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General News of Thursday, 31 January 2019

Source: Courrierinternational.com

Arrestation de Kamto et Cie: la répression du régime Biya décriée partout

L’opposant camerounais Maurice Kamto, qui revendique toujours sa victoire à la présidentielle face à Paul Biya, et d’autres opposants ont été arrêtés lundi 28 janvier. La presse burkinabée, reprise dans la Revue de presse Afrique de RFI, rappelle que cette répression “n’est pas une trouvaille camerounaise”.

“Depuis l’annonce des résultats de la présidentielle en octobre, Maurice Kamto [arrivé second avec 14,2 % des voix, contre 71,3 % pour le président Paul Biya, depuis trente-six ans au pouvoir] n’avait cessé de dénoncer un ‘hold-up électoral’ [en dénonçant des fraudes lors du scrutin]”, raconte Le Monde Afrique.

Samedi 26 janvier, 117 personnes avaient été arrêtées lors de marches organisées par le parti d’opposition de Maurice Kamto, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dans plusieurs villes du pays, dont Yaoundé, Douala et Bafoussam. L’ex-directeur de campagne de Maurice Kamto, Paul Éric Kingue, et le célèbre rappeur pro-Kamto Valsero font partie des personnes interpellées.

[En parallèle des manifestations au Cameroun samedi, des manifestants ont envahi le même jour l’ambassade du Cameroun à Paris, saccageant le bâtiment et brisant des portraits de Paul Biya.]


Indignation de l’opposition


“‘Le MRC a franchi la ligne rouge et a débordé le seuil de la tolérance’, avait déclaré, samedi soir, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji.”

Après l’arrestation lundi soir de Maurice Kamto et de plusieurs cadres du MRC, “l’opposition est vent debout, note Jeune Afrique. Le MRC ‘condamne fermement, ces interpellations politiques injustifiées et au demeurant annoncées, dont le but inavoué est de décapiter le MRC et sa coalition gagnante autour de Maurice Kamto’.”

“L’arrestation de l’opposant n’a pas manqué de faire réagir également au sein de la classe politique camerounaise, dont la plupart des acteurs ont marqué leur indignation, réclamant la ‘libération immédiate’ de toutes les personnes interpellées.”

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“Je veux que vous vous libériez”

“Pourquoi Maurice Kamto fait-il peur ?” s’interroge Agence Cameroun Presse. Le site y voit un règlement de compte politique, certes, mais aussi ethnique, Maurice Kamto étant bamiléké [une communauté importante et influente au Cameroun].

Et Agence Cameroun Presse de s’interroger : “Pourquoi faire payer la haine que certains nourrissent vis-à-vis de ce peuple à Maurice Kamto ? Au cours de son adresse au Conseil constitutionnel, à l’occasion du contentieux post-électoral, Maurice Kamto avait tenu à rappeler, fait encore remarquer le site camerounais, qu’il était victime de son appartenance à une tribu qu’il n’avait pas choisie.”

De son côté, le site Cameroon Voice publie ce qu’il appelle les “dernières instructions” de Maurice Kamto. Les voici :

Si dans cette bataille je laisse ma vie, si dans cette bataille je meurs […], je ne veux pas de gerbes de fleurs. Je veux que vous vous libériez.”
“Le régime répressif de Biya égal à lui-même”

Beaucoup de réactions aussi dans la presse régionale, notamment dans la presse burkinabée.

“Le régime de Biya, connu pour être répressif, reste toujours égal à lui-même, s’exclame Le Pays. En tout cas, autant le Gabon a eu son Jean Ping, la République démocratique du Congo (RDC) son Martin Fayulu, autant le Cameroun a désormais son Maurice Kamto [tous les trois sont des opposants défaits lors des dernières élections, mais qui jugent que la victoire leur a été volée par les présidents en exercice]”, relève encore le quotidien ouagalais.

Si fait que l’on en vient à se poser la question suivante : à quoi cela sert-il d’organiser des élections dans certains pays d’Afrique ?”
“Une règle en Afrique”

Wakat Séra renchérit : “l’embastillement ou l’exil forcé des opposants n’est pas une trouvaille camerounaise. C’est même la règle en Afrique et dans certains pays occidentaux dont les dirigeants sont frileux à de l’alternance démocratique.”
Pourvu, conclut le site burkinabé, que Paul Biya et les thuriféraires de son pouvoir reviennent à la raison en intégrant cette vérité qu’à trop laisser la marmite bouillonner, elle finit par exploser.”