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xxxxxxxxxxx of Saturday, 5 June 2021

Source: camerounweb.com

623 charges d’huissiers de justice sont à pouvoir au Cameroun

Selon l’étude de Maître Ebenezer Paul Mah 623 charges d’huissiers sont à pourvoir

Le nombre total de charges pourvues à l'heure actuelle avoisine 300.

Ce déficit achoppe le fonctionnement normal de la justice

La profession d’huissiers de justice bat de l’aile au Cameroun. Selon une étude publiée par Maître Ebenezer Paul Mah huissier en fonction à Yaoundé, dans son livre intitulé « La profession d’huissier de justice au Cameroun francophone » paru aux éditions L’Harmattan, 623 charges sont à pourvoir au Cameroun en vue d'un fonctionnement harmonieux de la justice.
Selon la même étude, le nombre total de charges pourvues à l'heure actuelle avoisine 300 seulement. Un chiffre qui n’est pas d’actualité pour la simple raison qu’il date de plusieurs années et qu’entre temps, il y a eu des départs à la retraite et les décès.

Depuis le dernier concours organisé en 2000, 120 huissiers ont été admis et ceux en fin de stage sont environ 150, soit une population globale en attente d'environ 270 huissiers. C’est dire que même si les 270 huissiers en attente venait à être recrutés, il faudrait encore plus d’une centaine pour compléter les effectifs. « Si par extraordinaire, tous ces professionnels de ce corps de métier étaient nommés, il persisterait toujours un gap de plus de 100 charges à couvrir. A l'heure actuelle, même la seule nomination de ces derniers ne pourrait suffire à réparer l’énorme préjudice qu'ils continuent de subir », précisait l’étude de l’huissier.

La détresse des huissiers de justice

Dans une interview du 23 novembre 2017, la vice-présidente du Collectif des huissiers de justice en attente de charge du Cameroun, Suzanne Mbazoa Ateba, déclarait dans les colonnes du quotidien Le Messager que : « Notre quotidien est vraiment pénible, c'est une gymnastique ; on réfléchit à chaque moment, comment sera le lendemain. Survivre c'est déjà un miracle. Vous savez, plus le temps passe, on prend de l'âge à force d'attendre ; on vieillit plus vite que prévu à cause de se sentir frustrés, marginalisés, oubliés, abandonnés. Nous avons pourtant tous des familles à encadrer et à nourrir. A force d'y penser, nous sommes abattus, déconcertés plus que jamais ». Elle ajoutait qu’ « au départ, nous avons souhaité qu'il soit organisé un examen pour nous permettre d'avoir des parchemins même si on n'a pas la charge. Nous avons alors saisi le président de la Chambre nationale des huissiers, le ministère de la Justice à cette fin. Mais comme nous avons constaté qu'il n'y avait pas de réponse, nous avons finalement exploité nos textes et adressé une correspondance au président de la République pour pouvoir au moins avoir des charges après tout ce temps. Ce qui serait en quelque sorte une réparation du préjudice que nous subissions.

Malheureusement jusqu'à ce jour rien n'est fait. Nous avons même refait une lettre de relance (…) restée sans suite. Nous attendons toujours d'être délivrés de ce calvaire. » .Selon le décret N° 79/448 du 05 novembre 1979 modifié et complété par le décret N° 85/238 du 22 février 1985 portant réglementation des fonctions et fixant le statut des huissiers de justice, l'examen d’accès à cette profession est organisé à la fin d'un stage de deux ans subi par chaque huissier stagiaire.

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