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Politique of Tuesday, 26 January 2021

Source: Actu Cameroun

Abus de pouvoir : Sa Majesté Sokoudjou interdit de parler

La note injonctive de l’autorité administrative adressée au gardien de la tradition tourne en dérision.
Dans sa correspondance datant du 19 de ce mois en cours Yampen- Ousmanou le préfet du département des Hauts- plateaux, signifiait à Sa Majesté Sokoudjou Roi des Bamendjou l’interdiction d’intervenir dans les médias. “ Ai-je l’honneur de vous rappeler que toute nouvelle sortie cybernétique ou médiatique intempestive de votre part, au mépris du respect de l’État de Droit et des institutions de la République, vous exposera à la rigueur de la loi ».

C’est en ces termes que stipule le texte du représentant de l’État en fonction dans les Hauts-plateaux de l’Ouest. Ce qui paraît une intimidation a soudainement provoqué la réaction de ce chef traditionnel intrépide. Mots- pour mots il en a usé d’un registre pour le moins trivial en destination de son vis- à- vis. “ Ousmanou Yampen, avant les indépendances, j’ai été plus menacé que ça ». N’est- on pas loin de faire le rapprochement du clash entre les deux hommes au célèbre adage “ la réponse du berger à la bergère ».

La privation de la liberté d’expression
La décision de l’autorité administrative, calquée sous le modèle de la dictature ramène à museler Sa Majesté Sokoudjou en le soustrayant de l’un des principes fondamentaux de la démocratie en l’occurrence la liberté d’expression. Le pseudo commandement que le préfet des Hauts-plateaux voudrait imposer à un citoyen qui plus est une autorité traditionnelle dans le sens de la caporalisation du point de vue d’une personne, au sujet de sa lecture et de sa compréhension des réalités socio- politiques, engouffre les acteurs profondément enrôlés dans le débat démocratique.


Les administrateurs à la solde du régime
La vassalité du Renouveau, en relation avec sa stratégie d’absorption totale et complète des institutions impose l’aveuglément des administrateurs dans leurs fonctions. Le cas Jean Rameaux Sokoudjou se range dans une suite de menaces faites par les préfets et sous- préfets contre les gardiens de la tradition. Sa Majesté Biloa Ayissi monarque des Mvog Beti en paie le prix fort de son non- alignement au système Biya.


Son incarcération jusqu’à sa destitution du trône sacré par le pouvoir en place rivalise avec la bêtise politique comprise sous l’aspect d’un semblant de purger une descendance de son patrimoine or le pourvoir traditionnel se positionne sur la longévité voire l’éternité. Toutefois l’impression qu’affiche les décideurs politiques tend à encourager la maltraitance des chefs traditionnels en posture de liberté mais au moyen par lequel les administrateurs courent vers l’ascension au sein de l’appareil d’État.

C’est en référence à la mauvaise gestion des populations par les administrateurs que l’ancien gouverneur Abakar Mahamat a su consigner les dérives des administrateurs dans “ un administrateur si vil » son ouvrage que le titre à connotation comique dévoile, dénonce les abus de pouvoir et la corruption de ceux qui nous dirigent, tel est le cas du préfet des Hauts- plateaux.

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