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Actualités of Monday, 9 August 2021

Source: www.camerounweb.com

3 militaires tué à l’Extrême-Nord après la visite de Beti Assomo

Image utilisée à titre d'illustration Image utilisée à titre d'illustration

• Le drame est survenu à Sagme

• 3 militaires ont perdu la vie

• L’armée perd plusieurs éléments également au Noso



Une unité de l’armée camerounaise est encore attaquée dans la région de l’Extrême-Nord. L’incident est survenu dans la nuit du 8 au 9 août 2021 à Sagme. Au moins trois militaires camerounais ont perdu la vie. Tous faisaient partie du 41ème BIM.

« Une nouvelle attaque terroriste a eu lieu cette nuit dans l’Extreme Nord. Plus précisément à Sagme. Nos sources parlent de 3 morts tous des éléments du 41 eme BIM. Une attaque qui intervient quelques jours après la visite du ministre de la défense, Joseph Beti Assomo. L’on a également enregistré au cours de cette attaque un véhicule emporté et des blessés », confie la source.

Un militaire contacté par le lanceur d’alerte Boris Bertolt raconte les conditions difficiles dans lesquelles les militaires camerounais assurent l’intégrité du pays face aux groupes armés de Boko Haram. « Les postes sont abandonnés sans matériel et manque d'effectifs. Ce sont les mêmes gens qui subissent la guerre depuis 6 ans. Pas de relève. Comment un homme peut faire la guerre pendant 6 ans. Il aura encore quelle force ? », s’indigne le militaire qui a souhaité garder l’anonymat.

Des pertes en vie humaines dans le Noso

Le 19 juillet 2021, le lieutenant Jean Patrick Mebenga a été sauvagement abattu à Ekondo Titi dans la région du Sud-Ouest du Cameroun. Le même jour dizaine de militaires ont perdu la vie dans des conditions similaires selon les recoupements. Les pertes en vie humaine dans les rangs de l'armée prennent une ampleur inquiétante. Les hauts gradés de la grande muette commencent par briser le silence. La guerre contre les sécessionnistes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun s'enlise. La situation devient incontrôlable.

Sur le terrain, les militaires camerounais sont vulnérables. Ils sont une proie facile pour les Ambozoniens qui livrent une guerre asymétrique à leurs ennemis. Un officier supérieur de l’armée explique à Boris Bertolt comment ils perdent leurs éléments.

« Nous perdons des éléments tous les jours à tel point que les soldats vivent dans la peur. Ce n’est pas une guerre conventionnelle donc tout le monde est susceptible d’être attaqué à tous moments. Regarde, tu vas au marché acheter des vivres avec tes collègues. Les gens vous regardent. Cela peut prendre des mois. Même si vous êtes en civil. Et un jour vous tombez dans une embuscade. Dans les bars on ne sait pas avec qui on boit donc même ton ami avec lequel tu as l’habitude de boire peut-être ambazonien », confie-t-il.

La saison des pluie

La saison pluvieuse est assez rude pour les militaires camerounais au front. Les stratégies longtemps utilisées pendant les saisons sèches livrent leurs insuffisances.

« C’est la saison pluvieuse. On aurait dû changer de stratégie. Or jusqu’ici rien. On ne comprend pas pour Nka Valere poursuit avec la même stratégie de terrain comme si nous étions en saison sèche », confie un colonel de retour de mission dans le NOSO.

Autre problème, les militaires camerounais manquent de munitions pour continuer cette guerre qui dure depuis 4 ans. Yaoundé aurait promis aux soldats des équipements militaires qui trainent à être livrés.

« Il faut savoir que les attaques ambazoniennes s’accompagnent du vol des armes et des munitions. Un lieutenant-colonel affirme : « quand on demande des munitions au ministère de La Défense, on nous dit que les marchés ont été passés mais n’ont pas encore été livrés ». Autre problème : s’il est reconnu que Beti Assomo, le ministre de la défense ne donne pas les marchés aux membres de sa famille, ils les donnent par contre à ses amis qui parfois n’ont aucune expertise dans le domaine des affaires militaires », raconte Boris Bertolt.

Des centaines voire milliers de miliaires camerounais ont perdu la vie dans la guerre au NOSO. Les conflits ont fait des millions de déplacés et paralysé les activités économiques dans cette partie du pays.

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