Vous-êtes ici: AccueilSport2019 03 13Article 458466

Sports News of Wednesday, 13 March 2019

Source: Sahel N°324

Grève des employés de Prime Potomac: bientôt le bout du tunel, rassure Ben Modo

«Ben Modo est-il au-dessus de Paul Biya ? Comment un individu peut-il affamer depuis des mois près des jeunes camerounais et les autorités ne lèvent pas le petit doigt ?», s’interroge Felix Etoa. Il est 6 heures du matin ce mardi 12 mars et le jeune homme et ses camarades se réveillent d’une longue nuit agitée et passée à la belle étoile, sur des nattes, devant les services du gouverneur de la région du Nord. «Nous n’avons plus de maison, car nos bailleurs nous ont tous mis dehors faute de pouvoir régler le loyer», explique-t-il. Hébergés par des amis au départ, la plupart d’entre eux ont ensuite trouvé refuge dans les lieux de cultes avant d’atterrir devant les services du gouverneur de la région du Nord depuis lundi dernier. «Nous sommes fatigués, nous sommes sans ressource et nous ne savons plus à quel saint se vouer. Prime Potomac nous a tout pris et nous laisse dans la misère aujourd’hui. Nous réclamons juste notre argent pour pouvoir payer nos dettes et rentrer chez nous».

Comme Felix Etoa, ils sont nombreux, les jeunes venus des quatre coins du Cameroun pour chercher fortune sur les chantiers de la CAN à Garoua. L’entreprise Prime Potomac qui employait certains de ses jeunes, est officiellement en cessation d’activité sur ses chantiers depuis le 6 décembre 2018. Et dans une interview accordée à votre journal, Ben Modo avait justifié cette interruption des travaux «pour des raisons économiques». Le 20 février dernier, ils avaient été reçus par le gouverneur de la région du Nord. Jean Abaté Edi’i leur avait fait part de la volonté des autorités de voir ce triste chapitre définitivement clos et leur avait promis une régularisation imminente de leur situation.

Mais plus de deux semaines après, toujours pas de fumée blanche. Pourtant, la semaine dernière, une rumeur Pour se faire entendre ces employés de Prime Potomac ont donc décidé de faire un sit-in devant les services du gouverneur. En l’absence de ce dernier, ils ont été reçus lundi par son secrétaire général des services qui a tenté de les dissuader. Mais face à la détermination des grévistes, Julien Doumba a dû plier l’échine. Ils ont passé leur première nuit à la belle étoile, sans eau et sans nourriture. Dans la journée du mardi alors qu’ils espéraient une rencontre avec le gouverneur de la région du Nord Jean Abaté Edi’i, ce dernier a plutôt privilégié la cérémonie d’inauguration de l’immeuble siège de la CCA. Et au moment où nous quittions les services du gouverneur à 12 heures, les manifestants maintenaient leur sit-in tout en promettant de passer à la vitesse supérieure. De son côté, l’entreprise Prime Potomac a réagi à travers un communiqué dans lequel elle dément l’information selon laquelle les entreprises adjudicataires des marchés de la CAN auraient été payées et précise que «Prime Potomac attend toujours le paiement qui [lui] permettrait de débloquer cette situation malheureuse». Pour Ben Modo, il s’agit d’une «information erronée» qui n’aurait pour but que de mettre en difficulté Prime Potomac et par conséquent l’empêcher de livrer ses chantiers.

Bout du tunnel

Depuis le 6 décembre dernier, les chantiers de Prime Potomac à Garoua sont en arrêt pour des raisons économiques, car Prime Potomac réclame à l’État du Cameroun, notamment au ministère du Tourisme et des Loisirs et au ministère des Sports et de l’Éducation physique, un peu plus de 4 milliards pour ses 06 projets. En effet, pour accélérer les travaux pour une livraison en décembre 2018, Prime Potomac affirme avoir pourtant saisi ses maitres d’ouvrages, le Minsep et le Mintourl, en septembre 2018, «pour les prier de nous aider à résoudre deux problèmes fondamentaux que nous avions alors; surtout que ces problèmes empêchaient désormais la bonne exécution des travaux», déclare Ben Modo. Le premier problème était la question de l’avenant, lequel, à l’époque, n’avait toujours pas été signé depuis sa soumission initiale en octobre 2017. La non-signature de cet avenant d’après Ben Modo causait un gros handicap financier à Prime Potomac qui travaillait sur la base de l’Avenant, alors que les décomptes, eux, se faisaient sur la base du Contrat initial. «Nous nous sommes retrouvés dans une situation difficile où, au niveau des stades par exemple, nous avions un taux d’avancement de plus de 80 %, alors que les décomptes, eux, parlent de 64 % puisque ces décomptes sont établis sur la base du contrat initial. Cela veut dire que nous nous sommes endettés auprès de nos fournisseurs, pour financer les travaux. Et comme nous ne sommes toujours pas payés à hauteur des travaux réalisés, cela a créé et continue de créer, un déséquilibre qui rend tout le monde nerveux. En septembre dernier donc, nous avons saisi nos deux maitres d’ouvrages, pour les prier de nous aider, en accélérant la signature de l’Avenant qui restait sans suite depuis octobre 2017, ceci malgré de très nombreuses relances», explique-t-il.

Le second problème selon Ben Modo, concernait le paiement des avances sur approvisionnements, qui auraient permis selon lui à Prime Potomac de boucler ses commandes à l’étranger afin d’assurer une livraison rapide des chantiers. Ses deux doléances n’ayant pas été traitées favorablement, à partir de ce moment, Prime Potomac n’avait pas d’autre choix était de mettre ses équipes en chômage technique, en attendant que ces problèmes soient résolus. Mais selon nos sources, l’avenant a finalement été signé le 19 décembre 2018. Cependant, il fallait que les maitres d’ouvrages convoquent les commissions de recette technique qui doivent valider les documents permettant le paiement. Au niveau du Mintoul, la commission n’a jamais siégé et semble ne pas vouloir aller dans ce sens d’après les responsables de Prime Potomac qui affirment que cette situation est savamment entretenue par ceux qui veulent leur nuire. La commission n’ayant pas siégé, aucun paiement n’est possible sur la base des travaux effectués.

Le Mintoul s’oppose par ailleurs depuis septembre 2018 à toute avance sur approvisionnement en faveur de Prime Potomac. Au niveau du Minsep, Prime Potomac a initié une demande d’avance sur approvisionnement qui a été approuvé et le paiement de la facture de l’entreprise a été ordonné par le Minsep. C’est un peu plus d’un milliard en espèces sonnantes et trébuchantes qui approvisionneront dans les prochains jours les comptes de Prime Potomac. «Une fois que cet argent sera en notre possession, on va payer les employés puis reprendre les travaux et terminer les stades», rassure Ben Modo.