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General News of Thursday, 20 December 2018

Source: Essigan N°147

Alerte rouge: des grèves en préparation dans toutes les prisons

Des personnels de l'administration pénitentiaire déplorent la mauvaise gestion des carrières, notamment des reclassements et avancements.

Au cours de la récente session parlementaire, députés et sénateurs envisageaient d’interpeller le ministre d’Etat en charge de la Justice, Laurent Esso et son secrétaire d’Etat, Jérôme Doh Penbaga sur une situation explosive de gel des avancements qui fait planer le spectre d'une grève dans les prisons camerounaises. Les agents de l’Etat et fonctionnaires concernés sont entre autres, conseillers de jeunesse et d'animation, journalistes, ingénieurs des travaux en informatique, infirmiers diplômés d’État, techniciens d'agriculture, maîtres principaux d'éducation physique et sportive, assistants adjoints des affaires sociales, techniciens de développement communautaire, techniciens en élevage, agents techniques d'agriculture, agents techniques médico-sanitaire et aides-soignants. Tous titulaires de diplômes obtenus en cours de carrière avec autorisation de concourir dûment signée les prédécesseurs de l’actuel ministre d’Etat de la Justice, ils attendent désespérément la signature de leurs actes de reclassement et d'avancement.

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Gardiens, gardiens chefs et intendants de prison, ils s’estiment «pris au piège de l'inertie qui a cours au ministère de la Justice». Pour certains, qui ont épuisé à leurs dires toutes les démarches depuis que la direction de l’administration pénitentiaire a rendu publique la décision en 2014 pour une partie d’entre eux, le calvaire dure depuis 18 ans. Elle l'est un peu moins pour d'autres qui totalisent entre neuf et 15 années d'attente. Qualifiée d’invivable, les concernés sont pour nombre d’entre eux, au bord de la retraite. Ils risquent de ce fait, faire valoir leurs droits à la retraite sans bénéficier des avantages attachés aux diplômes obtenus en cours de carrière comme il est d’usage.

Paralysie des établissements

Approchées les administrations en charge de ce dossier au minière de la Justice renseignent que les documents y afférents seraient classés au secrétariat d’État auprès du ministre de la Justice en charge de l'administration pénitentiaire. «Ce, en dépit de nombreuses requêtes formulées par les victimes à l'adresse de la hiérarchie. Ces fonctionnaires qui ne parviennent pas à faire bouger les lignes aux fins de bénéficier de leurs avancements légaux et autres reclassements auxquels ils aspirent, n'entendent pas rester les bras croisés». Ils menacent en effet, d’entrer en grève. Ils envisagent sérieusement de «paralyser les établissements pénitenciers du pays au cours du mois de janvier 2019 si rien n’est fait». La représentation nationale ne compte pas rester en marge. Députés et sénateurs sont décidés d’en parler au ministre d’Etat en charge de la Justice, Laurent Esso et au secrétaire d’État chargé de l'administration pénitentiaire, Jérôme Doh Penbaga.

La gestion de ces dossiers pose une fois de plus la question du management des carrières dans le secteur public au Cameroun. D’ail- leurs, dans un décret présidentiel rendu public le 11 décembre 2018, le président Biya a révoqué Doudou Marthe épouse Souksouna, magistrate de 2e grade du corps de la magistrature. La révocation est suivie d’une «surpression des droits à pension». Cette juge avait abandonné son poste et continuait de percevoir son salaire. On signale sur la même lancée, 44 000 fonctionnaires fictifs recensés au Cameroun sur un total de 310.786 agents de l’Etat déclarés lors de la dernière opération de comptage physique des personnels de l’État (Coppe), lancée en avril 2018 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze.

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Cette opération a permis à l’Etat de supprimer de ses effectifs, 645 personnes décédées dont les salaires et pensions continuaient d’être payés. Plusieurs opérations d’assainissement du fichier de l’Etat ont été réalisées au Cameroun. Le trésor public camerounais aura perdu environ 1920 milliards Fcfa en 20 ans sur les fonctionnaires fictifs par le biais des ré- seaux tapis dans les ministères des Finances et de la Fonction publique. En 2009, le ministère des Finances révélait que 3000 faux agents avaient été découverts dans le fichier solde de l’Etat. D’où l’exigence d’une gestion rigoureuse et transparente des ca rières des personnels de l’Etat.