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General News of Thursday, 14 March 2019

Source: cameroon-info.net

Climat Social: pourquoi le Cameroun doit adopter une loi contre le tribalisme?

Face aux dérives observées depuis l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, des voix s’élèvent pour réclamer des mesures efficaces pour lutter contre le fléau.

Selon le quotidien le jour édition du jeudi 14 mars 2019, «un lourd climat de propagation des discours de haine tribale et de tentative d’instrumentalisation du fait ethnique bat son plein au Cameroun».

Face à cette atmosphère pesante, Jean Simon Ongola, député à l'Assemblée nationale appelle à l'action: «le parlement doit mener une réflexion afin de légiférer et pénaliser les actes et délits à caractère tribal, si nous voulons consolider voire dans bien des cas recréer un imaginaire collectif, un désir d’avenir et de vivre ensemble», relève-t-il dans une tribune intitulée Résistance aux talibans de la pensée tribale, publiée fin février dans les colonnes du jour.

Le député n’est pas le seul à être préoccupé par la question. «Génération 90, Think Tank de réflexion et d'action regroupant d'anciens dirigeants de la contestation estudiantine des années 90 au Cameroun va plus loin pointant la responsabilité du pouvoir dans la propagation du tribalisme. Le Think Tank des anciens leaders estudiantins interpelle les faiseurs de loi et demande à l'Assemblée nationale de légiférer sur la propagation de la haine ethnique au Cameroun en adoptant une loi sanctionnant les personnes reconnues coupables d'action ou d'incitation à la haine tribale», rapporte le jour.

«Une telle loi permettrait de poursuivre des personnes tenant un discours public (Presse écrite, TV, Web, etc.) ayant pour objectif de stigmatiser des concitoyens sur la base de leurs origines. Cette législation pourrait s’inspirer des lois contre le racisme et la discrimination d’une manière plus générale et conférerait le pouvoir de saisine/droit d’ester en justice à des particuliers se sentant visés, ainsi qu’à des organisations de protection des droits humains et de luttes contre les discriminations», insiste Génération 90.

Autre voix, c’est celle du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM). «Le parti s’est engagé en novembre dernier à l’élaboration d’une proposition de loi sur le tribalisme destinée à réprimer ce fléau. Ce texte sera soumis à la communauté nationale, au gouvernement et aux parlementaires».

Qu’en est-il de la responsabilité du gouvernement? Le jour pense que s’il «en a convenance, il a aisément la possibilité, quand il le souhaite, de préparer un projet de loi contre le tribalisme et le déposer au parlement, où il a une majorité confortable, pour adoption».