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Politique of Saturday, 30 May 2020

Source: 24cameroun.com

Alternance au Cameroun: la communication comme arme fatale contre Biya

La question était au centre des travaux du séminaire-atelier sur le plan de communication du Mouvement réformateur (Mr) qui s’est déroutée le 23 mai dernier à Yaoundé.

Après une période sabbatique marquée par l’observation, la réflexion et la concertation interne autour de la scène politique camerounaise, le Mouvement réformateur dont le bureau politique du 02 mai 2020 a décidé de la remobilisation des instances du parti, se remet en selle. Et pour inaugurer cette reprise des activités, quoi de mieux que se focaliser sur l’alternance, un sujet que beaucoup considèrent comme tabou dans le contexte’camerounais ?

Sans doute à cause de la longévité d’un régime qui est aux affaires depuis une trentaine d’années sans résultat probant. C’estdonc fort de ce constat que le séminaire de samedi dernier avait tout son sens.Articulé autour de deux axes-majeurs, les travaux avaient pour but d’une part, d’apporter au secrétariat général du Mr, la matière pour une réorganisation efficiente de la cellule de communication du parti et d’autre part, de « donner aux communicants du parti les canaux et principes de la communication du mouvement réformateur dans un contexte national ou la communication politique tourne à la confrontation violente et à la conflictualisation sans aucune emprise sur la marche ».

L’image devenue virale d’un sous-préfet menaçant le chef de village tremblant de peur et hésitant de Minkan dans la région du Sud, la récente sortie polémique du ministère de la Communication en direction d’un média international ou encore la levée de bouclier des officiels après les-premières informations sur le massacre de Ngarbuh, croit savoir Samuel Billong, « renseignent à suffisance sur quelques traits de la communication officielle caractérisée principalement par le manque de transparence, le refus de la contradiction sur le fond de l’instrumentalisation des communautés et de la vassalisation des citoyens ». Pour le président de cette formation politique dont la devise repose sur trois valeurs : « unité-liberté-modernité », la communication est embrigadée par une propagande quasi permanente et la manipulation sans aucune dimension de responsabilité citoyenne ou républicaine.

A preuve, regrette-t-il, « des organisations et certains citoyens sont constamment dans l’affront, l’invective, voire l’appel à la révolution face aux institutions. Tout y passe, sans aucune retenue, il n’y a plus de place pour le respect, y compris te respect de la vie intime, voire, de la vie tout simplement. Tout ce passe comme si, les seules réponses possibles à l’absence de transparence et au refus de la contradiction sont la terreur, l’irrévérence et l’inélégance ».

Construire une alternative crédible au régime en place

C’est qu’au Mouvement réformateur, on est convaincu qu’il n’y a pas encore sur la scène politique nationale, une alternative crédible au régime en place qui continue de dominer la scène politique avec 152 députés sur 180 à l’Assemblée nationale et 316 maires sur 360 communes du pays. Mais aussi parce que, « il ne peut pas avoir de démocratie véritable si les citoyens sont en permanence dressés le uns face aux autres », soutient Samuel Billong qui fait remarquer dans la foulée, que face à l’échec des gouvernements successifs du Renouveau, l’immense majorité des populations des villages et des villes aspirent à autre chose. Un autre discours, un autre mode de gouvernance, une autre façon de conduire le pays vers la prospérité.

« Les fraudes électorales du parti au pouvoir et l’incapacité des acteurs politiques de l’opposition à œuvrer véritablement pour le changement tant souhaité par les populations, contribuent conjointement à maintenir celle-ci sous l’emprise du régime gouvernant.La mission principale pour les prochains mois telle que définie lors de la dernière session de notre bureau politique est la finalisation de l’implantation de notre parti dans les 58 départements du pays et dans la diaspora », annonce-t-il.

Conscient qu’il est illusoire de vouloir concurrencer le parti au pouvoir avec un faible ancrage territorial, le Mr estime que sa communication doit amener les citoyens au-delà des membres du parti à « nous accompagner dans cette volonté de construire une alternative crédible au régime en place ». Un grand défi dans la mesure où le Mr a dès sa création, fait le choix d’être « le parti de tous les camerounais » aux antipodes de certains qui se complaisent dans le régionalisme ou le communautarisme. Le vin est donc tiré; il faut le boire !

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