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General News of Wednesday, 18 November 2020

Source: lebledparle.com

Appel à l’amnistie au NOSO: François Marc Modzom recadre le Cardinal Tumi

Au microphone de RFI le 15 novembre 2020, Mgr Christian Tumi a voulu prêter les idées au président Paul Biya, celles de « déclarer l’amnistie pour qu’il y ait la paix et que les enfants aillent à l’école » dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Depuis lors, la proposition du prélat est appréciée selon l’entendement de chacun. Pour le journaliste François Marc Modzom en tous cas, ce n’est pas au chef des forces armées de se retirer en premier, mais c’est à l’ennemi d’agir ainsi. Il le soutient dans la rubrique Micro-Majeur-On n’est pas dupes, diffusée au poste national de la CRTV ce mardi 17 novembre 2020 et dont Lebledparle.com vous suggère la quasi-totalité du texte.


…Le vénérable prélat semble attribuer au chef de l’Etat et à lui seul, de ramener la paix lors de la concorde dans cette zone du pays. A vrai dire, l’on aurait tous aimé que les choses fussent aussi simples. Mais créditer une telle posture revient aussi ipso facto, à désigner l’agresseur et l’agressé. A priori, c’est l’agresseur qui a la capacité de cesser le tir en premier, permettant ainsi à l’agressé de se mettre à l’abri. Position difficile à soutenir au vu de ce qui se passe sur le terrain. Des personnes ont pris un jour les armes de manière unilatérale et ont déclaré la guerre aux institutions républicaines. Pour se faire prendre aux sérieux, elles ont rasé des villages, profané les symboles de l’Etat, égorgé policiers et gendarmes, violé des femmes et tout récemment encore, massacré des enfants dans une école. Aucune des initiatives prises par les pouvoirs publics dans le sens d’apaiser la tension n’a trouvé un écho favorable auprès des mesures de la crise. Le Grand dialogue national a été convoqué pour tenter une énième fois, de rapprocher les parties en conflit. Mais apparemment, rien n’y a fait. D’où sans doute, ces nouveaux appels au dialogue signifiant en toute logique que le Grand dialogue convoqué n’en était pas un. La question reste donc celle de savoir aujourd’hui, quels anges descendront du ciel pour prendre part à cet autre dialogue, certifié par on ne sait par qui ? Mais se rend-t-on seulement compte de l’insulte faite à toute cette communauté nationale partie des dix régions du pays et même de la diaspora pour prendre part à cet échange au Palais des Congrès de Yaoundé ? Les hauts dignitaires de l’Etat, les notabilités traditionnelles, les leaders de l’opposition, les opérateurs économiques, la société civile, tout ce que le Cameroun compte comme fils et filles valeureux étaient mobilisés pour répondre à l’appel du président Paul Biya au grand soulagement de la communauté internationale qui caressait ainsi l’espoir de voir le pays sortir enfin de ce long tunnel. Il faudrait aujourd’hui balayer tout cela du revers de la main pour accorder la priorité à des égorgeurs sans aucune mesure ? Mais peut-être notre interrogation est-elle un peu trop alarmiste auquel cas il fraudait qu’on nous indique l’adresse de ces princes du nouveau dialogue, dépossédés de leurs cagoules, de leurs kalachnikovs, de leurs bombes artisanales et enfin débattre du présent et de l’avenir du Cameroun. Le pays travers une mauvaise passe avec cette guerre asymétrique en régions anglophones. Il ne ménagera à l’évidence, aucun effort pour en sortir dans les meilleures conditions possibles. Seulement, dans la recherche d’un retour à la normale, l’on devrait distinguer clairement, ce qui est de l’ordre des causes et ce qui est de l’ordre des conséquences. Un dialogue n’est possible qu’entre personnes de bonne volonté et dépourvues d’arrière-pensées malveillantes. Autrement, ce n’est pas de dialogue qu’il s’agit, mais jeu de dupe animé par des pompiers pyromanes.

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