Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 12 16Article 562874

General News of Wednesday, 16 December 2020

Source: Cameroon Info

Affaire Samuel Wazizi: Reporters Sans Frontières met le régime Biya au dos

Depuis la mort en détention du confrère de Chillen Music Television le 17 août 2019, il subsiste plusieurs zones d’ombre notamment sur les circonstances de sa disparition. Sa dépouille reste scellée alors que l’enquête commandée par Paul Biya n’a pas encore livré ses conclusions.
L’affaire Samuel Wazizi, du nom du confrère de Chillen Music Television (CMTV), mort en détention le 17 août 2019, et donc le décès n’a été rendu public qu’un an après, semble tomber aux oubliettes. Après l’épisode de la révélation de sa mort dans des circonstances floues, et l’indignation que cela a suscitée, l’on avait appris de la bouche de l’Ambassadeur de France au Camroun, Christophe Guilhou, au sortir d’une audience avec Paul Biya, que le chef de l’Etat a prescrit une enquête pour tenter de démêler l’écheveau. Depuis, il existe comme une sorte de black-out autour de l’affaire.

Mais Reporters Sans Frontières (RSF) et Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT), antenne de France, veulent avoir une suite dans cette affaire. Dans un communiqué conjoint ce mercredi 16 décembre 2020, ils «exhortent la présidence de la République du Cameroun à rendre public le rapport d’enquête et ses conclusions transmises au président Paul Biya».

En effet, ladite enquête aurait été confiée à la Sécurité Militaire (SEMIL), et les deux organismes émettent des réserves sur son impartialité. D’après Clément Boursin, Responsable Afrique à l’ACAT-France, «la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL) a indiqué le 9 octobre 2020 à l’ACAT-France qu’une enquête avait été menée par la sécurité militaire et les résultats transmis au chef de l’Etat, Paul Biya». «Mais, alors que la CNDHL, normalement indépendante et impartiale, devrait peser de tout son poids pour que la lumière soit faite sur la mort d’un journaliste, elle a indiqué à l’ACAT-France qu’“au regard des activités terroristes de Samuel Wazizi au moment de son arrestation, il ne nous semble pas indispensable que le président de la République rende publiquement compte des détails relatifs à cette affaire”», rapporte-t-il dans le communiqué.

Cette posture de la CNDHL en rajoute aux interrogations de RSF et ACAT-France, qui tiennent absolument à connaitre les circonstances de la mort de Samuel Wazizi. Ils redoutent que l’enquête ait été confiée à des personnes impliquées dans sa disparition, et aussi, ils tiennent à savoir si l’autopsie a déjà été réalisée.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter