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General News of Monday, 17 August 2020

Source: Actu Cameroun

Affaire de la Vallée du Ntem: vers la faillite de l'empire d'Emmanuel Néossi

Le milliardaire camerounais originaire de la région de l’Ouest Cameroun fait face à une opposition farouche des populations autochtones du département de la Vallée du Ntem. La réalité n’est pas en faveur du promoteur de Neo Industry.
« Je voudrais dire, s’agissant du dossier de Neo Industry, qui a fait l’objet dans les réseaux sociaux et même au niveau de notre hiérarchie, de beaucoup de plaintes, on a parlé de « braderie », de « vente », « bamiléké ». Neo Industry, jusqu’à date, est bénéficiaire d’un contrat provisoire. C’est écrit. Un contrat provisoire qui devra faire l’objet d’un décret plus tard. Jusqu’à date, il y a des paramètres qui ne sont pas encore réunis. Je vous ai parlé des études d’impact environnemental qui devrait l’emmener à devenir tout petit devant les populations dont il veut prendre le terrain pour exploitation », informe Hubert Kibong, délégué départemental du Cadastre dans la Vallée du Ntem.

Par la suite, ce fonctionnaire estime que l’homme d’affaires doit faire une grande concertation avec la population locale. « Ils doivent échanger dans un langage franc. J’ai parlé de la dot. Et à ce jeu, le rôle de nos patrons c’est veiller à ce qu’il y ait point de désordre ou trouble à l’ordre public. C’est une histoire où l’administration n’intervient pas. Ils échangent entre eux. Ils diront ce qu’ils veulent faire et ce qu’ils ont prévu pour vous », poursuit Hubert Kibong.

Emmanuel Edou

Il précise alors les contours de cet échange entre le patron de Neo Industry et la population de la Vallée du Ntem. « Vous êtes en droit de leur dire, « mes amis, c’est vrai peut-être que vous êtes pour un projet d’Etat, mais nous avons nos plantations. Vous dites que vous faites dans la cacao culture. Nous-mêmes nous sommes des cacao-culteurs. Quelle est la plus-value que vous apportez ? Il s’agira pour eux, d’être hommes, d’être convaincants. Vous serez en droit de marquer votre résistance. »

Dans cette affaire qui enflamme les débats se trouve une mauvaise foi. Les riverains estiment que l’homme d’affaires a construit une usine de transformation du cacao à Kekem et veut développer des champs au Sud. « L’Etat est propriétaire des terres. L’Etat est propriétaire des populations. Tout ce qui a été si bien développé par le délégué départemental s’est passé à notre insu. Et dès lors, nous considérons que nous avons été des laissés pour compte. Personne ne peut être content de cela. L’Etat ne peut pas prendre les terrains, les immatriculer à son nom, sans rien dire aux populations qui ne sont plus propriétaires de ces terrains, et il les distribue à ceux qui vont travailler sur ces terres. Cela à l’air d’être une duperie », relève Emmanuel Edou, porte-parole des élites, ancien délégué général à la Sûreté nationale.

PAC

Il poursuit « que l’Etat vienne immatriculer les terrains en discute avec les populations en leur expliquant les plus-values qu’elles auront à ce qu’il est des réserves foncières. L’Etat explique aux populations que les réserves ainsi faites, elles gagnent à ce qu’on donne à PAC, à NEO Industry, je ne sais plus à qui d’autre. Mais cela n’a pas été apprécié. Finalement, nous avons – je vous traduis ce que les populations de la Vallée du Ntem pensent- nous avons l’impression que c’est une opération de dupes (…) Tout le problème est là, c’est que les populations ont été écartées. C’est pour ça que nous nous plaignons. »

Par ailleurs, aucune chefferie sur les 250 que compte ce département ne reconnait avoir entendu parler du projet. « On a soumis ce dossier à l’appréciation du Premier ministre qui signe le décret le 30 aout 2016. De 2012 à 2016, ça fait 4 ans. Caducité ! Parce que la loi donne un délai de deux ans et on peut encore renouveler sur une seule année. Donc le décret du Premier ministre est fondé sur un arrêté manifestement caduc. C’est-à-dire que l’arrêté était déjà mort », conclut Me Engo membre du collectif des avocats des riverains de la Vallée du Ntem.

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