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General News of Monday, 4 February 2019

Source: Cameroonvoice.com

Affaire MRC: voici le rapport de Paris qui blanchit Maurice Kamto

C'est un rapport intitulé « Compte rendu sommaire de l'incident survenu à l'Ambassade du Cameroun à Paris » qui ledit. Le rapport, rédigé manifestement le jour même de l'incident, si l'on s'en tient à la date qu'il porte, est adressé au ministre des Relations Extérieures du Cameroun par le Chargé d'Affaires a.i de la mission diplomatique camerounaise en France, Antoine Amadou. Nulle part, le diplomate camerounais n'établit de lien entre la manifestation de protestation dénommée « Marches Blanches » et un quelconque plan de saccage de la représentation diplomatique camerounaise en France.

En revanche, tout est le fait de la Brigade Anti-Sardinards, dont les membres auraient été révoltés par une information faisant état de ce que l'armée et la police avaient tué sur « 12 de leurs combattants » au Cameroun.

Tout le monde peut imaginer ce qu'une information faisant état de personnes tuées lors d'une manifestation pacifique, vraie ou erronée, réelle ou surfaite, peut provoquer dans l'esprit de gens qui sont opposés à un régime dont ils connaissent les méthodes totalitaires et les mœurs assassines, qui plus est quand ils ont pour indices de ce que l'information peut être vraie,

- les images de l'opposante Michèle Ndoki qui vient de recevoir dans la jambe -montrant des trous horribles et de la chair déchirée et brûlée- des balles tirées par un officier de police qui n'était pas engagé dans une confrontation avec elle (autrement dit les balles n'auraient pas atteint la victime par le côté) ;

- Les images d'un Célestin Djamen blessé lui aussi à la jambe par un tir d'arme à feu (nous avons appris –mais n'avons pas pu le vérifier- que monsieur Djamen a dans un premier temps été battu par des policiers qui satisfaits de lui avoir démontré qu'ils étaient plus forts que lui, l'ont laissé couché au sol, sonné, et que c'est au moment où ils s'en allait que l'un d'eux s'est retourné pour tirer une balle dans la jambe de leur victime commune, question de signer de manière indélébile ce crime plus grave encore qu'un crime de guerre, si bien que des passants, tétanisés par une telle brutalité, n'osaient pas s'arrêter pour venir au secours du blessé, de crainte de courroucer les assassins en tenue qui pouvaient leur réserver le même traitement ;

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- L'image d'un jeune homme sur la jambe duquel un policier tire une balle en lui disant « Tu voulais marcher non ? Marche, tu vas marcher » ou quelque chose dans le genre ».

La vue de ces images transformerait en fou furieux n'importe quelle personne se sentant une affinité quelconque avec les victimes, sans qu'il ait besoin d'obéir à quelque mot d'ordre -du reste inexistant pour le cas d'espèce- que ce soit.

Le compte-rendu de monsieur Amadou adressé au ministre Lejeune Mbella et censé être confidentiel, circule sur les réseaux sociaux depuis au moins le lendemain de sa rédaction, ce qui suppose qu'il y a des personnes au sein de l'Ambassade du Cameroun ou du ministère des Relations extérieures qui, pour divulguer un rapport dédouanant sans conteste le bouc-émissaire de choix que s'est trouvé le régime, ne sont pas d'accord avec la manière dont les choses sont malhonnêtement menées pour faire porter à Maurice Kamto, le plus pacifiste et le plus raisonnable des opposants que Paul Biya ait pu avoir en une trentaine d'années de pratiques du pluralisme politique au Cameroun, le chapeau de la révolte des Camerounais de la diaspora.

Si des fonctionnaires qui n'ont ni la possibilité, ni le courage de s'exprimer ouvertement peuvent poser un tel acte de résistance muette, mieux de désobéissance civile, qu'en serait-il des manifestants de la diaspora qui, parce que hors de portée de ceux qui brident toute liberté, exhibent des armes à feu à la face des manifestants pacifiques, ou menacent de les emprisonner ?

