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Actualités of Monday, 23 August 2021

Source: L'Indépendant N°608

Affaire Cyrus Ngo'o : le scandale d'Etat

Le scandale d'Etat Le scandale d'Etat

La convocation du Dg du Pad par madame le procureur général prèsleTcs, était déjà en soi un événement qui a remué les salles de rédaction et affolé la toile. Dès les premières heures de mercredi 18 août, les hommes de médias, friands de la théorie des quatre (04) ‘‘S’’ (Sexe, Sang, Scandale, Sous), prennent pris d’assaut les abords du Tcs, en quête du premier scoop. Arrivé à 10 heures au Tcs,le Dg du Pad est cuisiné pendant 14 heures parles fins limiers de la Division du Corps Spécialisé d’Officiers de Police Judiciaire. Lestractations au cœur du système, annoncent dans la foulée, la tenue d’un Conseil d’administration extraordinaire le 20 août, à l’effet de débarquer le Dg du Pad. Entre instructions et contre instructions, Cyrus Ngo’o est finalement autorisé à reprendre le service dans ses bureaux du Pad à la surprise générale même de ses collaborateurs qui le disaient aux portes de l’enfer.

Ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Cyrus Ngo’o, révèle un scandale d’Etat, pour ne pas en dire plus. Le Dg du Pad est la victime expiatoire des manitous incrustés au cœur de l’appareil de l’Etat. Poumon économique du Cameroun, avec un chiffre d’affaire d’un peu plus de 5 milliards de Fcfa par jour, principale porte d’embarquement et de débarquement des marchandises, le Pad a une ouverture sur les pays de la sous-région (Tchad, Centrafrique). C’est un point névralgique. Quand le Pad éternue, l’économie camerounaise s’enrhume.

La nomination à ce poste est à la fois un positionnement à une fonction de privilèges, d’influence et de diverses sollicitations. Tout part donc de l’arrivée de Cyrus Ngo’o à ce poste. Ses mentors supposés ou réels, ayant gardé la main longue, l’ont confiné à un rôle de simple supplétif. Dans le processus de modernisation du Pad instruit par le Chef de l’Etat depuis 2011 lors d’un discours de campagne à Douala, Cyrus Ngo’o est le Dg qui aura entrepris le processus de modernisation de toutes les infrastructures du Pad (entreposage, dragage du chenal, gestion du terminal à containers, sécurisation, acquisition de nouvelles grues, éclairage, pont bascule, aménagement de nouveaux quais, achat de tank et autres). La cascade de ces marchés, a forcément aiguisé les convoitises et la volonté de puissance de quelques barons obnubilés par une frénésie de l’accumulation. Tenez : 13 avril 2018, le Secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngo’o Ngo’o signe avec un israélien, le bien nommé Tzafir Tzvi, Dg de Portsec, un marché spécial n°2018/001/Sg/Pr portant sur la ‘‘sécurisation du périmètre et du contrôle des accès du port de Douala’’.

Montant hors taxe du marché : 26 milliards 704 384 677 Fcfa. Montant net à payer : 25 milliards 369 165 443 FcFa. Cyrus Ngo’o,Dg du Port de Douala est instruit d’exécuter ce marché de 24 mois. Lorsque le 24 août 2016, Cyrus Ngo’o est nommé Dg du Pad, le marché de la sécurisation de cette supra structure, s’élevait à un milliard de Fca l’an. Les entreprises G4S et Omnibuisess, en assuraient l’exécution. Sous le fallacieux prétexte du contexte sécuritaire propice à des infiltrations d’armes de guerre, le mentor supposé ou réel de Cyrus Ngo’o à la présidence de la République, qui contrôle les services de police et de renseignement, a-t-il mis en scène un des conseillers militaires du chef de l’Etat en service au Bir, dans une opération de grande criminalité économique, surfond de prédation d’Etat et de crapulerie ? Toujours est-il que l’entreprise Portsec, véritable nébuleuse, n’ayant aucune représentation connue au Cameroun, se voit confier ce juteux marché estimé à 26 milliards 704 384 677 Fcfa hors taxe. L’offre la plus onéreuse de la sécurisation du Pad était de 3,8milliards de Fcfa. Bravant toutes les procédures d’appels d’offres et d’appels à soumission, le vice dieu, par l’entourloupe de l’étiquette de ‘‘marché spécial’’, a-t-il éliminé toute concurrence ? Alors même que ce marché n’est pas encore réalisé à 10%, Portsec S.A obtient un avenant de 5 milliards 140 594 050 Fcfa, portant de ce fait le marché à 31 milliards 844 978 727 Fcfa.


Autres curiosités, plusieurs virements à partir des comptes du Pad logés dans les banques Afriland First Bank et la Société Camerounaise des Banques (Scb) seront effectués au profit des comptes numéro : 10.504265-0iban Eur Li et 500 88 12 10 504 26 500 02 BicVoagli 22 chez Wolksbank.

Le premier virement remonte au 26 octobre 2018. Le Pad demande à Afriland First Bank - Douala de virer 2 milliards Fcfa pour ‘‘paiement avance du décompte de démarrage des travaux’’. Le deuxième virement, celui du 22 janvier 2019 est débité du compte de la Société Camerounaise des Banques (Scb). L’argent atterrit directement au Liechtenstein. Au total, et à travers ce marché fictif surfacturé, le Pad a versé plus de 54 milliards de Fcfa. Ces milliards de Fcfa, siphonnés des fonds publics avec une rare boulimie, se retrouvent au Liechtenstein, au Panama, à Dubaï et aux Seychelles, paradis fiscaux bien connus. Ce marché censé être livré en 2020, n’était qu’un montage financier mafieux.

Le Tcs vient de fourrer son nez dans un vaste réseau de blanchiment d’argent où la plèbe se la coule douce. En spoliant le peuple camerounais, tous ces scandales en milliards de l’Albatros, Rio Del Rey, Covidgate, aux marchés surfacturés de la Can 2019, des privatisations à tous ces éléphants blancs, en passant parla liquidation de l’Oncpb, du Fonader, du Fogape et du Crédit agricole, dévoilent la grande prédation d’Etat, sous la bénédiction de l’anthropophagie internationale et les leurres de l’émergence du Cameroun d’ici 2035.

Une telle violence dans le pillage systématique et névrotique des biens publics, cache la paranoïa de quelques fils de prolétaires, arrivés aux affaires par surprise et qui semblent avoir une revanche à prendre sur la vie et les complexes qui ont hanté une enfance misérable. Sinon, comment comprendre un tel goût prononcé pour le lucre, l’accumulation et l’accaparement ? A travers ce scandale au Pad,leTcs joue également sa crédibilité. Après les précédents Bapès Bapès, l’affaire Cyrus Ngo’o et son dénouement sous forte dose de soupçon d’une justice aux ordres, révèle les misères d’une magistrature bondée d’hommes et de femmes qualifiés en la matière, mais muselée.

C’est tout le grand battage médiatique et l’enfumage autour de l’Opération Epervier, qui sombre ainsi dans les méandres de la grande corruption d’Etat et le grand mensonge de la superposition de toutes ces structures censées la combattre (Tcs, Anif, Antic, Conac, Consupe, Chambre des comptes et autres). Cyrus Ngo’o n’est que le relais des prédateurs connus et tapis au cœur de l’appareil de l’Etat.A suivre

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