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General News of Monday, 15 April 2019

Source: alwihdainfo.com

Affaire Mgr Bala: nouvelles révélations sur l'assassinat de l'évêque de Bafia

Dans quelques semaines, les dignitaires de l’Eglise catholique qui est au Cameroun, vont commémorer le deuxième anniversaire de la soudaine et brutale de Mgr Jean-Marie Benôit Bala, ancien évêque de Bafia. Les célébrations se feront avec dans les mains, l’ouvrage du spécialiste des questions de l’Eglise catholique, Léger Ntiga, auteur de «Mgr Bala, un crime trop parfait». Avec pour sous-titre, «enquête sur la disparition de l’évêque de Bafia», ce livre fait déjà parler de lui. Pour les premiers lecteurs, c’est un véritable régal. A en juger par les réactions sur les réseaux sociaux, il y aura bousculade au portillon. Déjà la parution, l’on signalait déjà les premières ventes dans certains points comme la Librairie des Peuples noirs à Yaoundé.

Sur les plateformes électroniques, l’ouvrage est déjà demandé par les Camerounais de l’étranger qui ont par ailleurs abondamment partagé la mention «vient de paraitre». En attendant de produire une note de lecture, l’ouvrage est pour le moment disponible à Yaoundé. Il le sera très rapidement dans le reste du pays et à l’étranger. Probablement dès demain lundi. Mais déjà, en plus de saluer la publication sur un thème que certains estiment très sensible, les internautes félicitent l’initiative «dans un pays où l’on ne consigne pas si souvent, sur notre histoire récente». Pour certains c’est un «livre événement». Pour d’autres, «le livre qu’on attendait». Toujours est-il que depuis son entrée dans les circuits de distribution le 13 avril dernier, «Mgr Bala, un crime trop parfait», ne laisse pas indifférent. Tous ceux qui sont intervenus sur les réseaux sociaux semblent saliver de le lire pour découvrir ce que révèle ce texte d’une grande densité et réellement riche.

Je suis dans l’eau

Livre d’une actualité brulante, «Mgr Bala, un crime trop parfait» retrace les événements qui ont rendu peu ordinaire, le mardi 31 mai 2017 au Cameroun. Une journée qui avait commencé comme toutes les autres au cours en 2017 là. A Ebebda, village du département de la Lékié, devenu arrondissement il y a quelques années, fera l’objet d’une attention particulière. Cette frontière naturelle entre le Mbam et la Lékié, traversée par la Sanaga, le plus long fleuve du Cameroun, sera le lieu d’une curieuse trouvaille: le véhicule sans lui, de l’évêque de Bafia disparu à 58 ans. Sur le siège arrière, une image traumatisante pour ceux qui feront l’abominable trouvaille. Un mot écrit dit-on, de la main de l’évêque alors porté disparu. On peut y lire: «Je suis dans l’eau». Sur le papier, sont posés, la carte nationale d’identité du prélat, le dossier du véhicule et une petite serviette blanche ayant certainement servi à éponger le visage du propriétaire de cette voiture de marque Toyota Land Cruiser Prado de couleur blanche. Dès l’annonce de la nouvelle en cette mi-journée du 31 mai 2017, le Cameroun tout entier est en émoi.

L’onde de choc partie de Bafia en passant par Monatélé dans la Lékié s’en ira retentir avec force à Oveng son village natal dans la Mefou et Akono. Entre pleurs, interrogations et étonnements, les populations abasourdies vivent ce qui n’est encore alors que la disparition de Mgr Jean-Marie Benoît Bala. C’est l’abbé François-Xavier Ayissi de la paroisse de Balamba dans le diocèse de Bafia, qui fait la terrible découverte. En direction de Yaoundé, il traverse le pont sur le fleuve Sanaga à Ebebda. Au beau milieu de cet ouvrage, il reconnaît le véhicule de l’évêque de son diocèse, une Land cruiser de couleur blanche, de la marque Toyota immatriculée CE 9503 V. La voiture est stationnée sur le pont, en direction de Bafia. Le prélat s’arrête, se rapproche du véhicule et constate que l’évêque ne s’y trouve pas. Aucune âme qui vive dans l’habitacle automobile.

Le 02 juin 2017, le corps de l’évêque est retrouvé par un pêcheur malien: Ali Dienta. Recueilli par les autorités, une enquête judiciaire est ouverte. Les jours suivants, les pouvoirs publics entretiennent la thèse du suicide par noyade. Une position que ne partage pas le clergé catholique par le biais des évêques réunis à Yaoundé le 13 juin 2017. Dans le communiqué qu’ils rendent public, ils accusent et qualifient d’assassinat brutal cette autre mort d’un ouvrier apostolique au Cameroun.

Pendant deux mois jusqu’aux obsèques le 03 août, l’Eglise catholique qui est au Cameroun et les autorités publiques vont s’affronter par communiqués interposés. La Conférence épiscopale nationale a porté plainte contre inconnu, aujourd'hui restée sans suite. Dans cet ouvrage, Léger Ntiga revient donc sur ces faits, histoire d'interroger les silences, les contradictions et faire des révélations.