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General News of Thursday, 18 March 2021

Source: cameroonvoice.com

Affaire Joshua Oshi: gros déballage sur le vrai-faux lâchage du député 'bien nourri'

Après avoir pouponné pendant longtemps Joshua Osih, au point de faire de ce militant sans véritable background le candidat du “parti de la balance” à l’élection présidentielle de 2018, le leader du SDF dont certaines rumeurs disent qu’il aurait jeté son dévolu sur ce Camerouno-suisse pour lui succéder à la tête du SDF, s’est senti dos au mur après la dernière gaffe de son poulain, opposant d’un genre particulier qui ne s’est pas gêné dernièrement de faire la courte échelle au régime de Paul Biya, en apportant de fait sa caution au génocide anglophone, à travers sa signature apposée soi-disant à son insu, mais non dénoncée par lui, sur une pétition adressée au Congrès américain par des députés Rdpc (parti au pouvoir) et assimilés.

Une pétition dans laquelle une soixantaine de députés camerounais prenaient récemment à partie le Congrès américain, l’accusant de manquer d’élégance vis-à-vis du Cameroun et de ses dirigeants en s’ingérant dans les affaires intérieures de leur pays, et surtout de donner refuge à des Camerounais qui déstabilisent leur pays depuis l’étranger (en fait des Camerounais qui justifient leur présence hors du pays natal par la crainte des persécutions militaro-policières).

Bref rappel des faits

En effet, des parlementaires américains (membres de la Chambre des Représentants et Sénateurs) ont adressé une correspondance le 17 février 2021 au nouveau chef de l’Administration américaine, Joe Biden et au Secrétaire à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, pour leur demander «d’accorder un statut de protection temporaire aux Camerounais vivant aux États-Unis avant 18 ans, mois d’interruption de la procédure relative à leur expulsion », autrement, d’empêcher le rapatriement d’une soixantaine de Camerounais réfugiés aux États-Unis et y sollicitant le statut de demandeurs d’asile, parce que étant en lien avec la guerre de sécession qui ensanglante depuis bientôt cinq ans les régions anglophones du Nord Ouest et du Sud Ouest, jadis partie de l’ancien Cameroun britannique.

Moins d’une semaine plus tard, 62 députés camerounais répondaient aux parlementaires outre-Atlantique, leur reprochant une représentation négative du Cameroun et la propagation d’informations « des plus hostiles, désobligeantes et de nature à ternir notre image et notre respectabilité, dans le but d’induire en erreur l’opinion publique» .

Rien d’extraordinaire s’il ne s’était agi que des parlementaires affiliés au régime, ceux-ci n’ayant jamais pris le parti du peuple, quelle que soit la gravité de la situation, à moins que leur chef, Paul Biya, leur en ait donné l’instruction, des suites d’un sursaut de lucidité. Car c’est généralement dans ce cas qu’on les voit faire volte-face et voter des lois allant dans le sens voulu par le peuple et auquel ils déniaient quelques temps plus tôt, tout fondement juridique, moral, philosophique et autre.

Mais que parmi les signataires de la pétition, il y ait des députés du SDF, et particulièrement Joshua Osih, que l’on peut considérer, au regard de sa position au sein de ce parti, comme son chef de file au sein de la chambre basse du parlement camerounais, cela pouvait avoir quelque chose de… détonnant.

Il est vrai que les Camerounais sont habitués aux retournements de veste de l’homme politique de 52 ans, qui affirma devant le Conseil Constitutionnel, lors du contentieux électoral post-présidentielle 2018, que s’il était proclamé élu, il refuserait de prêter serment parce que cela reviendrait à cautionner la sécession du Cameroun Anglophone, étant entendu que du fait des affrontements armés qui y avaient cours, l’élection présidentielle n’avait pas pu s’y tenir, mais se précipita quelques jours plus tard, le 6 novembre 2018, à l’Assemblée Nationale, pour assister à la prestation de serment de son adversaire, le candidat président sortant, celui-là même qui avait décidé que l’élection présidentielle se ferait malgré la situation exécrable dans la partie camerounaise d’expression anglaise, et qui avait été proclamé élu par le Conseil Constitutionnel auquel Joshua demandait rien moins que l’annulation du scrutin. Mais il était difficilement imaginable qu’un député anglophone, natif de l’une des régions martyrisées, puisse être de mèche avec des personnes qui avaient le culot de prétendre que la situation dramatique du Cameroun anglophone décrite par les congressistes américains relevait de la fiction et non de la réalité d’un pays dans lequel elles vivaient.

