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General News of Saturday, 27 March 2021

Source: Actu Cameroun

Affaire Messanga Nyamding: déclaration sur les menaces et intimidations concernant la personne

Le 6 mars 2021 le Chef d’Escadron Dieudonné Bialo, chef du service central des recherches judiciaires de la gendarmerie nationale, a signé une convocation à l’attention de Pascal Charlemagne Messanga Nyamding, Professeur des universités en service à l’institut des relations internationales (IRIC) de Yaoundé et membre du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc).


Le chef d’escadron l’invitait à se présenter le 09 mars 2021 au Secrétariat d’Etat à la Défense (SED), relativement à «une enquête ouverte sur instruction de notre hiérarchie, pour fausses nouvelles et autres» L’enseignant d’université et homme politique a effectivement déféré à la convocation, et à la sortie, il s’est confié à la presse en ces termes : «Plus de peur que de mal. Les motifs qui m’ont amené ici ; [propagation de fausses nouvelles] n’étaient pas fondés. J’ai été très bien traité. Le PV a duré de 10h à 14h. Tout s’est bien passé. En réalité, je ne comprends toujours pas le fondement de cette convocation même si on m’a dit qu’on ne m’appelait pas comme prévenu et qu’on voulait tout simplement m’entendre comme témoin sur certains points. J’ai compris ce qui se passe. »

Le 19 mars 2021, dans un arrêté, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Professeur Jacques Fame Ndongo, relève le professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyamding, de ses fonctions de chef _j département coopération et intégration à l’institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) de Yaoundé.

Le 22 mars 2021, le même responsable gouvernemental en charge de l’Enseignement supérieur a signé, un autre texte, mettant le professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyamding «à la disposition de l’annexe de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Ngaoundéré à Garoua, à compter de la date de signature dudit acte administratif.»

Le 23 mars 2021, le professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyamding a publié un communiqué intitulé MISE AU POINT À PROPOS DE MA SITUATION PERSONNELLE ACTUELLE, dans lequel il dit :

«La situation est très grave en ce moment depuis mon- audition au SED (Secrétariat d’Etat à la Défense) le 09 mars dernier aucun jour ne passe sans que je ne reçoive des menaces de mort ou des intimidations administratives. Cet acharnement doit s’arrêter car jusque-là rien ne justifie une telle hostilité tourbillonnante vis-à-vis de moi. J’ai tout donné à mon pays et à mon parti le RD PC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais). À l’heure où je vous écris ces quelques lignes, je vous confirme qu’ils n’ont qu’une seule intention, c’est de m’assassiner… J’ai vraiment l’impression de. rêver face à cet acharnement. M’imposer ce qu’ils veulent faire là n’est pas humain. »


L’ONG Un Monde Avenir et ses partenaires associatifs constatent :

Que le Professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyamding a été convoqué au Secrétariat d’Etat à la Défense, où il aurait passé plus de 3h pour des faits liés à sa liberté d’expression et d’opinion.

– Qu’il a été successivement relevé de ses fonctions de chef de département et ensuite transféré à Garoua en complément d’effectif, après avoir manifesté son courroux dans les médias à la suite de sa convocation au SED.

Que le professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyamding a déjà été interpellé et traduit en conseil de discipline pour ses opinions acerbes et ses points de vue très critiques vis-à-vis de certaines hautes personnalités du régime du président Paul BIYA. *

Que le professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyamding est une personne vivant avec le handicap (il est depuis plusieurs années malvoyant à la suite d’une intervention médicale).

– Que le cas du professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyamding n’est pas isolé concernant le musèlement des universitaires, par le passé, Mr Agbor Mballa un des leaders actifs dans la crise dite anglophone a été limogé de l’Université de Buea pour avoir proposé un sujet d’analyse à ses étudiants, lequel a conduit l’institution à l’accuser de mener des activités politiques à l’Université, ce-en violation de toute procédure disciplinaire comme dénoncé par l’intéressé.

– De même, en mai 2017, le Docteur Bassong, neurologue en service à l’hôpital régional de Bamenda et enseignant à l’université de la même ville, a été affecté à l’hôpital de District de Somalomo dans la région de l’Est, alors que sa spécialité ne le prédispose pas à exercer dans une institution sanitaire de cette catégorie, simplement parce qu’en tant-que président du Syndicat National des Médecins du Cameroun, il avait librement exprimé son opinion sur le système de santé au Cameroun.

L’ONG Un Monde Avenir et ses partenaires associatifs

– Constatent que la discipline du parti non seulement piétine les lois nationales et internationales en matière de protection des libertés d’expressions et d’opinions (pacte relatif aux droits civil et politique, déclaration universelle des DH…) mais aussi, ladite discipline du parti se déporte désormais dans les milieux professionnels des militants du parti.

– Dénoncent ces actes répressifs et d’acharnements sur des universitaires qui s’investissent en tant qu’homme de science à la diffusion du savoir et. qui font preuve d’une liberté d’opinion,~

– S’insurgent contre cette tendance du pouvoir politique à réduire . les universitaires à de simples valets, réduits à la signature des motions de soutien aux gouvernants.

– Relèvent que’ le professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyamding est victime comme les autres cités plus haut de menaces et intimidations, en violation du

PACTE RELATIF AUX DROITS CIVILS ET POLITIQUES :

Article 19

1. Nul ne peut être inquiété pour ses opinions.

2. Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix.

Et des dispositions pertinentes

DE LA DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME :

Article 18 : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. Article 19 : Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

– Attirent l’attention -du Président de la République sur sa responsabilité quant à la protection de l’intégrité physique et morale de tous les citoyens camerounais

– Demandent l’arrêt immédiat de tous les actes de musèlements dont est sujet le professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyamding qui jouit d’une double protection en tant qu’une personne vivant avec le handicap.

Fait à Douala le 24 mars 2021

Le Coordonnateur Philippe Nanga

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