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General News of Friday, 22 January 2021

Source: Actu Cameroun

Arnaque: les dirigeants de la scaap narguent le ministre des arts et de la culture

La Société civile des Arts audiovisuels et photographiques (Scaap) vit dans un cafouillage depuis 16 ans et dans la tourmente depuis plusieurs mois.

Les dirigeants de cette société l’ont prise en otage. Ceux-ci, en 16 ans, n’ont jamais présenté le moindre bilan certifié, conformément aux statuts. Pas de traçabilité des redevances perçues, ce qui occasionne des détournements financiers, privant les auteurs de leurs droits ; pas de contrats de travail formels pour les employés qui ne sont pas déclarés à la Cnps et qui cumulent des arriérés exorbitants, pas de fiches de paie.

En mai 2020, lors d’un conseil d’administration, c’est la déchirure entre les 32 membres qui se scindent en deux groupes. Des résolutions prises en aparté par quelques administrateurs suspendent le Pca et le Dg. Une crise s’installe et la Scaap se retrouve avec deux conseils d’administration et donc deux pôles de gestion. L’un piloté par le Pca sieur Chiemai Samuel Chop, l’autre piloté par le 1er vice-président, sieur Ousmanou et dénommé Comité -provisoire de Gestion. Sur le terrain, c’est une bagarre entre les deux camps pour la perception des redevances dont la destination est inconnue.

A l’origine, une énième disparition des fonds dont les gestionnaires principaux (Pca et Dg) ne donnent aucune justification. Il ressort d’un communiqué radio signé par le président de la Commission de Contrôle des Organismes de Gestion collective (Ccogc) que la Scaap n’a pas reversé la somme de 51.161.897 Fcfa de redevances perçue.

Le 18 juin 2020, le président de la Ccogc informe les membres du conseil d’administration qu’après examen, «il en ressort que lesdite^ résolutions signées par seize (16) administrateur de la Scaap ont été annulées à l’unanimité des membres de la Ccogc, au regard des multiples irrégularités qu’elles comportent» et leur recommande de «réhabiliter sans autre forme de procédure le Pca et le directeur général dans leurs fonctions respectives». Le sieur Ousmanou balaie cette recommandation d’un revers de la main.

Entre-temps, le Pca porte plainte et le Président du Tpi de Yaoundé se déclare incompétent. Sieur Ousmanou,considérant l’ordonnance du président du Tpi, jubileet en informe le ministre des Arts et de la Culture (Minac). Narcisse Mouelle Kombi met fin à son euphorie en précisant que «l’ordonnance de référé n° 443/RG/CIV/2020 du 08 juillet 2020 par laquelle le président du Tribunal de Première instance de Yaoundé, centre administratif, se déclare incompétent jointe à vos correspondances de référence, ne prive pas Sieur Chiemai Samuel Chop de sa qualité de Président du Conseil d’administration de la Scaap. Elle ne vous confère non plus des droits pour assurer la gestion de la Scaap». Sieur Ousmanou ignore cette précision du Minac et se conforte dans ses positions, accentuant les perceptions illégales des redevances sur lé terrain.

Le Minac va de nouveau monter au créneau et demander aux membres du Conseil d’administration «de bien vouloir organiser sous la supervision effective de la Ccogc, une session extraordinaire du Conseil d’administration de la Scaap consacrée à l’examen de la gestion financière de cette société, et à l’examen des deux (02) résolutions querellées du Conseil d’administration du 09 mai 2020, dans un délai de trois mois».

Cette fois, c’est le PCA et le DG qui se braquent. Cinrj mois plus tard, à l’issue d’une réunion de réconciliation organisée entre les deux camps par la Ccogc, un Conseil d’administration est convoqué le 22 décembre 2020. A la grande surprise, on le suppose, du ministère des Arts et de la Culture et de la Ccogc, il n’est fait aucun cas lors de ce Conseil d’un examen de la gestion financière de cette lélé. encore moins de l’examen des deux i ésolutions querellées du Conseil d’administration du 09 mai 2020. Seul point a l’ordre du jour : l’organisation d’une assemblée générale dont la date est fixée au 30 janvier 2021.

A la sortie de ce conseil d’administration, les administrateurs de la Scaap sont encore plus que divisés. Ils se regardent en chiens de faïence. La Scaap a toujours deux sièges. Le comité provisoire de gestion est encore plus actif et tend même à prendre le dessus sur le camp dit légal dont le Pca et le Dg manquent considérablement de charisme.

Il faut dire que pour les dirigeants de la Scaap, le Ministère des Arts et de la Culture et la CCOGC n’existent pas. Ils n’en font qu’à leur tête, méprisent les institutions de tutelle et de contrôle, et prennent la Scaap pour leur business privé. Selon nos sources, depuis que ces dirigeants sont à la tête de la Scaap, le gros des redevances n’est pas reversé à qui de droit. Et les auteurs dans tout ça ? Si le membre du gouvernement ne peut pas remettre de l’ordre dans cette société, qui le fera ? Les auteurs devraient-ils eux-mêmes prendre leur destin en main.

La solution pour un avenir plus reluisant de la Scaap serait certainement la réinitialisation de ses instances de décision,-car cette société a besoin de renouveau. Les acteurs dans leur immense majorité reclament l’intervention du Minac comme il à fait avec la Sonacam.

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