Il est vrai qu’aucune esprit sérieusement épris de démocratie et suffisamment imprégné des principes qui vont avec, ne peut dénier à monsieur Osih (que ses détracteurs affublent ces derniers temps du sobriquet peu flatteur de “bien nourri “, non pas du fait de son embonpoint qui tranche avec la situation misérable de la plupart de ses compatriotes, mais parce que les mauvaises langues estiment que c’est le régime qui entretient leur grassouillette girouette) et à ses amis pétitionnaires leur droit d’être en désaccord avec leurs compatriotes, de plus en plus nombreux à penser que ce qui se passe dans l’ancien Cameroun Occidental est une tragédie dont le principal responsable est ce pouvoir de Yaoundé dont la police et l’armée se comportent depuis le début de la “crise”, vis-à-vis de la société civile et des populations anglophones, comme une intraitable armée d’occupation. Mais même en concevant que la divergence est une donnée normale, voire inaliénable de la vie en communauté et de la société démocratique que la majorité des Camerounais appellent de leurs vœux, peut-on concevoir que la vérité soit autre chose que la vérité et que la situation du NOSO décrite avec modération, c’est-à-dire avec un tact diplomatique qui en attenue la gravité, soit autre chose qu’une immense tragédie susceptible de nécessiter le regard et le concours, de l’extérieur ?

Joshua Osih et ses alliés du Rdpc ont le droit de pratiquer le “patriotisme” de leur goût et de croire que leur régime est le meilleur et que ce régime ne pourchasse pas ses citoyens qui ont le tort de penser et dire le contraire de ce qu’il pense et dit, mais faut-il pour autant nier l’évidence selon laquelle, pour reprendre le Pr. Maurice Kamto du MRC, « nombreux sont nos compatriotes, notamment de la diaspora, pour qui retourner au Cameroun est devenu dangereux depuis de nombreuses années, fichés qu’ils sont par les autorités camerounaises en raison de leurs opinions politiques, ou de leurs opinions politiques alléguées » ?

Peut-on raisonnablement nier, quand on est militant et député du SDF, c’est-à-dire un camarade du député Joseph Wirba, fut-ce sous le prétexte d’un soi-disant patriotisme, que parce que mal géré par les autorités camerounaises qui sont garantes de la stabilité et de l’harmonie sociales, “la question anglophone” –selon la terminologie prisée par le sémiologue de service du régime Rdpc, Jacques Fame Ndongo ( problème anglophone pour certains et crise anglophone pour le reste des observateurs) a pris des proportions tel que sa résolution dépasse de loin les capacités des seuls acteurs camerouno-camerounais qui en sont à l’origine, à moins que l’on fasse le pari d’une guerre fratricide totale qui ne prendra fin que lorsque le Cameroun sera devenu un gigantesque cimetière ?

Attentes des camerounais déçues par le SDF

C’est une réponse nettement claire à cette question que la majorité des Camerounais, attristés par le sort de leurs compatriotes des régions d’expression anglaise qui sont pris entre le marteau d’une armée nationale aux méthodes terroristes et des groupes armés criminels qui se réclament de la sécession, attendaient des assises tenues au plus haut niveau le 13 mars dernier par le SDF, sous la conduite personnelle de son leader John Fru Ndi dont le moins qu’on puisse dire est que sa côte de popularité personnelle s’est beaucoup effritée ces dernières années du fait des attitudes et propos qui puent à des lieux à la ronde, un rapprochement, une collusion secrète avec le régime, sans le moindre gain pour le peuple qui le suivait depuis la fin de la rencontre tripartite en novembre 1991, au point de le gratifier d’une historique victoire à la présidentielle du 11 octobre 1992.

