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General News of Thursday, 4 February 2021

Source: camer

Accident de Dschang: enquête sur le propriétaire du carburant qui a tué 55 personnes

Les autorités peinent à expliquer l’origine et la propriété des hydrocarbures ayant occasionné l’incendie qui a causé la mort par brûlure de 55 personnes.

Depuis quelques jours, les ministres se succèdent dans la falaise de Dschang, pour se livrer à un exercice ridicule sous d’autres cieux : déposer des gerbes de fleur et rendre bruyamment hommage à des concitoyens qui ont perdu la vie de nuit, du fait de l’imprudence de gens qu’on hésite à indexer pour punir. Car en fait, d’où venait la camionnette dont le contenu a créé ce brasier qui suscite aujourd’hui la grande agitation ?


Dans un message qui a fuité, le premier responsable de l’enquête informait sa hiérarchie que la cargaison était escortée par un douanier et un gendarme, lesquels ont pris la fuite. Immédiatement après, un propriétaire a été trouvé dans les rangs de la gendarmerie. Et l’origine du carburant attribué à une soute militaire. Laquelle ? Difficile d’imaginer qu’elle soit sortie des pistes du Lebialem, avec l’insécurité qui sévit dans la zone. D’autres parlent de Magba, dans le Noun.

Toujours est-il qu’au lendemain de l’accident, le commandant du groupement actif des douanes de l’Ouest, Parfait Sylvain Mamiah, a convoqué une réunion d’urgence à 10h le 28 janvier à Bafoussam, pour tirer au clair l’implication indirecte ou non d’un de leurs agents dans le « triste événement ». Le rapport de cette rencontre au cours de laquelle chaque responsable (chefs de brigades) devait rendre compte de la position administrative des fonctionnaires et donner « toutes informations utiles sur la provenance et la circulation de la cargaison supposée de carburant frelaté objet de cet accident » n’a pas été rendu public. Mais cette démarche semble plus éclairante que celle de la gendarmerie.



Le Jour est en mesure d’affirmer que le véhicule impliqué dans l’accident n’était pas étranger aux gabelous. Le lundi, 25 janvier 2021, ce camion a séjourné au secteur des douanes de l’Ouest, arraisonné sans doute par le brigadier Yves Teymkong, raison pour laquelle son nom figure sur la convocation de son patron. Selon nos sources, il transportait une cargaison frauduleuse d’hydrocarbures dont le montant a été estimé à 1,5 million. C’est après avoir payé des frais de douane et une pénalité qu’il a été libéré. Autrement dit, sa cargaison était devenue légale et n’avait plus besoin d’escorte. Que pouvait donc faire un douanier derrière une marchandise à laquelle ses supérieurs venaient de donner une légalité ?

Mais là, nous sommes deux jours avant. Le chauffeur a-t-il profité des papiers à lui signés pour faire d’autres voyages ou était-il toujours en train de convoyer la cargaison à problème ? En l’absence du chauffeur et de ses supposés complices (comment ont-ils fait pour s’en sortir et disparaître?), difficile en effet de savoir combien de tours le camion avait déjà fait ni quelle était sa destination finale. Qu’en disent les éléments de cette patrouille mixte qui « sévit » au sommet de la falaise ?

Ceux qui parlent de carburant frelaté l’ont-ils testé pour apprécier la qualité ? Venait-il d’une soute militaire ? Ce serait même le cas, que certains n’y voient aucun inconvénient. « Il existe des mécanismes de cession légale des essences dans les soutes militaires. Le système est très affiné et sécurisé, avec plusieurs formes de surveillance. Dans ce cas, on peut seulement regretter que les règles de sécurité qui interdisent le chargement dans les ustensiles non conventionnels aient été négligées », révèle un officier supérieur à la retraite. La négligence administrative donc. Pour le cas d’espèce, le camion incriminé dans cet accident ne disposait d’aucun agrément ni d’aucune autorisation, a reconnu le Ministre des Transports, en plus d’une carrosserie non adaptée.

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