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General News of Friday, 7 August 2020

Source: Actu Cameroun

Affaire Sismondi Barlev Bidjocka : l’éclairage du SG du Mincom qui met en doute l'intégrité du journaliste

Depuis le 03 août dernier, une rocambolesque affaire de séquestration d’un journaliste par le Ministre de la Communication,fait le buzz sur la toile. L’accusateur n’est autre que Sismondi Barlev Bidjocka, un journaliste exerçant dans une radio émettant depuis Yaoundé, la capitale politique.

Le journaliste accuse le Ministre de la Communication d’avoir perçu dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, la rondelette somme de 8 milliards de FCFA. Ce qui, toutes proportions gardées, est énorme.

Cette information vient d’être démentie par le Dr Félix Zogo, secrétaire général du Ministère des la Communication qui atteste cependant que le Ministère de la Communication n’a jusqu’ici perçu que 100 millions de FCFA dans le cadre de cette lutte contre la propagation du mortel virus. Ce dernier affirme que cette enveloppe avait été débloquée le 27 mars 2020, par le Ministère des Finances au profit du Mincom, soit, toujours selon lui ; le tiers de la demande exprimée.

L’on se souvient que le Fonds Monétaire International (FMI) avait mis à la disposition du Cameroun une enveloppe de 126 milliards de FCFA. C’est probablement la gestion opaque de cette enveloppe qui est aujourd’hui ‘à l’origine de toutes les supputations. Mais ce qui est certain, c’est que les 100 millions virés par le Ministère des Finances, selon le Secrétaire général Dr Félix Zogo, proviennent de cette enveloppe : «… au titre de la Facilité de crédit rapide (Fer), pour accompagner les autorités camerounaises dans leur réponse aux besoins urgents de financement- de la balance de paiements du Cameroun, dus à la pandémie de Covid-19 et aux chocs subséquents sur les termes de l’échange provoqués par la chute brutale des cours du pétrole à l’échelle mondiale», souligne le signataire de cet éclairage.

Il fait savoir que c’est la seule enveloppe reçue par ce département ministériel qui attend un décaissement de 420 millions de FCFA, représentant la quote-part qui lui a été allouée de répartition de la dotation du Fonds spécial de solidarité nationale pour lutter contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales. Et bien, évidemment, cela ferait 520 millions de FCFA, ce qui est loin du milliard et encore moins des 8 milliards annoncés. Le secrétaire général du Mincom continue : «Le Ministère de la Communication n’a jamais reçu aucun autre financement au titre du Covid-19 que celui d’un montant de 100 millions Fcfa, du reste octroyé par le premier ministre chef du gouvernement à la fin du mois de mars 2020, pour nous permettre de faire face aux impératifs urgents de la communication.».

Si cette mise au point ne laisse transparaître aucun doute, il demeure que le journaliste a affirmé avoir été séquestré dans les locaux du Ministère de la Communication puis dans ceux de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN), ses deux enfants âgés d’un an et demi et de trois ans. Pour ce qui est de la séquestration au Mincom, Félix Zogo argue qu’il n’y a pas eu maltraitance : «ni lui, ni ses enfants, n’ont été l’objet de quelque maltraitance que ce soit, encore moins de séquestration dans le cabinet du ministre.». Dans ce cas, d’où vient-il que notre confrère vienne à porter de si graves accusations contre son ministre de tutelle ? Que gagne-rait-il à trainer ce dernier dans la boue.

Il est vrai que dans les milieux de la presse au Cameroun, la pratique est courante. Certains pontes du régime passent par des journalistes pour salir leurs homologues, question de les écarter du « partage du gâteau » ou des affaires. S’agirait-il d’une autre affaire de cabale comme celle qui secoua il y a quelques mois le couple Mvondo Ayolo, le Directeur du Cabinet Civil (Dec) ? Ou alors aurait-on monté cette affaire juste pour salir la renommée de René Emmanuel Sadi comme le laisse entendre cette phrase du Sg du Mincom selon laquelle des, personnes «… multiplient au fil des jours, des histoires sordides dans le funeste dessein de plonger dans la gadoue le diplomate qui cumule des dizaines d’années au sein du régime Biya».

Et là aussi, on est en droit de se demander : faute d’avoir fait tomber le régime Biya, s’attaque-t-on aujourd’hui à ses propres collaborateurs dans le but de le déstabiliser dans ses fondements ? C’est ce que l’on pourrait tirer comme conclusion des différentes affaires dans lesquelles la presse, malheureusement, se trouve aujourd’hui impliquée, les réseaux sociaux n’ayant pas induit les résultats escomptés. L’on se souvient que par le passé, du temps où il était Ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary n’avait de cesse de fustiger le comportement de certains confrères et de certains journaux qu’il appelait «presse à gages».. Après un moment de sagesse, les vieux démons de la presse déviante seraient-ils de retour ? La question mérite d’être posée.

Mais le moment n’est-il pas mal choisi ou alors ne se trompe-t-on pas de cibles quand on s’attaque à des personnes qui cumulent des décennies sans traîner des casseroles dont la presse à scandales aime se repaître ?

En tout cas, l’affaire Sadi-Sismondi Barlev Bidjocka qui ne fait que commencer n’a pas fini de révéler tous ses contours. Il serait prématuré de tirer toutes les conséquences qui s’imposent. Mais une chose est certaine, les policiers qui ont assisté à l’entretien entre le journaliste et le ministre puis qui ont interrogé le journaliste par la suite et qui observent un mutisme du fait que l’enquête ne fait que commencer détiennent une partie de la vérité sur cette sombre affaire. Mais le droit de réserve leur impose de ne pas en parler tant que l’enquête n’est pas bouclée. Il est fort probable que les jours à venir nous apportent des éclairages nouveaux dans cette affaire que d’aucuns surnomment à tort ou à raison : Sadigate.

Une chose est sûre, seul celui qui dit la vérité sortira grandi à la fin de ce feuilleton et celui qui en sortira Sali risque d’entraîner avec lui tout un secteur d’activités que l’on désirait pourtant porteur depuis 1990. Et c’est l’occasion de prôner une fois encore l’avènement d’un tribunal des pairs, qui aurait permis de tirer rapidement, cette affaire au clair sans qu’elle ne s’ébruite et ne fasse des ravages dans un camp comme dans l’autre.

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