On ne peut pas dire, à la lecture de la résolution à laquelle a donné lieu la réunion du National Executive Committee (NEC), entendez Comité Exécutif National du SDF, que les Camerounais qui en attendaient quelle vienne remettre les pendules à l’heure et rappeler les fondamentaux de la lutte du militant du SDF originel, aient été satisfaits. .

Le NEC avait pourtant été convoqué à la bonne heure, car depuis la publication de la pétition adressée aux parlementaires américains par des députés camerounais, rien n’allait plus au sein du parti où Joshua Osih avait opté d’orienter le débat ailleurs, en surfant sur une prétendue lutte de succession au SDF, pour faire valoir que son camarade député Jean-Michel Nintcheu ne l’avait violemment apostrophé pour sa participation à la pétition que pour le discréditer et prendre sa place dans les cœurs des militants, dans la perspective de l’élection du successeur du mythique John Fru Ndi à la présidence du Social Democratic Front.

Même si d’aucuns font état de sévères observations faites lors du NEC au poulain du Chairman ont la signature au bas de la pétition des parlementaires Rdpc a ravivé le désamour de l’opinion publique pour le SDF, les Camerounais restent doublement déçus. D’abord parce que jamais, Joshua Osih n’a pas jusqu’ici dénoncé la pétition pour la signature de laquelle sa signature aurait été… volée (?) mais fait tout pour la justifier, ensuite parce que le parti, déjà pointé du doigt et maudit plusieurs fois par le passé, pour “intelligence avec l’ennemi”, ne l’a pas fait non plus, optant plutôt pour un fulgurant exercice de pharisaïsme, qui a consisté à enrober leur caution aux députés du SDF signataires de la pétition, dans une apparente inscription en faux contre la pétition même.

La caution implicite à l’ignominie ?

Sinon, comment comprendre qu’après avoir écrit dans la résolution que le NEC désapprouve les signataires de la pétition écrite au Congrès américain par certains parlementaires dont le 1er vice-président national du SDF, Joshua Osih, et les charge, avec la même vigueur, d’amener le Parlement avec la majorité obèse du Rdpc et le chef de l’Etat à porter le problème anglophone au Parlement pour discussion, le même SDF ajoute, que dans le cas contraire, ses députés signataires de cette pétition devraient retirer leurs signatures ? Est-ce à dire que si par extraordinaire le chef de l’État patron de la majorité obèse Rdpc convenait qu’il est temps de faire discuter de la crise anglophone au parlement, les observations de la vingtaine des membres du Congrès américains sur la situation du NOSO et le risque couru par des Camerounais aujourd’hui exilés aux États-Unis deviendraient de ce fait infondées, tandis que les contrevérités proférées dans leur pétition par les suppôts du régime deviendraient quant à elles pertinentes et mériteraient d’être cautionnées par les signatures des députés SDF qui devraient alors y être maintenues ?

Si en lieu et place d’un désaveu clair et net de la démarche de leurs élus à l’Assemblée Nationale, John Fru Ndi et ses amis du NEC ont cru pouvoir prendre les Camerounais par-dessous la jambe en noyant leur caution à Osih et compagnie dans des observations réchauffées sur la crise anglophone et quelques autres faits d’actualité, c’est qu’ils se sont bien mis le doigt dans l’œil, les Camerounais ayant, au fil des années de traitrise des hommes politiques, appris lire entre les lignes, sont avisés depuis que le diable est dans le détail. Mieux encore, ils savent vers quels intérêts penche la balance de la direction – à ne pas confondre avec les militants qui sont résolument pour le changement – du “parti de la balance”.

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