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Opinions of Wednesday, 9 June 2021

Auteur: Arol Ketch

Affaire Dikoum : tuer son mari pour son amant

Les assassins ont laissé plusieurs indices qui vont permettre à la police de les confondre play videoLes assassins ont laissé plusieurs indices qui vont permettre à la police de les confondre

C'est une histoire digne d'un film hollywoodien qui a profondément ébranlé la société Camerounaise durant la décennie 80. L’affaire « Dikoum » met enscène une femme qui tue son mari pour son amant.

En apparence, les « Dikoum » étaient une famille idéale menant une vie paisible et rangée. Le couple parfait. Un mari adorable, des enfants heureux. Monsieur Vincent Dikoum Minyem âgé de 37 ans était cadre de banque, directeur à la Cambank. Un homme brillant, rigoureux, ambitieux et travailleur acharné.

Son épouse Marinette Dikoum née Ndomè Dinde âgée de 31 ans était diplômée de sociologie, professeur de lycée. Belle et intelligente.

L’horreur va frapper à la porte et assombrir le ciel de cette petite famille Joviale.

Ce jour de janvier 1983, Monsieur Vincent Dikoum Minyem rentre du travail à l’heure habituelle. Il trouve son épouse en train de lire comme à l’accoutumée. Rien, de surprenant, madame Marinette Dikoum adore la lecture. Il s’enquiert de l’état de sa petite famille et se laisse aller aux amabilités d’usage avec ses enfants. Les enfants heureux de voir leur papa se jettent sur lui. Papa adorable, il les couvre de câlins.

Son épouse l’embrasse et s’empresse de lui servir un bol de lait. Monsieur Dikoum, visiblement épuisé par cette dure journée de travail s’empresse d’ingurgiter d’un trait tout le contenu. Ce que Monsieur ignore à cet instant, c’est qu’une forte dose de somnifère a été introduite dans le lait.
Pris de sommeil, Dikoum Minyem entre dans sa chambre et s’affale immédiatement sur son lit et entre dans un sommeil profond. Les enfants sont déjà couchés dans leur chambre.

Marinette, peut désormais lancer l’exécution de son plan macabre. Elle a reçu dans l’après-midi trois exécuteurs qu’elle a dissimulés soigneusement dans la cuisine.

Ses trois hommes de main cachés dans la cuisine peuvent désormais entrer en action. Il s’agit des dénommés Mpouli, Ndzana et Ombouté. Ceux-ci se sont saoulés au whisky avant de commencer la sale besogne. Les trois hommes pénètrent dans la chambre du pauvre Dikoum endormi et l’assassine froidement [par respect pour la famille et pour la mémoire du défunt, on ne donnera pas les détails].

Pendant ce temps, Marinette est au salon en train de lire un traité sur la sociologie en attendant l’exécution de son mari.

Le forfait commis, il faut se débarrasser très rapidement du corps. Il faut faire vite ! Le corps de Dikoum Minyem est emballé et chargé dans la malle arrière de son véhicule. Son épouse, Marinette prend le volant pour aller jeter le cadavre de son mari. Elle est accompagnée de ses trois complices. Elle fait escale au quartier Emana pour récupérer son amant diabolique. Oui ! Marinette Dikoum a un amant !

Les conjurés iront jeter le cadavre de monsieur Dikoum dans le fleuve Sanaga. Notons ici que le corps est soigneusement attaché à une pierre avant d’être jeté à l’eau ; ce afin d’éviter qu’il ne remonte en surface. De retour de leur expédition morbide, le groupe se rend dans un bar pour fêter la réussite de l’opération.

Un crime n’étant jamais parfait, les assassins ont laissé plusieurs indices qui vont permettre à la police de les confondre.

Le lendemain du crime, le boy de la maison affirme avoir trouvé la baignoire remplie de sang et relève aussi avoir trouvé les draps ensanglantés. La coiffeuse interrogée affirme avoir été intriguée par la coiffure très poussiéreuse de Madame Dikoum. Le gérant du bar du coin affirme avoir reçu Madame Dikoum en compagnie de plusieurs hommes et visiblement, ils célébraient la réussite d’un événement.

Devant ce faisceau d’indices concordant contre elle, Marinette passe aux aveux et reconnaît être l’instigatrice de l’assassinat de son époux. Elle va avouer que plusieurs autres tentatives d’assassinat infructueuses avaient été instiguées contre monsieur Dikoum.

Le véritable mobile du crime est tout autre : elle a tué son époux pour pouvoir filer le parfait amour avec un certain Ambang Mbadje Richard, militaire, sergent-chef vivant à Bafang. Elle indique à la police où se trouve le corps de son époux. Il faut à présent repêcher le corps perdu au fond du fleuve. Une brigade des hommes-grenouilles des forces navales, basée à Douala, est mise en mission spéciale.

Cette affaire a profondément bouleversé les valeurs au Cameroun et a même inspiré plusieurs autres crimes sordides. On notait alors une flambée de ce type de meurtre au Cameroun en cette année 1983. Citons quelques cas parus dans la presse : « Lekié, crime à Etam Kouma : un mari exécuté par son épouse à coups de machette », « Drame à Etoudi. Elle blesse mortellement son mari ».

Les femmes vont même créer le mot « Dikoumiser », pour menacer leurs époux. C’est ainsi qu’on entendre dans des foyers : « Si, tu tentes encore de me tromper, je vais te Dikoumiser marinettement ».

Après avoir purgé leurs années de prison, Marinette et ses complices ont été libérés.


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