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General News of Friday, 21 June 2019

Source: 237actu.com

Affaire Chouta: le CPJ monte au créneau, le ministre Momo réplique

Le Comité pour la protection des journalistes demande la libération de Paul Chouta.

En effet, dans une déclaration publiée ce 20 juin, cette association ayant pour objet d'observer les abus contre les journalistes et promouvoir la liberté de la presse à travers le monde demande aux autorités camerounaises de libérer immédiatement Paul Chouta, Journaliste Web et activiste, interpellé le 28 mai et déféré à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui le 10 juin.

Lire la déclaration du Comité pour la protection des journalistes (CPJ):

Abidjan, 20 juin 2019 -- Les autorités camerounaises doivent libérer immédiatement le journaliste Paul Chouta et abandonner les poursuites pour diffamation et propagation de fausses nouvelles contre lui, a déclaré aujourd'hui le Comité de protection des journalistes.

Le 28 mai, dans la capitale camerounaise de Yaoundé, cinq policiers ont arrêté Chouta, qui travaille comme journaliste pour le site privé d'information CamerounWeb suite à une plainte en diffamation déposée par Calixthe Beyala, selon Emmanuel Vitus le rédacteur en chef de CamerounWeb qui a parlé avec CPJ par messagerie.

Chouta a été détenu au quartier général de la police locale après son arrestation et, le 31 mai, sa libération sous caution lui a été refusée, selon son avocat, Emmanuel Simh, qui s'est entretenu avec CPJ. Le 10 juin, il a été accusé de diffamation, de diffusion de fausses nouvelles et de discours haineux ; l'accusation de discours haineux a été abandonnée le lendemain et Chouta a été envoyé à la prison de haute sécurité de Kondengui à Yaoundé pour y attendre son procès, selon Vitus et une autre personne ayant connaissance du dossier mais ayant requis l’anonymat par peur des représailles.

Sa prochaine comparution devant le tribunal est prévue pour le 9 juillet, a dit M. Vitus.

« Au lieu de détenir Paul Chouta dans une prison à sécurité maximale, les autorités devraient le libérer et encourager Calixthe Beyala à demander réparation par le biais de recours civils et non d'actions pénales », a déclaré Angela Quintal, coordinatrice du programme Afrique du CPJ à New York. « Les lois sur la diffamation criminelle et les fausses nouvelles n'ont pas leur place dans un pays juste et équitable, et le Cameroun devrait changer ces lois. »
S'il est reconnu coupable, Chouta risque jusqu'à six mois de prison et une amende de 2 millions de francs centrafricains (3 447 dollars) pour l'accusation de diffamation, et jusqu'à cinq ans de prison et une amende de 1 million de francs (1 723 dollars) pour la fausse nouvelle, conformément au code pénal camerounais.

Dans plusieurs messages sur la page personnelle de Beyala sur Facebook, que CPJ a examinés mais qui ont depuis été supprimés ou qui sont devenus privés, Beyala a allégué que Chouta et d'autres personnes non spécifiées avaient fait des allégations diffamatoires sur sa vie personnelle sur les médias sociaux et sur la page Facebook Le TGV de l'info, que Chouta gère.
CPJ a appelé Beyala et lui a envoyé un message sur Facebook et WhatsApp, mais n'a reçu aucune réponse.

Le vice-ministre camerounais de la Justice, Jean De Dieu Momo, a déclaré à CPJ via le message de WhatsApp qu'il n'était « pas au courant si le journaliste web est une profession organisée par la loi camerounaise » et a refusé de commenter davantage cette affaire.

Le CPJ a appelé et envoyé des messages à Charles Manda, conseiller du ministre de la communication du pays, et Joyce Ndjem, chef de la communication nationale de la police camerounaise, mais n'a pas reçu de réponse.

Chouta a reçu des menaces anonymes répétées ces derniers mois et a été agressé devant son domicile en février par des agents présumés du gouvernement, comme le CPJ l'avait signalé à l'époque.

Vitus a révélé au CPJ qu'il soupçonnait que les accusations sévères portées par le gouvernement contre Chouta, ainsi que le refus de le libérer sous caution, étaient des représailles pour ses reportages sur le gouvernement. Le rédacteur en chef a décrit Chouta comme un critique virulent de Paul Biya, président du Cameroun depuis 1982. Les récents reportages de Chouta ont porté sur des sujets tels que l'arrestation d'un ancien fonctionnaire du gouvernement camerounais et des allégations d'abus contre la police et un journaliste pro-Biya.

Le Cameroun est le troisième plus grand geôlier de journalistes en Afrique, après l'Egypte et l'Erythrée, avec au moins sept journalistes derrière les barreaux pour leur travail au 1er décembre 2018, selon le recensement annuel des prisons du CPJ. C'est le deuxième pire geôlier de journalistes accusés de fausses nouvelles dans le monde, après l'Égypte, selon le recensement.

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