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General News of Wednesday, 9 December 2020

Source: Actu Cameroun

Affaire journal Kalara : deux journalistes jugés aux forceps sans défense

Christophe Bobiokono et Irène Mbezele qui ont sollicité en vain un report, ont été jugés durant toute une journée à la Cour d’appel du Centre vendredi dernier.

Christophe Bobiokono, le directeur de publication de Kalara, n’a pas eu le temps de dire son dernier mot au terme de l’audience de ce 4 décembre 2020, que le président Emgbang Ondoa qui le lui a accordé, a mis un terme à l’audience. Fin d’audience dans un cafouillage, après 11 h de débats pour lé moins houleux, qui laisse apparaître des signaux rouges pour te patron de Kalara et sa collaboratrice Irène Mbezele, poursuivis en appel devant la Cour d’appel du Centre par l’ex député Me Fostine Fotso Kamdem, pour «diffamation» et «outrage à corps constitués».

De 8h45 à 18h20, la salle d’audience n’a connu que cette affaire. La Cour ayant refusé la demande de renvoi formulée par les journalistes, qui n’étaient pas assistés par leurs conseils, en raison de la grève qu’observe le barreau, du Cameroun. Et même des éléments de preuve que les prévenus disaient attendre de leurs avocats pour mieux assurer leur défense, ne plaideront pas en leur faveur.

Pas même lorsqu’après 6h de débat, Christophe Bobiokono évoquera sa fatigue et solliciter à nouveau un renvoi «pour pouvoir être dans un état physique et mental pour mieux préparer ma défense. Je n’ai rien mangé depuis le matin», se plaignait-il. Niet, lui oppose la Cour. Piétinant l’article 10 de la déclaration universelle des droits de l’homme, qui dispose que «toute personne a droit, en.toute égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien fondé de toute accusation en matière pénale». Faux, rétorque Me Fotso: «Nous sommes en matière correctionnelle et non criminelle, et l’affaire est en appel. Donc ils pouvaient se défendre seuls. C’est la partie civile qui a intérêt à demander un renvoi», justifie-t-elle.

Les deux parties se battront donc au sujet des articles parus dans les éditions du 23 et du 30 octobre 2018, avec pour titres «les magistrats aux ordres de Me Fostine Fotso» et «Me Fostine Fotso tente de corrompre le Dp de Kalara». Tout est parti d’un enregistrement audio dans lequel une voix identifiée comme étant celle de l’ex députée des Hauts-plateaux, livre des supposées influences de l’avocate sur les décisions de justice, notamment l’affaire de succession qui opposait l’ex ministre Ama Tutu Muna à son frère aîné Akere Muna.

Les deux parties interprètent différemment une transaction financière entre l’avocate et les journalistes venus recouper les informations au sujet de l’audio. Les dires des journalistes confirmés par un témoin de l’accusation font état de ce que l’avocate a enfoui sans son avis, deux billets de 10 000F dans la poche de Bobiokono. Lequel rejettera l’argent au sol. Après un entretien qui h vu l’avocate fermer à clé la’porte de son bureau pour empocher la clé.

«Nous fermons généralement les portes lorsque nous sommes au bureau», déclare le témoin interrogé par la partie adverse. «Nous avons été séquestrés ‘car j’ai menacé de partir, Mme Fotso a fermé la porte et a gardé la clé», insiste Bobiokono. On apprend qu’un autre collaborateur de l’honorable Fotso calmera là situation et l’argent sera remis à Irène Mbezele : «c’était pour le bébé», selon le témoin.

Le descriptif de remise de l’argent ne concorde pas fidèlement avec celui rapporté par le plumitif de l’affaire en instance. Bobiokono croit à une victoire. « Nous n’étions plus obligés de faire parler des témoins déjà passés en instance », lui rappela le président Emgbang.

Rendez-vous le 18 décembre 2020

Mais le parquet saisira la balle au bond pour cuisiner les prévenus sur l’article «la justice aùx ordres de Me Fostine Fotso». Irène Mbezele renvoie la balle à l’adversaire qui «a reconnu sa voix dans l’audio… ». Toujours est-il que « ce que Mme Fotso a déclaré, s’est avéré être ‘ la décision du tribunal», souligne Bobiokono. Sans défense, Christophe Bobiokono invitera plusieurs . fois le président à relever ses déclarations.

« Même si c’est insensé, je préfère que vous écriviez car cela doit être mentionné dans le rendu de la décision». Rendez-vous le 18 décembre 2020 pour le délibéré. Le parquet les a déjà déclarés coupables après avoir estimé « les preuves suffisantes pour que les’prévenus présentent leur défense ».

En instance, la partie civile avait eu gain de cause. Les journalistes avaient été condamnés à deux ans de prison avec sursis de trois ans. Comme amendes, Christophe Bobiokono était condamné à payer deux millions de francs, et sa collaboratrice un million de franc. En plus des deux millions de francs que le journal devait payer, les deux reporters devaient solidairement payer la somme de dix millions de francs de dommages et intérêts.

Mandat d’incarcération a été signé au cas où les condamnés ne paieraient pas ladite somme, mais ils repartiront libres. Avant d’être happés par la police judiciaire le 1er avril 2020. Ils n’avaient retrouvé leur liberté qu’après avoir payé les trois millions d’amendes. Mais les deux parties avaient fait appel. La partie civile essentiellement sur les intérêts civils, à savoir les dommages et intérêts. Il faudra attendre le 18 décembre prochain pour savoir ce que la Cour réserve à ces journalistes.’

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