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General News of Tuesday, 22 December 2020

Source: Cameroon Info

Après sa condamnation en appel, Christophe Bobiokono désavoue la justice

Le 18 décembre 2020, la Cour d’Appel du Centre a condamné Christophe Bobiokono, directeur de publication du journal Kalara et sa collaboratrice Irène Mbezele à deux ans de prison avec sursis et au versement des amendes respectives de 3,9 millions de FCFA et 1,5 million de FCFA, dans le cadre du procès qui les oppose à Maître Faustine Fotso, avocate et ancienne députée du RDPC, le parti au pouvoir. Dans l’entretien qu’il a accordé à Cameroon-Info.Net, le journaliste, membre du Conseil National de la Communication réagit à ce verdict et annonce la saisine de la Cour Suprême.
Question: Comment réagissez-vous à la sentence rendue vendredi dernier en appel dans l'affaire qui vous oppose à Mme Fotso Faustine ?

Christophe Bobiokono: Je plains la Justice de mon pays. Parce que ce que nous avons vécu devant la Cour d'Appel du Centre, tout comme ce qui avait déjà été notre sort devant le TPI de Yaoundé-centre administratif, relève du surréalisme. Nous avons été jugé pendant 10 heures d'affilée par la Cour d'Appel après avoir connu une audience record de 20 heures de débats continus devant le TPI, mais, à chaque fois, nous sommes déchus de nos arguments contre le vœu même de la plaignante. Elle avait souhaité, par écrit, un procès transparent, selon les règles du droit commun. Mais les juges, qui se croient plus royalistes que le roi, nous ont appliqués d'autorité les restrictions de la loi sur la communication sociale...

Notre adversaire est contredite sur toute la ligne par ses propres témoins, ses employés en plus. Elle n'a jamais été en mesure de contredire nos articles. Elle a même produit des documents qui montrent notre professionnalisme, dont un PV de constat d'huissier...

Nous n'avons jamais parlé d'elle dans son rôle de député. Jamais. Mais nous sommes condamnés alors que nous n'avions même pas à nous battre pour être innocentés.

Plus grave, la Cour d'Appel trouve le moyen d'aggraver notre condamnation alors que le ministère public n'avait pas interjeté appel et que l'appel de notre adversaire a été déclaré irrecevable. C'est vraiment surréaliste. Mais c'est la justice de notre pays.

Question: Un mandat d'arrêt a été émis à votre encontre. Il sera exécuté en cas de non paiement de l'amende. Cette perspective vous fait-elle peur ?

Christophe Bobiokono: La Cour a décerné un mandat d'incarcération d'une durée de 24 mois si nous ne payons pas les peines pécuniaires prononcées à notre encore. C'était déjà le cas devant le TPI... Nous commençons à nous y habituer.

L'avantage de tout cela, c'est que l'adversité à l'égard de Kalara est perceptible par tous. On veut museler le journal par tous les moyens... Les condamnations pécuniaires très élevées, puisqu'il faut savoir que notre adversaire s'est vu attribuer des dommages et intérêts pour 10 millions de francs. Il y a le spectre de la prison... Mais nous ne cédons pas à la phobie.

Question: Allez-vous saisir la Cour Suprême ?

Christophe Bobiokono: Nos avocats ont fait une déclaration de pourvoi ce matin (21 décembre 2020, NDLR). Donc, nous allons continuer le combat.

Question: Pensez-vous être victime de persécution ?

Vous êtes journaliste. C'est à vous d'analyser ce qui se passe. Si vous pensez qu'on nous offre des cadeaux, dites-le. Dans le cas contraire, faites-le aussi savoir. C’est votre rôle.

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