Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 05 08Article 511294

General News of Friday, 8 May 2020

Source: hrw.org

Affaire Agbor Balla: Human Rights Watch tacle le régime Biya


Pandémie Coronavirus au Cameroun : Lisez toute l’actualité ici →

La suspension des cours d'un professeur d'université au Cameroun a fait craindre que le gouvernement ne veuille faire taire ceux qui osent évoquer la crise anglophone du pays.

Depuis fin 2016, les régions anglophones du Cameroun sont en proie à des violences entre les forces gouvernementales et les groupes armés qui cherchent à créer un État séparé. Cette crise a fait des milliers de victimes.

Le gouvernement a nié à plusieurs reprises que ses forces de sécurité aient commis des abus pendant la crise, mais il semble maintenant aller encore plus loin.

Le 20 avril, le ministre de l'enseignement supérieur a envoyé une lettre à l'université de Buea, alléguant que le professeur de droit Felix Agbor Nkongho, également connu sous le nom de Agbor-Balla, avait violé "le code d'éthique et de conduite de l'université" et a demandé au directeur de l'université de prendre des mesures. Les cours d'Agbor-Balla ont alors été suspendus.

Agbor-Balla a déclaré à Human Rights Watch qu'il pense que la suspension de ses cours était due à un devoir dans lequel il demandait aux étudiants d'explorer les raisons de la crise anglophone. Il a ajouté qu'il s'agissait uniquement d'amener les étudiants en droit à réfléchir de manière critique et à replacer la crise dans un contexte juridique. "Je ne discute pas de politique en classe", a-t-il déclaré.

Un représentant du ministère de l'enseignement supérieur a déclaré à Radio France Internationale qu'Agbor-Balla avait "transformé une salle de classe en espace politique".

Ce n'est pas la première fois que des enseignants se mettent en difficulté pour discuter de l'actualité camerounaise. Le 13 septembre 2019, un enseignant du lycée d'Avebe-Esse, un village de la région du Sud, a été arrêté après avoir mentionné en classe que le gouvernement envisageait de permettre au leader de l'opposition emprisonné, Maurice Kamto, de participer à un dialogue national. L'enseignant a été libéré cinq jours plus tard.

Agbor-Balla avait été arrêté en janvier 2017 pour avoir dirigé des manifestations pacifiques à Buea avec d'autres militants anglophones. Inculpé par un tribunal militaire en vertu de la loi antiterroriste, il a finalement été libéré en août 2017 et toutes les accusations ont été abandonnées.

Depuis lors, il a milité pour le respect des droits de l'homme pendant la crise, dénonçant les abus commis tant par les militaires que par les séparatistes armés.

Les étudiants universitaires devraient être encouragés à débattre des questions les plus urgentes du moment. La suspension des cours d'Agbor-Balla montre que le gouvernement veut étouffer ce débat.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Join our Newsletter