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Politique of Thursday, 31 December 2020

Source: www.camerounweb.com

Absence de femmes à la tête des régions: la réponse d'Aba’a Martin-Roger à Nourane Foster

C'est la réponse du Directeur de L‘Observatoire des Textes de Base du Cameroun à l’honorable Nourane Foster suite à sa frustration due à l'absence de femme à la tête des régions.

Dans réaction, Aba’a Martin-Roger fait remarquer que le problème n'est pas typiquement camerounais. Il cite l'exemple qui "n’a connu qu’une seule femme Premier ministre, Edith Cresson, en 1991-1992" et où "la parité, en progrès, n’est pas atteinte au Parlement: on compte 334 députées ou sénatrices sur 925 sièges. Cette inégalité se constate aussi dans d’autres sphères du pouvoir français : seules huit femmes figurent parmi les 730 « immortels » de l’Académie française et elles ne sont que 11 % des dirigeants des entreprises du CAC 40."

Il invite par ailleurs les femmes camerounaises à se battre sur l'échiquier politique. "En politique, il faut se battre, affronter les hommes, donner des coups, tous les coups sont permis. La supériorité de l’homme sur la femme n’est pas une donnée naturelle, mais une construction culturelle." martèle-t-il. LECTURE

Chers Camarades,

L’honorable Nourane Foster nous parle de l’absence de femmes à la tête des Conseils régionaux et Nadine Machikou pleure dans un quotidien camerounais quand elle aussi constate qu’il y a zéro femme présidente de région au seuil de 2021 et qualifie cela de grande désillusion : les conseillers régionaux se sont réunis lors de la session de plein droit des conseils régionaux pour désigner les exécutifs constitués de sept membres pour des résultats historiques zéro présidente de région comme hier, zéro femme maire de grande ville, évidemment zéro femme gouverneure pour nos deux sœurs le plafond de verre s’est honteusement localisé .

Il reste à l’Observatoire du politique en Afrique de faire un inventaire détaillé de cette grande régression au constat sans appel : une exclusion de la majorité démographique, un traceur tonitruant de la domination masculine et peut-être un déshonneur pour la République garante de l’égalité.
Nos deux sœurs ne comprennent pas comment cette non-représentativité féminine au sommet des exécutifs régionaux a pu échapper à la vigilance des quatre formations politiques du Cameroun. Enfin pour elles il ne faut pas parler de démocratie représentative au niveau régional sans la représentation de la majorité. Enfin pour elles la représentativité politique des femmes reste une question de justice et de légitimité démocratique.

Question : à qui la faute?
Réponse : Aux femmes bien sûr?

Il ne faut pas croire que c’est problème typiquement camerounais, prenons l’exemple de la France, elle n’a connu qu’une seule femme Premier ministre, Edith Cresson, en 1991-1992. La parité, en progrès, n’est pas atteinte au Parlement: on compte 334 députées ou sénatrices sur 925 sièges. Cette inégalité se constate aussi dans d’autres sphères du pouvoir français : seules huit femmes figurent parmi les 730 « immortels » de l’Académie française et elles ne sont que 11 % des dirigeants des entreprises du CAC 40.

Question à qui la faute?
Réponse : Aux femmes bien sûr?

Quand Madame la professeur Nadine Machikou Ngameni, prenait son nouveau poste de Conseiller Technique, Pr Adolphe Minkoa She lui avait dit qu’il attendait d’elle une franche collaboration, une disponibilité sans faille et une véritable implication dans la gestion de l’Université qui a besoin de son expertise.

Elle s’est donc donnée à fond dans la gestion de l’université et laissant le champ libre aux hommes de bien s’implanter en politique, et elle, plus de temps pour se lancer et lancer les autres femmes dans la bataille des postes politiques. Je crois que les femmes camerounaises n’ont pas de temps de faire de la politique, elles attendent qu’on leur mâche tout. Qu’on leur serve tout dans un plateau.

En politique, il faut se battre, affronter les hommes, donner des coups, tous les coups sont permis. La supériorité de l’homme sur la femme n’est pas une donnée naturelle, mais une construction culturelle. Il y a, bien sûr, des différences naturelles, biologiques entre les deux sexes, je ne le conteste pas, mais les femmes ne doivent plus accepter que l’idéologie viriliste transforme ces différences naturelles en injustices sociales.

Femmes il ne faut pas se rebeller, les rebelles ne sont pas acteurs du changement car ils attisent tout simplement leur propre haine. Les femmes doivent apprendre à cultiver leur indignation et à se concentrer sur ce qui est important c’est-à-dire être majoritaire en politique.

Ecrire ne suffit non plus, le combat des femmes qui écrivent consiste davantage à se libérer de ce qui entrave leurs pensées que des limites imposées par leur liberté de mouvement. Et surtout se dire qu’aucune lutte ne peut aboutir sans que les femmes y participent aux côtés des hommes.

Chères camarades,
Arrêtez de vous lamenter , Arrêtez de crier sur tous les toits « injustice, injustice » Il est temps que les femmes arrêtent d’être aimablement énervées et il faut suivre l’exemple de Leymah Gbowee, Prix Nobel de la Paix 2011 qui a su mobiliser les femmes au-delà des lignes de division ethniques et religieuses en vue de mettre fin à une longue guerre au Liberia et assurer la participation des femmes aux élections nationales. Son travail a conduit à l’élection de la première femme présidente d’une nation africaine, Ellen Johnson Sirleaf.

Et si je peux me permettre avant que la femme ne trouve sa place en politique, il faut d’abord combattre les inégalités de la femme sur le marché du travail. Les inégalités de genre sont particulièrement criantes dans la sphère professionnelle où les femmes sont majoritaires dans les emplois précaires et mal rémunérés, notamment dans le secteur du soin, l’éducation, la santé, le travail social, l’aide à la personne ou le nettoyage alors que ces sont des emplois essentiels. Dans le monde, 2/3 des personnes qui travaillent dans le secteur du soin sont des femmes. Cela explique pourquoi des millions de femmes se retrouvent enfermées dans la pauvreté, avec peu de perspective d’en sortir.

En tout cas à mes filles, d’abord un bon boulot avant peut-être se lancer en politique. Un pauvre ne fait pas de politique, la politique ruine celle ou celui qui la pratique.

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