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Actualités of Tuesday, 24 August 2021

Source: LA NOUVELLE

Affaire Cyrus Ngo’o ou la nouvelle 'Sawa connexion'

De nombreux observateurs n'hésitent pas à le subodorer De nombreux observateurs n'hésitent pas à le subodorer

Hier Emmanuel Etoundi Oyono, aujourdhui Cyrus Ngo o. La « Sawa connexion » tire-t-elle les ficelles dans l ombre doublement obscur de cette affaire, avec comme déclencheur Lazare Atou ? De nombreux observateurs n'hésitent pas à le subodorer. Décryptage.

Un peu d’histoire. Alphonse Siyam Siwe est promu ministre de l’Eau de de l’Energie. Mais un beau matin, l’ancien Dg du Pad est happé comme un vulgaire bandit à Yaoundé et conduit manu militari sur Douala où il finit sa course à la prison centrale de New-Bell à Douala le 24 février 2006. Il lui est reproché d’avoir distrait de faramineuses sommes d’argent de l’Etat dans sa gestion du Pad dont il était le Dg avant sa promotion comme ministre.

Il écope en première instance de 30 ans de prison ferme. Vient alors le tour d’Emmanuel Etoundi Oyono. Ses résultats n’échappent pas à la vue du président de la République qui le félicite en mondovision lors d’une de ses adresses à la Nation. Curieusement, il y est remplacé quelques mois plus tard par un certain Marcel Dayas Mounoume, un Sawa.

Ce dernier va briller par une gabegie sans pareille, hypothéquant au passage tous les acquis du Pad sous Etoundi Oyono. Dayas Mounoume est convaincu de détournements de dénié publics par le Tes. Seulement, il parvient quand même, comme par enchantement, à prendre la poudre d’escampette.

Des complicités insoupçonnées dans les milieux de la justice seraient entrées dans la manœuvre pour l’éloigner des griffes du rapace. Le moins que l’on puisse dire c’est que le même schéma semble aujourd’hui tout tracé pour Cyrus Ngo’o. Instrumentaliser la justice pour abattre un haut commis de l’Etat patriote.

Il ne faut pas porter des verres correcteurs pour se rendre compte que l’acharnement judiciaire qui s’abat sur le Dg du Pad depuis qu’il a bouté Vincent Bolloré hors de la place portuaire de Douala a connu une nette accélération ces 2 derniers mois.

La première indication est venue de cette étrange irruption de Nassar Bou Hadir, patron de Cana Bois qui va coller un procès à Cyrus Ngo’o en personne, non pas comme Dg du Pad. Le résultat est une condamnation avec sursis. Du jamais vu dans l’histoire juridique camerounaise où un Dg dans le plein exercice de ses missions est personnellement attaqué et condamné. Inutile d’imaginer la culasse d’où viennent ces tirs.

Dans la foulée de cette condamnation par le Tpi de Douala-Bonanjo, le Dg du Port autonome de Douala est convoqué au Tes. Selon des sources, cette convocation fait suite à 2 dénonciations sur fond de calomnie et de diffamation faites en juillet et en août derniers au procureur général près le Tes par un certain Lazare Atou. Pour certains observateurs, voilà qui sent le règlement de comptes en bonne et due forme.

Et ceci, parce que la proximité réelle, ou supposée de Lazare Atou d’avec le Garde des Sceaux est de notoriété publique, et ceci depuis des décennies. Selon nos sources, c’est Lazare Atou qui aurait saisi le procureur général du Tes pour dénoncer ce qu’il a tôt fait d’appeler « vastes détournements de deniers publics dans le cadre d’une part de la gestion de ces actifs par „ le Pad et d’autre part de la réalisation d’un Projet de construction d’un mur d’enceinte au Pad ».

Cabinet conseils Atou. Le nom est lâché. Pour la petite histoire, ce cabinet avait fait irruption dans la sauvegarde et le suivi des actifs résiduels des liquidations des entreprises publiques.

