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Sports News of Thursday, 14 March 2019

Source: Sahel N°1191

CAN 2021: Prime Potomac perd le marché sur les hôtels de Garoua

L’information n’a pas encore officiellement été rendue publique, mais elle tombe d’ores et déjà comme un couperet pour Prime Potomac, adjudicataire des marchés de construction et de réhabilitation de deux hôtels à Garoua dans le cadre de la CAN que le Cameroun après un «glissement» de date, abritera finalement en 2021. Selon une source proche du dossier, le 04 mars 2019, le ministère du Tourisme et des Loisirs (Mintourl), maitre d’ouvrage des chantiers hôteliers de Garoua, a notifié par voie d’huissier à l’entreprise de Ben Modo, sa «carence». Dans le jargon technique des marchés publics, explique un expert au ministère des marchés publics (Minmap), cela signifie que le maitre d’ouvrage a constaté «la défaillance ou l’incapacité» de Prime Potomac à exécuter ledit marché.

En conséquence, le maitre d’ouvrage a deux solutions : soit il résilie simplement le contrat et dans ce cas, une nouvelle attribution par voie de gré à gré concurrentiel est faite sur le reste du marché à exécuter, soit le marché est exécuté en régie ; c’est-à-dire que l’État se substitue à Prime Potomac et un procès-verbal est alors dressé pour constater le niveau d’exécution des travaux. C’est cette deuxième option — exceptionnelle — qui est retenue. Selon notre source, cette décision du maitre d’ouvrage est justifiée par le fait que les délais contractuels de livraison des infrastructures hôtelières en question sont échus depuis octobre 2018. Sur le terrain, précise notre source, le taux de réalisation des travaux de rénovation de l’hôtel Bénoué est de 42 %, alors que celui de la construction de l’hôtel de 100 chambres est de 32 %. «Il n’y a donc pas de décomptes impayés à Prime Potomac puisque la consommation financière est supérieure aux travaux exécutés», conclut-elle. Une position qui se situe aux antipodes de celle de Prime Potomac.

L’entreprise de Ben Modo qui est également adjudicataire des marchés de construction des stades d’entraînement de Poumpoumré, de Rey-re, du Cenajes, et du complexe Sodecoton impute l’arrêt des travaux au non-paiement des avances de trésorerie et du différentiel entre le taux d’exécution des travaux et les décomptes pour ce qui est précisément des stades. À combien d’argent tout cela correspond-il ? À Prime Potomac, une source affirme que pour les hôtels cela est de l’ordre de 2,5 milliards de FCfa alors que pour les stades il s’agitde 1,2 milliard de FCfa. Au ministère des Finances, une source bien introduite dans la chaine de la dépense publique (qui va de l’ordonnateur, au comptable en passant par les contrôles techniques et financiers), renseigne que «globalement, il y’a un problème de paiement, mais qui n’est pas du ressort du Minfi». La même source ajoute : «en tout état de cause, une entreprise peut donc bien être impayée sans que le Minfi n’en soit responsable.

En l’espèce, l’entreprise n’aurait effectivement pas été payée depuis le mois d’octobre 2018, c’est donc évident qu’elle soit aux abois. Mais la question est celle de savoir dans la chaine de dépense, qui en serait la cause ?». L’argent réclamé par Prime Potomac, rétorque notre source au Mintourl, n’est en réalité «qu’une faveur que l’État n’est pas tenu d’accorder. Car Prime Potomac a déjà perçu son avance de démarrage et n’a pas de décomptes impayés. Il faut d’ailleurs savoir que les salaires réclamés par les ouvriers en grève à Garoua sont compris dans les décomptes déjà payés à cette entreprise», réitère notre interlocuteur au Mintourl.