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General News of Friday, 18 December 2020

Source: 237actu.com

Annoncé aux arrêts au Ghana, Dr Christopher Fomunyoh sort du silence et déballe tout [INTERVIEW]

Le Directeur exécutif pour l'Afrique du National Democratic Institute réaffirme sa neutralité vis-à-vis des deux candidats à la présidentielle au Ghana et tire des leçons du scrutin pour d'autres pays africains.

Comment s'est passé votre séjour qui vient de s'achever au Ghana ?


Effectivement je suis revenu du Ghana dimanche après un séjour de deux semaines pendant quelle période j’ai pu observer les scrutins présidentiels et législatifs de ce pays phare de l’Afrique de l'Ouest. Contrairement aux grandes missions habituelles, le NDI n’a pas déployé d'observateurs pour éviter de mobiliser les gens en cette période de la pandémie du COVID 19. Ma présence s’expliquait donc par un appui technique aux observateurs nationaux de la société civile, dont certains sont des partenaires de longue date. Ce fut un grand succès dans l’ensemble et je reviens de là avec beaucoup d'enseignements sur comment d'autres pays africains peuvent s’inspirer du cas ghanéen.

Donc sous votre casquette du National Democratic Institut (NDI) qu'avez-vous vu et qu’avez-vous formulé comme principales recommandations ?


Pour l’instant le processus est encore à l'étape de la finalisation puisque, en dépit de l’annonce des résultats officiels par la Commission Électorale, l’opposition est en train de scruter à nouveau ses chiffres qui semblent ne pas s’accorder avec ceux de la commission, surtout que le scrutin était vraiment serré. Notons également que pour le scrutin présidentiel, le candidat de l’opposition n’a pas encore reconnu la victoire du gagnant annoncé, et de même pour les législatives, les deux partis sont à deux ou trois sièges de différence par rapport à la majorité au parlement.


L'opposant et ancien président John Mahama conteste les résultats des deux scrutins et revendique la victoire. Est-il mauvais perdant ? Ou s'agit-il, comme il semble l'indiquer, d'une nouvelle entorse à la transparence des élections en Afrique ?


Justement avant de quitter le Ghana, j'ai eu l'opportunité d'échanger avec les deux candidats dont le président en exercice Nana Akufo-Addo et l’ancien président John Dramani Mahama. Ils sont tous les deux des vrais ‘gentlemen’, des démocrates convaincus qui respectent les règles du jeu démocratique et aspirent à gouverner dans la paix. Ils se connaissent aussi pour s'être affrontés aux urnes à trois reprises déjà. Je n’ai donc pas de préoccupation particulière quant à l'acceptation éventuelle des résultats par tous lorsqu’ils se seraient satisfaits que cela représente effectivement le vote des électeurs ghanéens obtenus le jour du scrutin. N’oublions pas aussi qu'à deux reprises, par le passé, le scrutin présidentiel s’est terminé par des procès devant la Cour Suprême. Donc je conseille à tous d'être patient, sachant que le Ghana finira par les rendre fiers d’avoir participé dans un scrutin libre, transparent et inclusif.

Beaucoup d'aspects des élections peuvent servir de source d’inspiration à certains de nos pays, par exemple les efforts de communication et de concertation permanente de la Commission Électorale avec les acteurs politiques et l’ensemble du grand public, le comptage parallèle effectués par les organisations de la société civile pour sécuriser les résultats, et la couverture médiatique multiforme et très libre qui a beaucoup contribué à la transparence et la participation massive des électeurs.

Il y a chez certains acteurs de ces scrutins comme un vent de suspicion à propos des missions internationales d'observations de ces élections. Qu'en est-il de votre mission ou vous-même ?


Jusqu'à l'heure actuelle, je n'ai pas entendu de critiques par rapport au travail des observateurs, car c’est plutôt la Commission Électorale qui est prise à partie par l'opposition. Avant de partir, et dans les rencontres suscitées avec les deux personnalités et leurs collaborateurs directs, nous avons évoqué des mesures éventuelles qui devraient être prises pour renforcer la démocratie et la bonne gouvernance et pour faciliter la collaboration, voire même la cohabitation entre les deux forces politiques, compte tenu de la nature hybride du système politique ghanéen qui est à la fois semi présidentiel et semi parlementaire. Je compte y retourner une fois le nouveau parlement installé.

Je suis donc rentré sur Washington DC dimanche avec un sentiment de satisfaction et de fierté, et c’est par surprise que je tombe mardi matin sur cet élément de ‘fake’ news donc se plaisent certains, alors que cela ne se rapproche en rien de la vérité.

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