de la commission du droit international des Nations Unies, avocat pour plusieurs États, ancien ministre d’Etat et professeur. C’est un bon client pour embarrasser Biya. Le vieux de près de 90 ans qui n’a plus la main mise sur les dossiers et est fatigué. Fait plus confiance à son épouse.

Mais plus, on attend une réaction violente de ses partisans qui peuvent aller jusqu’à la prise des armes. Avec une guerre de sécession, une lutte contre Boko Haram, l’instabilité delà frontière avec la Centrafrique, le déclenchement de troubles dans l’Ouest du Cameroun et le Littoral vont clairement montrer l’incapacité de Paul Biya à gouverner. Le déposer à ce moment-là fera l’objet d’un consensus national et international. Le plan aura marché à merveille et tout le monde aura été berné. MAIS LE ROI SERA TOMBÉ.

Maurice KAMTO avait déjà vu ce plan se refermer sur lui. Souvenez-vous le 22 octobre 2018, devant le conseil constitutionnel il affirmait: “ Ceux qui depuis longtemps clament arrogant et méprisant, qu'après BIYA ce sera BIYA, fourbissent des armes de guerre, dans un complot maccabre contre le peuple camerounais et la Nation camerounaise. Mais rien n' y fera de ma détermination à tenir mon engagement de fidélité aux côtés du peuple camerounais. Mon combat est un combat pour les plus petits, ceux là qu'on ne voit jamais, qui souffrent et se taisent, et qui doivent maintenant venir à la lumière "