Ce ne sont pas les partisans du régime s'épanchant régulièrement sur les réseaux sociaux qui nous démentiraient, eux qui, dans un élan de provocation et d'incitation à la guerre civile, ne cessent de répéter qu'au regard du niveau auquel s'est élevé la répression par les autorités camerounaises des manifestations de l'opposition, ils s'attendaient à ce que les militants de celle-ci prenne au moins des armes blanches pour montrer qu'ils ne sont pas des morts-vivants. Des citoyens d'autres pays africains trouvent les militants de l'opposition camerounaise trop timorés et débonnaires, voire, par moquerie, « trop raisonnables » de garder tout leur sang froid après avoir regardé les images évoquées supra, eussent-elles été le fait des forces de l'ordre obéissant aux ordres d'un régime à la légitimité établie et incontestée.

https://youtu.be/tvCeETqauDo
https://youtu.be/H8y0U1ol3O4
https://youtu.be/EwqKx3uybU4


C'est dire qu'au lieu de chercher des poux sur la calvitie de Kamto, Ekoka, Dzongang, Paul Eric Kingue, Valsero, dont on a vu les partisans manifester assis, les bras croisés ou levés et subissant gaz lacrymogène, tirs à balles blanches, coups de crosses, de matraques, de gourdins ou de rangers, il faudrait se retourner pour chercher les coupables de ce qui s'est passé à l'Ambassade du Cameroun en France parmi les agents de répression commis à la tâche d'empêcher vaille que vaille des marches de protestation qui se seraient tout au plus révélées un spectacle à la fin lassant, y compris pour leurs acteurs, si on les avait laissé se dérouler.

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Depuis la réinstallation controversée de monsieur Biya au pouvoir en novembre 2018, le Cameroun a perdu trop de temps relativement au début de réalisation de ses objectifs pour ce 7ème mandat, pour qu'il se permette de mobiliser les énergies autour de la répression des manifestations de l'opposition qui ne faisaient pourtant pas partie du programme qu'il a proposé aux Camerounais pendant la campagne électorale.

En d'autres termes, à moins que Biya se reproche en réalité un hold-up électoral, il devrait pour une fois apprendre à gouverner, et, en s'inspirant du "Compte rendu sommaire de l'incident survenu à l'Ambassade du Cameroun à Paris", laisser Maurice Kamto s'opposer.

L'expérience de la guerre de sécession en zone anglophone qui a déjà coûté des milliers de vies humaines au Cameroun devrait être pour son régime plus porteur d'enseignements que n'importe quel extrait du Prince de Machiavel : tant que son régime se contentait de minimiser l'irrédentisme anglophone, procédant quelquefois à des arrestations suivies quelques jours après de la libération des activistes du Southern Cameroon National Council, l'idée de la création d'un Etat d'Ambazonie demeurait dans le registre du non-événement ou tout plus dans celui de la surenchère : demander trop pour obtenir mieux que moins ou rien du tout.

Mais depuis qu'il s'est piqué avec ses sécurocrates d'aller faire la guerre, mitraillettes aux poings à des gens qui demandaient simplement la traduction dans leur langue de travail d'un document officiel et l'équilibrage linguistique dans le recrutement des enseignants en zones anglophones, des milliers de citoyens dont les bras auraient pu être d'un apport considérable pour la construction nationale, des soldats qui auraient pu renforcer le front de la lutte contre le terrorisme islamiste à l'Extrême-Nord ou contre les actes de banditisme des éléments perdus de la rébellion centrafricaine à l'Est et dans l'Adamaoua, ainsi que des policiers qui auraient pu participer à l'éradication de l'insécurité à l'intérieur du pays, sont passés de vie à trépas, sans compter les dizaines de milliards gaspillés pour récolter tout ce gros gâchis alors qu'ils auraient pu servir à construire des lycées dignes de ce nom qui nous changent de ce type de lycées en matériaux pr…écaires à l'instar de celui que nous avons ci-dessous en illustration.