Insolence

Il avait été recommandé au ministre de l’Economie et des Finances de l’époque, Polycarpe Abah Abah par le Dg de l’Armp Jean Jacques Ndoudou-mou. Mais très vite, des plaintes vont s’accumuler contre lui dans le cadre des opérations non autorisées par son mandat.

La vente de la ferraille, la location des maisons et des terrains pour des périodes allant jusqu’à 10 ans, l’établissement des titres fonciers sur le patrimoine de ces sociétés d’Etat, étaient devenus son sport favori, au point où la Commission technique de privatisation et de liquidation (Ctpl) s’est résolue, face à cette situation de gabegie à suspendre son mandat. Dès lors, la Ctpl contrainte de dénoncer tous les dévoiements du Cabinet Atou va même ester le Cabinet Atou par devant les tribunaux de Douala.

Seulement, avec un bonne dose d’insolence fort sidérante, Lazare Atou va s’offrir le luxe de qualifier le ministre de l’Economie et des Finances de l’époque, le tout puissant Abah Abah, d’individu non identifié pour contester un avis public du Minfi du 21 juin 2007 qui indiquait que « l’ensemble des mandats donnés au conseil Atou et relatifs à la gestion des actifs appartenant à l’ex-Oncpb, l’ex-Regifercam, l’ex-Onpc ont expiré depuis le 3 avril 2007 et n’ont pas été renouvelés.» Cette insolence de Lazare-Atou avait déjà ceci de troublant qu’on ne pouvait agir ainsi si on ne disposait pas d’un parapluie puissant. Lequel donc ? Évitez surtout, de suivre mon regard.

L’arrivée au secrétariat général de la présidence de la République de Laurent Esso va mettre à nu l’arrogance de Lazare Atou qui va même prendre du galon. Ses bisbilles avec l’ancien Minfi Essimi Menye sont de notoriété publique. Lazare Atou va continuer à gérer les actifs résiduels de ces 3 société d’Etat comme si de rien n’était.

La posture d’Alamine Ousmane Mey laisse davantage perplexe lorsque dans une correspondance au ministre de la Justice, ce dernier, alors Minfi, renonce aux poursuites judiciaires initiées par ses prédécesseurs contre Lazare Atou au sujet du pillage des actifs résiduels de ces anciennes sociétés d’Etat évalués à plus de 100 milliards de Fcfa.

Il n’est donc pas surprenant qu’en tentant de récupérer le patrimoine de l’ex-Onpc, Cyrus Ngo’o qui coupe ainsi l’herbe sous les pieds de Lazare Atou s’expose à la furie des réseaux mafieux. Pourtant comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, Lazare Atou continue son cirque machiavélique de braderie du patrimoine des anciennes sociétés d’Etat.

Seulement, aux dernières nouvelles, nous apprenons que d’ordre du président de la République, il a été instruit au ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières de lui retirer le titre foncier N”1023/W établi par le cabinet Atou au nom de l’ex-Oncpb sur un terrain du domaine public portuaire.

La même instruction demande au Mindcaf de prendre en liaison avec le ministre des Finances, les mesures nécessaires relevant de sa compétence eh vue d’une part de la restitution des actifs résiduels de l’ex-Onpc au Port autonome de Douala et d’autre part, de reverser dans le domaine privé de l’Etat les terrains appartenant aux ex-Rnfc et Oncpb.

C’est donc dans cet ordre d’idées que le Mindcaf, Henri Eyebe Ayissi, a convoqué pour le jeudi 26 août 2021 la 15ème session du comité de suivi des travaux de la reconstitution des limites des domaines publics portuaires du Cameroun avec pour points essentiels à l’ordre du jour, l’examen des modalités de la poursuite du recensement des actifs résiduels de l’ex-Onpc à restituer au Pad ; la détermination du statut juridique et des charges susceptibles de grever les-dits actifs ; l’identification des différents modes de transfert. Cela pourrait-il mettre un terme à la roublardise de Lazare Atou et de son clan ? La réponse est certainement dans la question.

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